Pas sans nous ! Épisode #5 : Les finances publiques au regard de la participation citoyenne
Les finances publiques : un frein à la participation citoyenne ?
Le cinquième épisode de notre série de podcast « Pas sans nous » concerne la question des finances publiques et la difficulté qu'elle peut apporter à l’intégration des collectif citoyens qui s’intéressent à l’exercice du pouvoir. Avec la participation et l'expérience de la liste citoyenne Kayoux, représentée par Valérie Depauw et Géraldine Pignon, ainsi que de Fanny Thirifays, de notre équipe.
Retrouvez la transcription ci-dessous.
Fanny
Partout où il y a de l'argent, il y a du pouvoir. Et ça, rien que ça, ça justifie qu'on n'accepte pas d'être mis de côté ou d'être mis à l'écart de ces champs-là, de ces décisions-là, de ces discussions-là.
Géraldine
Il y a urgence à reconnaître tout ce travail de la part d'habitants, d'habitants, de citoyens, de citoyennes, de personnes qui donnent de leur temps, de leur énergie, en plus du boulot, en plus de la famille, en plus du reste.
Bonsoir l’Info
Et puis, on parle économie maintenant, et notamment de la Banque nationale qui alerte sur les dérapages des finances publiques belges. Le déficit est en hausse, et on va voir ça avec vous, Marie-Jean Riez, bonsoir.
Bonsoir, Jodie. Vous allez voir, les dépenses publiques totales avoisinent désormais 55% du PIB. Elles dépassent de 28 milliards d'euros, les recettes.
Et ça ne va pas dans le bon sens, puisque les dépenses des administrations publiques, elles se sont accélérées plus vite que les recettes en 2024. Selon la Banque nationale, la principale raison de ce déficit, ce sont, vous le voyez, les dépenses sociales et notamment le coût des pensions et des soins de santé qui augmentent en même temps que la population vieillit. Or, le risque, c'est que la Belgique ne devienne la cible des marchés financiers.
En fait, pour être clair, il existe plusieurs agences de notation comme Fitch et Moody's qui attribuent des notes de crédit. Ces notes permettent d'évaluer la capacité de l'État à rembourser sa dette. Et le problème, c'est que si la Belgique est mal notée, les taux d'intérêt sur les obligations d'État belge vont augmenter. Ce sera plus cher pour la Belgique de financer sa dette, ça creusera donc. (...) (accélération)
Léo
Vous aussi, vous avez décroché de cette émission sur les dérapages de la dépense publique belge de Bonsoir Info après seulement 10 secondes en vous disant que c’était pas à votre portée ? Eh ben, on va en parler. Salut, moi c’est Léo.
Leticia
Salut, moi c’est Leticia, et vous écoutez le cinquième épisode de Pas Sans nous, un podcast de Periferia.
Léo
Chez Periferia, on accompagne des collectifs d’habitant.e.s et de citoyen.ne.s dans des processus de transformation sociale. On est une association d’éducation populaire centrée sur les questions de démocratie participative mais à partir des personnes les plus exclues des espaces de décision.
Leticia
Dans cet épisode, nous avons envie d’aborder un nouvel enjeu qui préoccupe Periferia depuis de nombreuses années : l'intérêt en tant que citoyen·nes, dans une démocratie active, de s'approprier les finances publique
Léo
Et Fanny, une membre de notre équipe, va nous en toucher deux mots.
Fanny
À chaque fois qu'on était dans des dynamiques de participation citoyenne, surtout dans des cadres de participation citoyenne institutionnalisés, donc quand on était en lien avec des commandes du politique directement, c'est la question de l'argent qui venait toujours en réponse aux demandes citoyennes. Un peu la réponse automatique de « oui, c'est une bonne idée, mais ce n'est pas possible, il n'y a pas l'argent, il faut des finances pour ça ». Et donc, ça venait toujours un peu en contre aussi. Et en même temps, on voyait bien que même dans les dynamiques où il y avait de l'argent, comme les contrats de quartier, où il y a quand même des manies financières qui peuvent aller de 10 à 20 millions fournies par la région, en plus de ce que la commune est capable de mettre. Donc, on a quand même plusieurs dizaines de millions d'euros qui sont mis sur la table. Et bien, malgré ça, on n'arrivait pas toujours à avoir une réelle implication des citoyens et des citoyennes dans ces questions et ces décisions qui concernent les finances.
Léo
« Sujet trop technique », « quand je vois leurs documents, je n’y comprends rien », « ça serait bien mais il n’y a pas d’argent pour le faire ». Combien de fois n’a-t-on pas entendu ces phrases ? Pourtant, sans les citoyen·ne·s, ces finances n’existeraient pas. Alors comment ça se fait que ce sujet reste dans les mains de quelques personnes ?
