Mal loti·e·s ! Enquête sur une expulsion, en quête de solutions

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Invitée par le Rassemblement Wallon pour le Droit à l’Habitat, Periferia a participé à l’écriture collective d’un livret retraçant l’histoire des locataires tournaisien·ne·s expulsé·e·s de leur domicile au mois de juin 2020 suite à un incendie et à un arrêté communal de fermeture. Un livret aujourd'hui disponible en PDF !

Le récit collectif

Extrait du préambule :

Cela aurait pu rester un drame humain comme on en connait beaucoup d’autres en Wallonie et ailleurs, un bâtiment insalubre, un propriétaire qui ne se soucie guère de ses locataires et des pouvoirs publics qui laissent faire. Jusqu’à ce qu’une nuit, un incendie mette 33 ménages à la rue. Une nuit qui entraine la mort d’une personne et chamboule également de nombreuses vies.

Cela aurait pu rester un fait divers, une énième démonstration d’une poli­tique de logement aux abois et dont les plus faibles paient le prix, deux voire trois fois.

Mais il en a été autrement. Pas une histoire de super héro·ine·s et de méchant·e·s, mais une succession d’actions et de mobilisations qui ont fini par payer et redonner un peu de dignité. Ce genre d’histoire qu’on ne raconte pas dans les journaux, mais qui fait la différence parmi l’indiffé­rence.

C’est ce qu’ont voulu raconter les personnes qui ont vécu de près ces évè­nements. Pour témoigner des nombreuses difficultés, mais aussi de tout ce qui a germé et de ce qui pourrait changer.

Le présent récit retrace l’histoire des locataires expulsé·e·s de leur domicile situé rue des Campeaux et Quai Saint-Brice à Tournai au mois de juin 2020 suite à un incendie et à un arrêté communal de fermeture.

Retour sur la dynamique tournaisienne autour du livret

C'est avec le Collectif DAL Tournai, et deux de ses associations membres, le CIEP MOC Wapi et la maison d’accueil l’Étape, avec le soutien du RWDH et de Periferia que les locataires expulsé·e·s tiennent à laisser une trace des nombreuses difficultés liées à l’incendie traumatisant qu’ils et elles ont vécu, à l’expulsion forcée de leur logement, au manque de soutien et d’accompagnement ressenti ainsi qu’à la recherche d’un nouveau logement.

En contant les problèmes rencontrés tout au long de ce "parcours du combattant", mais aussi en proposant une liste de recommandations à suivre, l'objectif est aussi de susciter une prise de conscience citoyenne sur la problématique du logement à Tournai et de nouvelles manières de faire chez les responsables politiques. Les revendications et les conseils formulés par le collectif visent, dans le meilleur des cas, à éviter que pareille situation ne se reproduise ou, à défaut, à améliorer sa prise en charge.

Une invitation lancée lors du Conseil Communal

En vue du lancement du livret collectif "Mal Loti·e·s !" lors d'un grand événement le 11 juin 2022 et bien au courant de la nécessité d'inviter les pouvoirs publics à celui-ci afin qu'ils et elles écoutent les témoignages, constats et recommandations issues de nombreux mois de travail, le collectif a décidé de les inviter lors du Conseil Communal...un moment important pour le collectif !

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Une journée pour retracer ce véritable parcours du combattant

Nous vous y invitions déjà ici, le résultat de deux années de travail collectif acharné autour de la rédaction de ce récit de lutte fut présenté à Tournai lors la parution du livret ce 11 juin dernier.

Cette journée fut l'occasion pour les ex-locataires de la rue des Campeaux de revenir sur ce parcours du combattant qu'iels ont vécu à la suite de l'expulsion et ce, au travers d'une marche exploratoire, du vernissage de l'exposition, d'une table ronde thématique et surtout, de la parution du livret produit.

Retour en images sur cette journée..

Echange à Fortaleza : Jeunesses et Droit à la ville

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En juillet dernier, une partie de l’équipe était à Fortaleza dans le Nord-Est du Brésil dans la continuité des liens que nous tissons depuis 2019 entre Bruxelles et le Brésil sur la place des jeunes dans la ville.

Chérine et Samira, ont construit et participé à cet échange avec nous. Habitantes de l’avenue de Stalingrad (Bruxelles), elles se questionnent sur l’avenir de leur quartier avec la construction du métro 3 et des impacts que cela a et aura sur le quotidien des habitants (travaux, nouveaux types de commerces, augmentation des loyers…).
Elles ont réalisé un film documentaire sur les dessous du chantier et la volonté politique qu’on retrouve derrière la construction de ce métro.