Leticia
On va donc procéder par étapes afin de vous relayer le plus clairement possible tout ce qu’on a appris à ce sujet. Premièrement, nous allons voir si et pourquoi on s’intéresse si peu à ces questions. Ensuite, nous allons justement vous présenter la liste citoyenne Kayoux, à Ottignies-Louvain-La-Neuve, qui s’est directement penchée sur le sujet des finances publiques et les difficultés rencontrées. Par après, nous allons tâcher de mettre en lumière l’importance de ne pas perdre de vue la question de l’argent publique, particulièrement au regard de l’austérité qui vient. Dans une deuxième partie, nous expliquerons plus en détail le fonctionnement des finances locales, en prenant l’exemple d’une commune, afin d’en dévoiler les rouages. Et pour terminer, nous verrons comment faire pour se réapproprier les finances publiques en vous donnant des pistes d’action et de réflexion.
Léo
« Les citoyen·nes ne s’y intéressent pas »
C’est la réponse que l’on reçoit le plus souvent lorsqu’on évoque l’idée de proposer des espaces où s’approprier les finances publiques. On nous dit que les gens ne se sentiront pas concernés parce que c’est trop rébarbatif, trop technique ou à la portée des seul·es expert·es. Dans les faits, il y a une part de vrai car il est difficile de motiver les gens à s’y intéresser. On est tellement habitué à entendre parler de finances publiques en termes négatifs ou obscurs que naturellement, on a l’impression qu’on n’y comprendra jamais rien. Les finances publiques font partie de ces sujets que l’on a choisi de déléguer à d’autres.
Mais si la plupart des gens n’ont pas un élan spontané pour s’approprier ce sujet, dire qu’ils ne s’y intéressent pas n’est pas juste non plus. On le voit bien dans la presse ou sur les réseaux sociaux : si on interroge des citoyen·ne·s sur le financement d’une politique publique, comme l’éducation ou la santé par exemple, la plupart en livrent une analyse. Peu répondent qu’iels s’en foutent. En réalité, à chaque fois que nous avons eu l’occasion d’animer un atelier – qu’on appelle alphabétisation budgétaire car on reprend les explications depuis les bases - où l’on confrontait des gens au budget de leur commune, c’est très vite devenu un exercice ludique. On a senti un intérêt réel et une envie d’aller plus loin. C’est comme un jeu dont on découvre enfin les règles : l’obligation d’avoir autant de rentrées que de sorties d’argent, la différence entre comptes et budgets, ce qu’une commune prélève auprès de ses habitant·e·s… et ainsi de suite. Et donc, même si ces ateliers peinent souvent à rassembler beaucoup de monde, ils ont tendance à fidéliser leurs participant.e.s, qui, emballés par ces nouvelles connaissances, restent jusqu’à la fin.
Ce qui manque, ce n’est donc pas l’intérêt, mais ce sont les clés pour décoder ce qui se joue derrière ces chiffres qu’on nous présente comme des fatalités.
Leticia
Pour vous parler de comment s’attaquer aux finances publiques, nous avons recontacté Valérie Depauw et Géraldine Pignon, toutes deux membres de la liste citoyenne Kayoux, à Ottignies-Louvain-La-Neuve.
Vidéo Youtube
Vos élus se sédimentent. Vous en marre des vieux fossiles. La politique vous laisse de marbre. Alors, cette année, vote Caillou. Caillou, une liste citoyenne qui grandit la démocratie.
Periferia connait bien Kayoux car nous nous étions déjà rencontrés à travers des formations d’alphabétisation budgétaire.
On reviendra sur ce que nous avons échangé avec elles. Mais d’abord, laissons-les se présenter.
Valérie
Donc, moi, Valérie, je suis dans Kayoux depuis les débuts. Donc, ça a été lancé il y a sept ans. Donc, une liste citoyenne dont le but était vraiment de donner la parole aux habitants dans la commune d'Otini-Louvain-la-Neuve, donc d'organiser des assemblées citoyennes et de faire porter la voix de ces assemblées au conseil communal. Et on a fait des assemblées sur le budget. On a essayé de nous-mêmes comprendre comment fonctionnait un budget communal et de l'expliquer. Et on a pu faire ça grâce à Periferia. Et donc, voilà, moi, je suis là depuis les débuts dans Kayoux.
Et on a décidé que les deux élus allaient changer tous les deux ans. Une législature communale, c'est six ans, mais on voulait absolument faire une rotation pour changer les personnes qui allaient être au pouvoir, entre guillemets. Et donc, je suis dans la dernière fournée des portes-paroles Kayoux. Donc, je suis au conseil communal jusqu'en octobre, jusqu'à la fin de la mandature.
Géraldine
Moi, c'est Géraldine. Et j'ai donc fait partie du duo de premières élues, donc de 2018 à fin 2020. Je crois que c'est au premier conseil de 2021 qu'on a démissionné. Et moi, je suis rentrée dans l'aventure de Kayoux vraiment un peu par hasard. C'est une autre membre du collectif, Raphaël, qui m'avait contactée parce qu'on faisait partie du groupe ensemble de Plateforme citoyenne pour organiser des élections par rapport à la problématique de l'extension de l'esplanade à Louvain-la-Neuve.
Et donc, Raphaëlle me connaissait. Et un jour, elle m'appelle, elle m'a dit, « Tiens, ça ne te dirait pas de venir sur la liste Kayoux avec nous ? On a besoin de monde sur la liste. Et puis, viens, ne t'inquiète pas, tu ne seras pas élue. Et puis, on a fait le tirage au sort pour déterminer l'ordre sur la liste. Et il se trouve que pendant ce tirage au sort, j'ai été tirée numéro un, tête de liste. Donc, on voit bien qu'avec l'effet tête de liste, tout à coup, voilà, bardame, je me retrouvais élue. Et là, c'était vraiment la grosse surprise parce qu'on n'imaginait même pas avoir une personne élue. Mais là, on se retrouvait avec deux sièges au conseil communal. Donc, c'était vraiment une grande joie.
Leticia
Les connaissances de Kayoux, à travers leurs expériences politiques, vont nous être précieuses, d’autant que cette liste citoyenne a décidé de privilégier l’échelle locale.
Léo
Le principe d’un parti comme Kayoux, en tant que liste citoyenne, était que ses élus n’étaient pas des représentants, comme dans les partis traditionnels, mais des porte-paroles des décisions prises collectivement lors d’Assemblées qui se tenaient avant chaque réunion du conseil communal. Ces assemblées étaient ouvertes à toutes les personnes qui peuplent Ottignies-Louvain-La-Neuve (et donc pas seulement celles qui y votent, mais aussi qui s’y déplacent, y étudient, y vivent sans y être domiciliées, y travaillent, etc).
Et les décisions concernant les budgets ne dérogeaient pas à cette règle, demandaient des décisions collectives concernant ce sujet, pour ensuite être relayées aux élu.e.s de Kayoux qui en parlaient au Conseil Communal. Valérie et Géraldine se sont donc retrouvées directement confrontées à cette question épineuse. Comme le dit Géraldine :
Géraldine
Moi, j'avais été en fait aide-comptable, avant, dans mes nombreux métiers. Et tout à coup, je me suis dit aussi que la question des finances, elle était tellement énorme que j'avais l'impression que souvent, on passait à côté. Et je me dis, finalement, l'argent, c'est le nerf de la guerre, c'est ce qui sert pour tout, ce serait bien d'aller un peu décortiquer tout ça. Donc, voilà, c'était quand même une tâche assez immense que je me mettais sur le dos, mais c'était intéressant.
On a fait alors une assemblée qui était sur la thématique du budget communal. Donc, on fonctionnait dans Kayoux en organisant des assemblées citoyennes avant chaque conseil communal où on essayait alors de débattre et de prendre des décisions par rapport aux différents votes qui allaient avoir lieu. Et comme chaque année, la commune présente son budget, on s'était dit qu'on allait essayer d'avoir un avis sur la question. Voilà, vaste objectif. Ça recoupe mes souvenirs aussi du premier vote de budget où, comme on était les deux premières porte-parole, avec Raphaëlle qui était assise à côté de moi au conseil communal, on s'est regardé dans le blanc des yeux et on s'est dit, bon, comment est-ce qu'un gros morceau comme ça, c'est vrai qu'on ne sait pas quoi dire, on ne sait pas comment se positionner, on ne sait même pas par quel bout commencer à comprendre quelque chose. Et donc, il y avait cette volonté-là de reprendre un peu le budget en main.
Leticia
Concrètement, Kayoux a procédé à plusieurs méthodes afin de s’attaquer correctement aux questions de finances locales. Premièrement, ses membres ont suivi des ateliers d’alphabétisation budgétaires donnés par Periferia afin de se familiariser avec des concepts spécifiques, tels que la subdivision du budget d’une commune, ou encore la différence entre dépenses ordinaires et extraordinaires, etc.
Iels ont de plus demandé de l’aide (et l’ont reçue) de la part du directeur financier de la commune et de l’échevin des finances, qui étaient eux-mêmes surpris de rencontrer des gens intéressés par cette matière aride. Enfin, lors de chaque assemblée, des personnes étaient chargées de clarifier les sujets abordés afin que tout le monde soit le plus à même de comprendre ce qui allait être discuté.
Léo
De notre côté, afin de comprendre le fonctionnement d’un budget communal, nous nous sommes basés sur le livret de Periferia « Comprendre les finances locales », qui avait été écrit en 2014 par notre équipe, autour du budget d’Anderlecht. On vous partage ici les infos pertinentes pour que vous puissiez saisir de quoi on parle.
Le budget communal est une estimation précise des recettes -ce qui entre- et des dépenses -ce qui sort- pour une durée d’un an. C’est donc une prédiction. Le budget définit ses priorités en fonction de ses moyens financiers, et sa conception s’étale de mai/juin jusque mi-octobre, à coup de vérifications et de votes des diverses instances de la commune.