La rencontre a eu lieu dans le quartier du Bom Jardim qui se situe en périphérie de Fortaleza et réunissait des collectifs du Nord-Est du Brésil (Recife, Guarabira, João Pessoa) de Bolivie (La Paz) et de Belgique (Bruxelles) qui chacun à sa manière lutte pour le droit à la ville.
Dans un contexte brésilien pré-éléctoral sous tension, échanger autour de la diversité des formes d’engagement de la jeunesse était fort et ressourçant.

Retour en images sur les moments forts de cette rencontre

Accueil au CDVHS où chaque collectif a pu partager son vécu à travers un symbole qui représente la jeunesse dans son contexte
Accueil au CDVHS où chaque collectif a pu partager son vécu à travers un symbole qui représente la jeunesse dans son contexte
Cette photo prise à Bruxelles sur l’avenue de Stalingrad (avant le début du chantier) a été l’un des symboles de la rencontre : la jeunesse à travers un haut-parleur qui demande plus de droits !
Cette photo prise à Bruxelles sur l’avenue de Stalingrad (avant le début du chantier) a été l’un des symboles de la rencontre : la jeunesse à travers un haut-parleur qui demande plus de droits !
Moment de partage autour de la nourriture et des histoires des spécialités de chaque région (rituel appelé "apthapi" dans la culture andine)
Ici la cérémonie du thé.
Moment de partage autour de la nourriture et des histoires des spécialités de chaque région (rituel appelé "apthapi" dans la culture andine) Ici la cérémonie du thé.
La rencontre a également été rythmée par des moments de débats autour de quatre principales thématiques :
  • racisme structurel
  • budgets publics et politiques jeunesse
  • droit au logement, à la terre, au territoire
  • sécurité alimentaire

Des récits de vécus très forts : retour de la faim, violence accrue vécue par les jeunes, division territoriale avec les factions présentes qui occupent une grande partie de la ville de Fortaleza… et des débats sur des enjeux majeurs à la veille des élections au Brésil.

Mais aussi des moments de construction de messages et de revendications collectives, comme à travers la création d’étendards. Chaque collectif a pu repartir avec un étendard sur son territoire.

UNE VIDEO QUI RETRACE LA RENCONTRE EST EN COURS DE CONSTRUCTION

D’autres récits de la rencontre :

“Soyons lobbyistes ! “

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Nous aussi, soyons lobbyistes, citoyen·ne·s ! 

Vous aussi, vous rêvez de pouvoir influencer le regard des élu·e·s politiques et leurs décisions ?

Vous aussi, vous vous demandez comment s'y prennent les grands groupes économiques pour retarder ou contrer des décisions qu'il nous semble urgent de prendre ?

Vous avez rédigé un plaidoyer ou collecté des recommandations mais ne savez pas comment les transmettre à celleux qui décident ?

Votre assemblée citoyenne a produit une proposition de politique publique innovante, mais n'a pas été prise en compte par les décideur·se·s politiques ?

Alors ce cycle d'ateliers est fait pour vous !!

Journée #1 : Introduction
"Comprendre les lobbying économique et citoyen"

Lundi 19/09/22 - Ciney

 

Journée co-organisée avec ACRF asbl
dans le cadre de leur journée d'étude "Résistons au chant des sirènes", et en partenariat avec Empreintes asbl

Au programme :

"Les lobbies d'entreprises aiment agir dans le secret,
c'est pourquoi nous exposons ce qu'ils font, sensibilisons le public et créons un élan
pour réduire l'influence des entreprises sur l'élaboration des politiques européennes."
(Corporate Europe Observatory

  • Atelier d'appropriation : Le lobbying, c'est quoi ? d'où ça vient ? Faire du lobbying, c'est mal ? quel lien avec le plaidoyer ? - Avec les apports d'un expert habitué du lobbying citoyen et Julien Bauwens de l'asbl Empreintes qui mène avec des jeunes des actions de lobbying autour d'enjeux environnementaux.

 

  • Ateliers d'ancrage dans nos luttes : "Et moi, dans la lutte qui m'occupe, quelle posture je me sens de prendre : lobbyiste, contre-lobbyiste ou porteur·se d'actions collectives?"

Journée#2 - Développer votre propre stratégie de Lobbying

Samedi 8/10/22 - Namur (Mundo-N)

Journée co-organisée avec Empreintes asbl.