Leticia
Mais donc, concrètement, d’où vient l’argent de la commune, quelles sont ses recettes ? Eh bien, il existe deux catégories : l’ordinaire et l’extraordinaire. Pour résumer, les dépenses et recette ordinaires concernent le fonctionnement courant d’une commune, comme le paiement du salaire de ses fonctionnaires par exemple.
La deuxième catégorie, à savoir les dépenses et recettes extraordinaires, est lié à des investissements, à savoir toutes les opérations qui modifient le patrimoine communal, comme la vente d’un bâtiment appartenant à la commune, ou les travaux faits sur la voirie. De manière générale, les recettes et dépenses ordinaires pèsent bien plus lourd dans la balance budgétaires de la commune que leurs consœurs extraordinaires.
Et dans les recettes ordinaires, la plus grande source d’argent, et de loin, constitue ce qui est appelé « recettes de transfert », et qui regroupe nos impôts, les taxes, et une dotation de la région. La taille de cette dotation dépend de la superficie de la commune, de son nombre d’habitants, mais aussi du nombre de place dans les écoles, des subsides pour les enseignants, du nombre de personnes au CPAS, au chômage et enfin, des recettes fiscales de la commune – donc plus une commune est riche, moins elle aura une dotation importante-.
Léo
Pour résumer, une commune avec beaucoup d’habitants, dont une bonne partie est en recherche d’emploi ou en incapacité de travail, où il y a beaucoup d’écoles, etc, reçoit une somme plus importante. Sans compter les impôts, qui sont directement prélevés de nos salaires. Autrement dit, cet argent, il découle directement de nous. En comparaison, le reste des recettes contribue de manière bien moindre au budget communal.
Leticia
Une autre manière de se réapproprier notre légitimité est le concept de poids budgétaire moyen par habitant.
Géraldine
Il y avait cette idée de poids budgétaire moyen par citoyen. Je l'avais trouvée chouette. Et c'était simplement de faire la division entre le budget total de la commune, le diviser par le nombre de citoyens, citoyennes, et ça donne le poids budgétaire moyen d'une personne dans sa ville.
Et donc, à Ottignies-la-Neuve, on était à 2 000 euros par personne. Et donc, juste, je lisais ce chiffre et je me disais, ben voilà, on est cinq dans ma famille et en fait, on a déjà un poids de 10 000 euros par an dans notre commune. Et je me dis, ben tiens, ça, c'est peut-être des notions qui peuvent permettre de prendre en main cette question.
Leticia
Ce qu’il faut retenir de tout ça, c’est que l’argent public, ce n’est pas une sorte de cadeau qui nous est fait du ciel. Cet argent, il vient de nous, il nous concerne et on a un droit de regard dessus.
Léo
Revenons à kayoux. Comme on l’a vu, malgré la motivation du collectif, l’exercice d’appropriation des finances publiques reste un peu compliqué. Malheureusement, Kayoux n’a pas pu aller aussi loin qu’il l’aurait voulu dans le domaine. En effet, suite aux difficultés énoncées plus tôt, ils ont finalement opté pour une posture d’approbation systématique des comptes, ce qui leur a permis de mettre d’autres thématiques sur la table sans devoir dépenser toute leur énergie sur ce sujet.
Géraldine
En fait les décisions politiques sont déjà prises quand elles arrivent dans le budget. Donc je trouve que quand on analyse le budget, on a l’impression d’avoir déjà un cran de retard parce que finalement tout ce qui est budgétisé pour l’année à venir a déjà été décidé, c’est déjà scellé.
Léo
Évidemment, c’est dommage, mais les questions abordées demandaient beaucoup de temps pour être décortiquées, et étaient communiquées assez tardivement, et à flux tendu. Les finances publiques restent un sujet technique, il y a beaucoup de termes, beaucoup de concepts inconnus, ce qui le rend très peu accessible, et chronophage si on veut le comprendre dans son ensemble. Comme le dit Valérie :
Valérie
On passe toujours par ces outils de finance. Donc, par exemple, au lieu de nous montrer des jolis graphiques qui nous montrent que les apports principaux, c'est les taxes et les impôts, qu'est-ce qui coûte le plus cher, on fait des choses graphiques, ça reste toujours des tableaux.
Et très vite, on nous parle des emprunts, de comment on fait de la ventilation, les termes techniques sont tout de suite là. Et c'est comme si même ces personnes-là n'arrivaient pas à parler à monsieur Tout le Monde sans passer par les termes techniques.
Léo
Et Géraldine :
Géraldine
Oui, par rapport à la technicité du sujet, moi, je regardais la présentation que j'avais faite ici avant et puis je vois que toute calme et toute tranquille, à un moment donné, j'utilise le mot péréquation fiscale et je suis là, ok, super, tout va bien, Géraldine. Mais donc, la péréquation fiscale, je ne sais plus du tout ce que c'est. Ça avait l'air d'être assez évident pour moi à l'époque, mais on se dit qu'il y a quand même une somme de concepts qui rendent la chose assez fermée et assez difficile.