Au programme:

  • Découverte d'expériences de lobbying citoyen menées en Belgique (abouties et en cours):
    • CAWAB pour l'accès des PMR aux transports en commun (à confirmer)
    • Action de mobilité communale
    • Trace ton cercle (à confirmer)
    • ..;

 

  • Ateliers de travail : "J'élabore ma propre stratégie de lobbying et j'en planifie les étapes" - travail en sous-groupe pour avancer dans vos luttes respectives, avec l'appui de personnes ressources.

A la suite de ces deux journées, d'autres ateliers pourront être organisés, en fonction des demandes et besoins. L'objectif recherché est d'atteindre les influences recherchées sur les politiques publiques visées.:)

Infos pratiques

Heures : 9h-16h30

Gratuit - apportez vos piques-niques

IMPORTANT : Chaque journée est autonome : si vous ne savez pas venir à la première journée, aucun souci. Le seconde est tout à fait à votre portée!

Wallon·ne·s, signez notre pétition!

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" Nous, citoyens et citoyennes de Wallonie demandons au Parlement Wallon l’instauration d’une Assemblée Citoyenne en Région Wallonne. Celle-ci sera largement inspirée par le « Dialogue permanent en Communauté Germanophone » tel qu’il existe depuis le 25 février 2019. "

Periferia, en lien avec d'autres associations et citoyen·ne·s wallon·ne·s, a déposé le 12 juin dernier deux pétitions en ligne pour qu'une assemblée citoyenne puisse voir le jour aux côtés du Parlement wallon.

 

Nous avons besoin de votre soutien !

ATTENTION :
seules les personnes domiciliées en Wallonie peuvent signer.

Les autres : merci de relayer auprès de vos familles, ami·e·s et connaissances wallonnes ! 😉 

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Pour signer
la pétition 130bis

CLIQUEZ ICI

Une fois le formulaire 130bis ouvert :

  1. Téléchargez-le et imprimez-le
  2. Signez-le
  3. Renvoyez le nous ou déposez-le à l'adresse suivante (citoyen qui les centralise) :

Eric Jourdain
22 Rue de Lonzée
5030 Lonzée

Seuls les originaux sont valables pour le Parlement !

Un souci ? contactez-nous via contact@periferia.be

Pourquoi deux pétitions ?

L'article 127 du règlement du Parlement wallon permet aux citoyen·ne·s wallon·ne·s de "formuler une question concrète à propos d’un sujet relevant d’une compétence exercée par la Région (...)" et d'être entendu·e·s par la Commission. Celle-ci disposera ensuite de deux mois pour répondre à cette interpellation citoyenne. Il faut pour cela collecter 1000 signatures, papier ou numériques.

L'article 130bis du règlement du Parlement wallon permet quant à lui aux ciotyen·ne·s wallon·ne·s de de suggérer la mise en place de commissions mixtes (10 parlementaires et 30 citoyen·ne·s) pour discuter d'une question. Le principe est donc similaire à celui d'une pétition classique, à cela près qu'il s'agit d'obtenir 2000 signatures (uniquement papier à ce stade!), et que la commission est mixte et non pas uniquement constituée de parlementaires.

Il est donc plus intéressant que l'on parvienne à obtenir ces 2000 signatures. 😉

 

Partagez aussi notre appel Facebook !

D'où vient cette pétition ?

Une revendication issue d'une dynamique de convergence...

En juin 2021, Periferia a répondu à l'appel d'associations et groupes militants de Namur. a la sortie de deux années de pandémie et de restrictions sociales, les groupes de lutte sont affaiblis, avec des troupes en partie démobilisées. Malgré tout l'envie est encore là et les besoins criants : les lutes sont toujours à mener et restent plus que légitimes.

Quelques groupes locaux lancent alors un appel à converger, à unir nos forces et nos combats. Un lieu de convergence se met en place et plusieurs actions sont menées, parmi lesquelles, des assemblées citoyennes. Parce qu'il faut continuer à faire débat, parce qu'il faut inventer de nouvelles réponses, parce que celles et ceux qui vient des situations difficiles sont des interlocuteurs incontournables pour les inventer...

"Nous voulons une assemblée citoyenne"

La revendication d'assemblées citoyennes wallonnes est ressortie comme un trait commun à nos aspirations : une réappropriation du pouvoir politique par les citoyens et citoyennes afin d'assurer une transition vers un monde plus solidaire, juste et soutenable.

Une première demande au Parlement déboutée

Dès l'automne 2021, une première demande est introduite auprès du Parlement Wallon. Celle-ci propose la mise en place d'une assemblée citoyenne "qui soit représentative de la population et transcende les intérêts partisans de la majorité des professionnels de la politique. Cette assemblée aura le mandat de déterminer des mesures pouvant être juridiquement contraignantes indépendamment de l'accord des élu·es en place afin d'orchestrer, nous l'espérons, une transition écologique et sociétale majeure, rapide et socialement juste."

Le caractère contraignant sollicité est alors pointé par le service public comme illégal. Celui-ci déboute donc notre demande. Purement et simplement. Le débat n'aura pas lieu.

Une seconde demande, inspirée de la Communauté germanophone

Le collectif ne se laisse pas démonter et décide donc de s'inspirer de dispositifs déjà existant en Belgique pour asseoir "légalement" sa proposition. En Communauté germanophone, un dialogue citoyen permanent existe depuis février 2019 et semble avoir généré de nouveaux rapports citoyen·ne·s - élu·e·s inspirants. Le collectif étudie ce dispositif et y retrouve une grande part de ses aspirations.

Une seconde pétition est rédigée. Elle sera rentrée cette fois sous deux articles d'interpellation citoyenne :

  • l'article 127, déjà tenté avec la première pétition.
  • l'article 130 bis, plus contraignant car s'il est officiellement entré en vigueur, n'a pas encore été mis en application : l'interface numérique et le formulaire type n'ont pas encore été créés par l'administration wallonne.

Qu'à cela ne tienne, nous tentons le tout pour le tout !

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---> Pour découvrir cette aventure, consultez le blog du collectif en cliquant ici !

Vous y retrouverez :

  • le récit du collectif,
  • les photos des actions,
  • les articles de presse.

En collaboration avec avec les amis de la terre, RAMUR, les Gilets Jaunes, les JOC, Extinction Rebellion, la Casserole et un collectif de citoyen·ne·s engagé·e·s dans les questions de Démocratie.

Changer le modèle de démocratie à partir de listes citoyennes 

Et si on s’inspirait davantage du municipalisme libertaire ?

En 2012 et 2018, lors des dernières élections communales en Belgique, nous avons pu observer une recrudescence de listes citoyennes. Certaines ont été élues, d’autres pas. L’une d’elles a même réalisé le meilleur scrutin et s’est vu attribuer le rôle de bourgmestre et les clés pour constituer une majorité…mais a finalement choisi de se retirer, ne se sentant pas à la hauteur de cette lourde tâche.

Animées d’une envie « que ça change », « que ça se passe autrement », « d’être entendu·e·s » ou encore « d’insuffler une autre logique du faire politique », certaines de ces initiatives citoyennes se sont constituées pour opérer un changement de paradigme démocratique en tentant de rendre le pouvoir politique aux citoyen·ne·s. Pourtant, plusieurs semblent peiner à faire bouger les lignes de la vie politique locale.

Au cœur des problèmes rencontrés se trouve entre autres la difficulté de combiner deux logiques antagonistes de la démocratie : la logique représentative qui prévaut dans les organes politiques et la logique de démocratie directe ayant cours au sein des certaines listes citoyennes. De plus, ces initiatives étant souvent relativement jeunes, elles ne peuvent s’appuyer sur une base citoyenne suffisamment forte que pour supporter l’entrée dans le jeu des élections sans que cela ne fragilise la dynamique du groupe. Face à ces différentes tensions, beaucoup s’épuisent et certaines finissent même par jeter l’éponge.

Sans vouloir considérer le municipalisme libertaire[1] de Murray Bookchin comme un modèle unique et idéal, Periferia a vu dans cette proposition de structuration de la démocratie, plusieurs clés intéressantes à mettre en parallèle avec les défis que rencontrent ces listes citoyennes. L’exploration qui va suivre a pour objectif de mettre en avant certains aspects théoriques et pratiques issus du municipalisme libertaire et voir en quoi ces éléments pourraient venir outiller, inspirer ou guider certaines listes citoyennes.

Le municipalisme libertaire, c'est quoi ? 

Projet politique de l’écologie sociale, le municipalisme libertaire propose de résoudre les crises sociale, économique et écologique en opérant une transformation radicale de nos démocraties par la restitution du pouvoir politique aux citoyen·ne·s réuni·e·s en assemblées

© Debbie Bookchin, Own work / CC BY-SA 4.0
© Debbie Bookchin, Own work / CC BY-SA 4.0

Une définition pas si simple qui résume pourtant bien la pensée de Murray Bookchin. Décortiquons-la, ensemble !