Leticia
De manière plus générale, un autre obstacle que nous avons identifié est que pour aborder le thème des finances publiques, il faut que les citoyens se sentent légitimes à s’y intéresser, dans un contexte où tout est délégué à des professionnels. Enfin, force est de constater un sentiment d’impuissance, une impression que ça ne sert à rien.
Léo
Chez Periferia, on constate aussi tout ça car, même si nos ateliers d’alphabétisation budgétaires fonctionnent bien et parviennent à garder un public fidèle, il est difficile d’intéresser les personnes qui ne sont pas des professionnels et des passionnés du sujet en premier lieu. Et ces difficultés, combinées à d’autres, font que nous observons malheureusement, et malgré une motivation énorme, un essoufflement chez les collectifs citoyens qui s’intéressent aux questions publiques. Sans compter que, entre la difficulté technique, l’accès difficile aux informations et la vitesse de décision qui est demandée, tout semble fait pour les décourager.
Léo
Donc, comme on l’a vu, les citoyen·nes perdent pied sur la question de l’argent public mais ne sont pas les seuls, c’est aussi le cas des acteurs politiques locaux. On va d’abord écouter Géraldine, qui a quelque chose à nous dire à ce sujet.
Géraldine
Moi, quelque chose que j'ai appris aussi pendant l'expérience de Kayouxx et avec la question des budgets, c'est que parfois, c'est le budget qui fait la politique. Vous savez, quand une commune reçoit tout à coup un subside de la région, par exemple. Moi, je m'en souviens pour la navette autonome. C'était un projet qu'on avait pas mal critiqué, qui était passé à toute vitesse, comme ça, au conseil communal, qui n'avait pas vraiment pu être présenté, puis la date était dépassée. Et puis, en fait, si l'échevin voulait le budget, il avait dû rendre le dossier de subside avant l'approbation au conseil communal. Et donc, je me dis, il y a aussi ça qui est intéressant dans cette question, c'est que parfois, c'est le budget qui fait la politique. C'est parce que nos villes reçoivent tout à coup un budget pour des smart cities, qu'on va mettre du numérique partout dans la ville. Et donc, je me dis, c'est d'autant plus important d'aller regarder par cette lorgnette-là.
Léo
Fanny, de notre équipe, n'en pense pas moins.
Fanny
Je crois que ce point des villes qui fonctionnent de plus en plus sur base d'appels à projets, pour faire fonctionner et développer leur territoire, est une clé très importante aussi, qui nous montre qu'en fait, la désappropriation des finances publiques, elle n'est pas que citoyenne. Elle est aussi du côté des élus de plus en plus qui sont soumis à ces espèces de logiques de perfusion d'argent public qui arrivent au compte-gouttes petit à petit, avec des thèmes prédéfinis, des orientations prédéfinies. Et donc, eux-mêmes se retrouvent dans une logique où ils doivent réfléchir de manière rapide, ponctuelle, sur un sujet, sur un enjeu, sans pouvoir développer une vision complète du territoire.
Et pour moi, ça, ça procède à leur désappropriation des finances publiques, mais aussi au fait qu'ils n'ont plus la culture de délibérer ensemble de la même manière et donc de créer ce projet aussi. Et donc, en fait, ce n'est pas uniquement une question citoyenne, c'est aussi une question politique.
Léo
Valérie également.
Valérie
Il y a plein de décisions politiques derrière. En fait, c'est tout le nœud. On sent que tout se déroule là-derrière.En fait, tout est caché là-derrière, tout est emplotté dans ce budget. Donc, même si après, on est alphabétisé, on ne sait pas trop par où attaquer la grosse pelote. Donc, moi, je dirais que c'est un peu là que j'en suis aujourd'hui.
Léo
Pourtant, l’argent, et l’information à son sujet, c’est le pouvoir. Un pouvoir dont on se sent dépossédés. De plus, comme le soulignent plusieurs économistes dans l’ouvrage Finances Publiques citoyennes, sorti en 2017, et plus particulièrement dans la partie Réflexions de 26 plumes académiques, économiques, « les citoyen·nes sont le cœur des finances publiques : elles sont générées par leur activité économique (iels en sont donc la source, l’origine) et elles servent à assurer des services dont iels et elles sont les destinataires (iels en sont donc aussi la finalité) ». Dans un monde idéal, les finances publiques devraient donc être les plus transparentes et accessibles possible, mais ce n’est malheureusement pas le cas.
Leticia
Et il est d’autant plus primordial de ne pas perdre de vue ces finances publiques, que nous entrons de plus en plus dans une période d’austérité. Une austérité dont les caractéristiques sont des mesures de réduction des dépenses publiques (telles que l’éducation, les pensions et la santé), une pénalisation des chômeur.euses et une réduction des investissements publics.
Tel que l’avance le collectif d’expert.e.s qui a rédigé la série d’articles Décoder Arizona pour Revue Politique, cette austérité est dictée par les nouvelles règles européennes qui culpabilisent les États sur leurs dettes nationales et qui présentent toutes les dépenses publiques comme des problèmes car elles ralentissent le remboursement de cette dette.
Léo
Cela a pour conséquence de vouloir limiter les dépenses de l’ État sans augmenter les impôts, y compris les taxes sur le capital (donc lors des ventes de patrimoine, y compris immobilier). Mais, ce faisant, on risque de créer un climat où la réduction des dépenses publiques, et en particulier des dépenses sociales, devient politiquement plus acceptable. Pour les mêmes expert.e.s, l’évolution de notre politique belge est dans la suite logique de ce processus qui crée des réformes pour diminuer la part du budget public alloué au social. Les conséquences sont une augmentation de l’âge de départ à la retraite, la restriction des conditions d’accès aux revenus du chômage, la diminution du financement des soins de santé, et tous les services publics de manière générale, comme récemment avec la SNCB « C’est donc aussi, affirment-ils, l’État social belge, et avec lui ses bénéficiaires, qui se voient in fine appauvris par cette politique budgétaire ».
Leticia
Autrement dit, c’est nous qui passons à la caisse !
La question des mesures d’austérité et de ses alternatives est un sujet complexe et trop long pour être abordé dans cet épisode. Mais une chose est sûre, cette vague ne va aller en se calmant, et notamment au vu du contexte international, comme le montrent les dernières décisions de notre gouvernement, qui a décidé d’augmenter très fortement les budgets liés à la défense, au détriment des autres. Cela fait suite aux tensions en Ukraine et si la pertinence de faire augmenter ces dépense peut faire l’objet d’un débat, la série d’articles que nous citons tient quand-même à rappeler que « les États européens consacrent déjà des ressources supérieures à la Russie pour leur défense (326 milliards d’euros projetés en 2024, contre environ 137 milliards d’euros en Russie)». Mais la logique d’austérité n’est pas nouvelle et est en fait amorcée depuis longtemps.
Léo
Au final, ce qui ressort de l’analyse de la politique d’austérité en cours, c’est l’accélération de plusieurs mécanismes déjà en place et qui contribuent à détricoter l’État-social, et à réduire la part d’argent public dédiée à la mise en sécurité de ses citoyen.ne.s, et en particulier les plus fragiles. Notre but, dans la prochaine partie, va donc être de vous présenter plus en détail le fonctionnement des budgets locaux, et mettre en lumière le fait que cet argent, il découle de nous.
Leticia
Donc comment faire pour se réapproprier la question des finances publiques ? Chez Periferia, on a conceptualisé 4 portes d’entrées dans ce domaine.
Léo
Comprendre, participer, contrôler et/ou vérifier, et enfin, créer.
Leticia
La première est de comprendre. C’est le cas par exemple des ateliers d’alphabétisation, dont on a parlé plus tôt.
Léo
La deuxième est de participer : comme Kayoux, ou encore les budgets participatifs.
Leticia
La troisième est de contrôler et/ou vérifier.
Valérie
Je me dis qu'avoir des vérifications de comptes citoyens pour la ville, ça serait peut-être un chouette exercice. Ce serait que la ville soit obligée d'avoir une poignée de citoyens tirés au sort ou pas, peut-être même des personnes légèrement formées en finances, mais qui, elles, doivent faire l'effort de pouvoir dire « oui, je me suis plongée dans des comptes de la commune et j'approuve telle ou telle partie ou la totalité, je ne sais pas ce qui est faisable, mais peut-être que ce serait une porte d'entrée pour obliger la ville à faire une vraie explication didactique et donner vraiment l'impression qu'on peut agir parce que l'assemblée qui parle du budget, j'ai un peu du mal encore à voir quel va être l'effet concret à la fin. On ressort de là, on a appris plein de choses, mais comment est-ce qu'on agit vraiment sur le budget de la commune, ça, je ne vois pas encore très bien. Par contre, se dire « ah, j'ai le pouvoir d'être un vérificateur des comptes », ça, je trouve ça assez puissant.
Fanny
D'une manière un peu clin d'œil à ce qu'on a dit avant sur la technicité, c'est marrant parce que, dans les expériences dont nous, à Periferia, on s'est beaucoup inspirés pour les questions des finances publiques, il y avait notamment ces expériences du RAS de commission de transparence citoyenne, qui sont en fait des commissions de vérificateurs de comptes citoyens. C'est vraiment la première porte d'entrée qui a été proposée aux citoyens et citoyennes, qui sont en plus pas du tout des experts dans des campagnes, et souvent vraiment dans des zones plutôt rurales et reculées, que des fonds internationaux d'aide au pays ont demandé à ce que des citoyens et citoyennes soient vérificateurs de comptes pour s'assurer que l'argent qui était injecté dans ce territoire-là soit utilisé à bon escient, ne soit pas détourné. Et donc, la condition pour y avoir accès, c'est qu'une commission de transparence citoyenne soit mise en place et qu'elle vérifie, ticket par ticket, facture par facture, que l'argent ait bien atterri là où il devait atterrir. Et ce qui est beau dans cette expérience-là, en plus de cette confiance accordée tout d'un coup par un organe international supérieur, c'est qu'ont été mis dans cette position-là toute une série de citoyens et citoyennes qui ne savaient pas toujours lire, qui ne savaient pas toujours compter, et donc qui ont profité d'un processus d'alphabétisation, d'éducation permanente, pour pouvoir s'approprier tous les outils nécessaires pour le faire. Et donc, c'est un joli pied de nez à cette croyance parce que les finances publiques sont extrêmement techniques et doivent rester dans les mains d'experts et d'expertes. Et moi, personnellement, depuis que je travaille chez Periferia, c'est une des expériences à laquelle je me raccroche beaucoup pour ne pas tomber dans ces logiques-là de me dire, mais non, c'est pas à la portée d'eux, c'est trop complexe, c'est trop éloigné. Non, en fait, toute personne peut y être attachée à partir du moment où on lui donne accès à ces outils-là.