Rompre avec la logique de hiérarchie et le principe de domination comme clés de résolution des différentes crises contemporaines

Tirer profit de personnes mal payées, établir supériorité et avantages selon le genre, considérer la nature et les animaux comme des variables d’ajustement pouvant être sacrifiées au nom du profit et du « toujours plus »... pour Murray Bookchin, ces situations ont en commun de s’établir sur le concept de hiérarchie, sur l’idée que les humains et les espèces vivantes ne sont en rien égaux.

Cette conception du monde hiérarchisante est le fondement des différents comportements de domination et d’exploitation. Une hiérarchie entre les espèces et les humains qui mène à des relations de domination :

  • domination d’humains sur d’autres humains,
  • de l’homme sur la femme,
  • de l’humain sur la nature et les animaux.
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Cette manière de considérer le monde et d’agir, basée sur une vision inégalitaire, a engendré des crises sociales et écologiques majeures. Et puisque celles-ci sont nées d’un déséquilibre des relations, Bookchin envisage ces crises, quelles qu’elles soient, avant tout comme des problèmes sociaux qui doivent être solutionnés dans ce même champ social : à un problème social, la réponse doit être sociale. Son idée est qu’en transformant radicalement le modèle démocratique en un modèle égalitaire et non hiérarchique, les citoyen·ne·s seront à même de résoudre les différentes crises provoquées par ce modèle hiérarchique.

En d’autres mots : si l’organisation de nos vies est régie par la hiérarchie et l’exploitation provoquant des crises sociale et écologique majeures, alors tentons de les gérer par la collaboration et l’égalité pour sortir de ces crises.

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Un modèle de démocratie directe basé sur des assemblées citoyennes

Pour parvenir à transformer radicalement nos institutions politiques, économiques et sociales en rompant avec cette structure hiérarchie et inégalitaire, Bookchin défend l’idée d’un modèle de démocratie directe donnant l’ensemble des pouvoirs de décisions et d’administration aux citoyen·ne·s réuni·e·s en assemblées locales.

À l’inverse de la démocratie représentative et l’idée d’un projet démocratique qui serait mené par le haut, le municipalisme libertaire propose de repartir des citoyen·ne·s réuni·e·s en assemblées populaires avec pour objectif de les substituer à l’État-nation en lui faisant perdre pouvoir et légitimité.

Au lieu d’être gérées par des Gouvernements globaux (fédéral, régional, communautaire), les problématiques sociales, écologiques et économiques locales seraient alors traitées localement « […] par des assemblées populaires composées des résident·e·s du quartier, du village ou de la municipalité »[2].

A travers ces assemblées locales, la dynamique délibérative est toute autre. Chaque voix est reconnue et légitime. Les décisions sont prises sur base d’une éthique d’égalité, dans une dynamique de débat et un esprit de coopération plutôt que de rivalité.

Un retour au local…sans s’y enfermer

Pour autant, Bookchin met en garde contre les dérives de s’enfermer dans une vision localiste et communautaire. Il pointe les risques de repli communautaire : ni l’autarcie, ni l’autosuffisance locale totale ne sont souhaitables.

Si les assemblées doivent pouvoir se constituer au niveau local et les citoyen·ne·s reprendre le pouvoir sur les enjeux locaux, toutes ces assemblées doivent rester connectées les unes aux autres, dans une sorte de confédération des assemblées.

De même, Bookchin est lucide sur le fait que certaines questions qui affectent d’autres territoires ou d’autres personnes ne peuvent et ne doivent pas être traités uniquement au niveau local. Pour ces questions, le municipalisme libertaire prévoit un système de délégué·e·s issu·e·s des assemblées populaires qui se réuniraient en conseils régionaux, nationaux et transnationaux pour traiter de ces questions. Ces délégué·e·s seraient choisies par chaque assemblée populaire, qui leur accorderait un mandat impératif et révocable à tout moment.

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Utiliser les élections locales pour faire basculer nos démocraties représentatives en démocraties directes : oui, mais…

 Une stratégie de transition, pas un accomplissement en soi

Comment passer du modèle de démocratie représentative au modèle de démocratie directe prôné par le municipalisme libertaire ? Une des stratégies serait de « […] gagner les élections municipales afin d’occuper et de transformer radicalement les institutions de la commune de l’intérieur. Cette transformation radicale consisterait à transférer le pouvoir public conféré par les élections, des mains des élus officiels vers celles des assemblées populaires, confédérées entre elles »[3].