Leticia
Un autre exemple, issu de la démocratie athénienne et dont parle Géraldine, est le concept d’euthynai.
Géraldine
Dans une conférence gesticulée de Cécile Canal qu'on avait pu voir ici à Ottignies, elle parlait de la démocratie athénienne et notamment d'une étape qui était hyper importante à cette époque-là qui était la reddition des comptes. Et donc, c'était justement le moment où les personnes qui avaient été élues au pouvoir devaient rendre les comptes. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, cette étape-là dans notre démocratie, elle n'existe plus du tout alors qu'elle est vachement essentielle, effectivement. Ça me faisait penser à ça, tout ce qu'on était en train de dire. Et je pensais aussi, je n'ai jamais rencontré ce groupe, mais à un moment, il y avait un groupe ACide, je pense qu'il s'appelait Audit citoyen des dettes. Et je me disais, waouh, ça c'est aussi la partie des dettes, ça c'est quelque chose aussi de bien technique et que des citoyens, des citoyennes ont pris en main. Et j'en dis chapeau, quoi. Aussi une initiative qui me semblait hyper intéressante.
Léo
Enfin, la quatrième est de créer, proposer de nouvelles manière de faire, comme la coopérative financière NewB en Belgique.
Publicité de NewB
Envie de vraiment faire bouger les choses ? Envie d’être le changement ? Par où commencer ? Par la base, par ce qui fait tourner ce monde, l’argent.
Léo
NewB se veut une banque citoyenne, sans spéculation, et qui ne finance que des projets responsables. Il existe aussi les monnaies locales qui ne peuvent être utilisées que sur un territoire limité, et qui ne peuvent pas être déposées en banque, et dont le but est donc d’endiguer la spéculation foncière. On peut également citer le CADTM, le Comité pour l'abolition des dettes illégitimes, dont fait notamment partie le groupe ACIDe évoqué par Géraldine, qui analyse les dettes, dont la dette belge, ou encore le collectif Transparencia, qui argue, et nous les citons : que « chaque citoyen a le droit d’accéder aux informations détenues par les autorités publiques », et qui accompagnent ces processus.
Leticia
Ces quatre portes nous donnent donc déjà un bon aperçu de la manière dont nous pouvons, en tant que citoyen.ne.s, en collectifs ou isolés, nous attaquer à la perte de contrôle sur les finances publiques.
Léo
Nous allons maintenant vous parler de la question de la technicité, qui est pour nous une fausse question. Pourquoi a-t-on tant besoin de rentrer dans les détails et les outils techniques ? Surtout alors que les élus ont l’obligation de partager les budgets communaux et les comptes communaux, qui sont les seuls documents qui sont donnés à disposition des citoyen.ne.s pour savoir ce qui est fait de l’argent public. Mais si vous avez déjà, une fois dans votre vie, tenté de déchiffrer un de ces documents, vous conviendrez que la tâche est loin d’être aisée pour des non-initiés. Ce sont des lignes de chiffres, des abréviations, pas un seul schéma récapitulatif qui nous donnerait, par exemple, une ventilation simple des dépenses et recettes de la commune. On ne nous livre jamais un bilan clair.
Leticia
Il y a là selon nous un problème fondamental : Si on a tant besoin de s’approprier cette technicité, c’est parce que par ailleurs il n’y a aucun autre espace où on nous demande simplement de discuter des enjeux des territoires, de ce qui nous semblerait important d’y faire. Et ça, ça peut se faire sans entrer dans les détails financiers, mais juste via un échange citoyens-élus sur un projet commun de développement du territoire. Si on avait ça, alors des équipes de vulgarisation liées aux finances pourraient venir apporter l’éclairage nécessaire. Mais comme ce n’est pas mis en place, on est obligés d’entrer dans cette technicité. Elle n’est pas insurmontable mais elle pourrait être contournable si on avait par ailleurs ces autres espaces de discussion.
Léo
De manière générale, on ne peut s’empêcher de déplorer une grande difficulté d’accès aux questions de finances publiques pour les citoyens, ainsi qu’un épuisement rapide des initiatives et collectifs qui décident de s’y attaquer. Mais nous, nous y voyons une grande force, dans ces initiatives parfois officiellement soutenues, parfois crées de toutes pièces, et qui remettent en question les systèmes politiques traditionnels, car elles alimentent la flamme de l’intérêt citoyen, sans laquelle une démocratie réellement vivante est impossible à concevoir.
Car même si demain on se met à obliger l’ensemble des communes de Belgique à présenter leurs budgets de manière didactique, nous n’aurions pas la certitude que ça entraîne un réel élan démocratique, car les citoyen.nes ne sont pas habitués à une culture où on leur demande leur avis, et iels risqueraient de s’enfermer dans une attitude passive.
Comme dit dans la partie précédente, selon nous, deux choses sont indispensables pour assurer la participation engagée des citoyen·ne·s : une vulgarisation et un éclairage sur les questions techniques, mais aussi ouvrir davantage d’espaces d’Assemblées délibératives. Et la question financière en fera partie, évidemment.
Leticia
Aujourd’hui, les dépenses publiques continuent donc de refléter les défis de notre société, comme on peut le voir dans les communes où, en plus des citoyens, les instances politiques locales perdent elles-mêmes pied vis-à-vis de ces questions. Ce niveau local, bien qu’il soit celui où il y a le moins d’argent propre, et qui dépend d’instances supérieures pour beaucoup de choses, reste donc selon nous le meilleur niveau pour visualiser le défi que cette question constitue, et le concrétiser.
Et c’est pourquoi, chez Periferia, nous portons cette thématique et affirmons qu’il est indispensable de ne pas lâcher prise et de continuer de créer des nouvelles formes de participation citoyenne, de continuer d’imaginer une autre manière de faire du commun. La démocratie n’est pas un outil parfait et statique. Elle est, comme toute invention humaine, perfectible et soumise à des rapports de pouvoir. La véritable démocratie est un idéal vers lequel tendre et nous sommes persuadés que chaque action, chaque remise en question, aussi petite puisse-t-elle sembler pour ses instigateurs/trices, représente un pas vers cet idéal. Alors, on ne peut que vous encourager à continuer de questionner, à vous intéresser, à ne pas vous arrêtez aux portes fermées, aux discours tout faits, même si c’est difficile, même si ça peut sembler décourageants, même sur des sujets aussi austères que les finances publiques. Et puis, qui sait, on se croisera peut-être en route ?
Léo
Pas sans nous, c’est une série de podcast de l’association Periferia, produite dans le cadre de l’éducation permanente et soutenu par la fédération wallonie Bruxelles. Ces podcast sont à réécouter sur Periferia.be et sur Soundcloud
Références citées, dans l’ordre d’écoute :
- Et si nos sous nous étaient comptés, comprendre les finances locales, Periferia ASBL, 2013
- Finances publiques citoyennes, Réflexion de 26 plumes académiques, économiques, sous la direction de Jean-François Bondel et Xavier Cabannes, Editions Broché, 2017
- Décoder Arizona, l’accélération d’un néolibéralisme aux accents autoritaires, sous la direction de Evrard Z., Piron D., avec la participation de Demander A., Maissin M., Watteyne S., Charlier N., Zamora D., Douillet T., Lamine A., Vieille P., Biesemans R., Dupont J., Lou Vertongen Y., Seron V., Wasinski C., Beudels M., Cobut L., Lievens F. et Minguet A., Revue Politique, 17 mars 2025, https://www.revuepolitique.be/decoder-larizona-lacceleration-dun-neoliberalisme-aux-accents-autoritaires/
Musique et transitions sonores, dans l’ordre d’écoute :
- La banque nationale belge alerte sur les dérapages des finances publiques belges, LN24, Bonsoir l’Info, émission du 20 février 2025, https://www.ln24.be/videos/2025/02/20/la-banque-nationale-belge-alerte-sur-les-derapages-des-depenses-publiques-belges-xm3zkfu/
- Pour une autre route, du GAM (Groupe d’Action Musicale), dans l’album Chansons de lutte en Belgique
- Des « Kayoux » pour ler 14 octobre ?, chaîne : Liste citoyenne Kayoux, 9 octobre 2018, https://www.youtube.com/watch?v=OWbyAIr7b5M
- NewB - Votre banque coopérative, éthique et durable, chaîne : NewB Coop, 21 septembre 2021, https://www.youtube.com/watch?v=63fTcMLL0V8
Pour aller plus loin :
- Podcast "Budget participatif" de Localocratie (Xavier Marichal) avec Dorian Kempeneers, et avec Léo Goosens et Fanny Thirifays de Periferia : https://localocratie.be/23-budget-participatif-avec-fanny-thirifays-dorian-kempeneers-et-leo-goossens/
- Prendre des mesures au cycle de l’action publique, explorer de nouveaux horizons, encadré 3.5 et 3.12, Examens de l'OCDE sur la gouvernance publique, Éditions OCDE, Paris, 11 juin 2025, https://doi.org/10.1787/a697cb85-fr