La phase de transition d’un modèle démocratique à un autre est dite période de « double pouvoir » ; stade durant lequel coexistent les modèles de démocratie représentative (via les élu·e·s issu·e·s des partis) et de démocratie directe (via les élu·e·s délégué·e·s par l’assemblée citoyenne).

La stratégie visant à infiltrer le pouvoir politique « représentatif » au même titre que les élu·e·s issu·e·s de partis n’est donc qu’un moyen pour faire perdre la légitimité politique que détenait jusqu’alors les institutions représentatives et progressivement instaurer la démocratie directe basé sur des assemblées locales.

Cette stratégie est temporaire : elle ne s’applique que le temps de la reconquête de l’ensemble des pouvoirs politiques par des assemblées citoyennes.

Dans cette optique de reprise du pouvoir par le bas, Bookchin propose que certain·e·s membres issu·e·s d’une assemblée populaire participent « […] aux élections locales afin de lier les mandats politiques municipaux aux décisions de l’assemblée populaire, l’objectif n’est pas de simplement mieux gérer l’administration municipale, mais bien de donner le pouvoir aux assemblées populaires décisionnelles basées sur la démocratie directe, et de rendre possible des alternatives économiques en opposition aux institutions existantes soumises aux logiques du capital »[4].

Les élections locales sont donc utilisées comme une stratégie de transfert permanent du pouvoir vers les citoyen·ne·s « non élu·e·s » et non comme l’intégration d’élu.e.s issu·e·s d’assemblées populaires à la gestion de la politique locale.

transfert pouvoirs

« En résumé, le municipalisme libertaire entend revitaliser les possibilités démocratiques présentes de façon latente dans les gouvernements locaux existants, et transformer ceux-ci en démocraties directes. Le but est de décentraliser ces communautés politiques de manière à ce qu’elles retrouvent une échelle humaine et soient adaptées à leur environnement naturel. Il s’agirait donc de restaurer les pratiques et les qualités de la citoyenneté afin que les femmes et les hommes prennent collectivement la responsabilité de la conduite de leurs propres communautés, suivant une éthique du partage et de la coopération, plutôt que de s’en remettre à des élites. Lorsqu’on aura créé ces démocraties directes, les municipalités démocratisées pourront être réunies dans des confédérations capables de s’attaquer enfin au capitalisme et à l’État-nation, pour aboutir à une société anarchiste, écologique et rationnelle. »

(Biehl & Bookchin, 2013, p.22-23)

Pour en savoir plus sur le municipalisme libertaire : un article du média Reporterre :
"La pensée essentielle de Murray Bookchin, fondateur de l'écologie sociale"

L'expérience municipalité de Jackson : deux points d'attention

Dans plusieurs régions du monde, des assemblées populaires ont tenté avec plus ou moins de succès de reprendre le pouvoir politique au niveau local en participant aux élections municipales : « Des “mairies du changement” en Espagne au mouvement transnational des Fearless Cities, du confédéralisme démocratique du Rojava au Kurdistan à une partie du mouvement des Gilets jaunes réunie dans les “assemblées des assemblées”, de certaines ZAD (zones à Défendre) aux plateformes citoyennes en vue des élections municipales de 2020 en France, des expériences se réclament aujourd’hui du municipalisme ou du communalisme »[5].

La chercheuse Sixtine van Outryve (2020) [6] a étudié l’expérimentation municipaliste à Jackson (voir encadré ci-dessous) dans le Mississippi aux États-Unis.

Our Power Campaign: Educate, Motivate, Cooperate for Climate Justice Source: Cooperation Jackson – Via le site The Urban Transcripts Journal, consulté le 3 mars 2022.

Quelques éléments contextuels de l’expérience municipaliste de Jackson

Située dans le sud des États-Unis dans l’état du Mississippi, la ville de Jackson est composée à 85% d’une population afro-américaine. L’histoire de la ville a été marquée par l’esclavage et les grandes inégalités raciales qui ont suivi. Dans les années soixante durant la période de luttes pour les droits civiques, elle fut le foyer de nombreuses contestations victorieuses pour l’accès aux institutions politiques de la population afro-américaine.

A la suite de la désindustrialisation qui marqua la fin des « trente glorieuses », la population s’est retrouvée grandement précarisée au niveau de l’emploi et des moyens de production. Jackson est aujourd’hui une des villes les plus pauvres des États-Unis. C’est de cette analyse et dans ce contexte qu’est né, à l’initiative du mouvement de libération noire, le Jackson-Kush Plan.

Ce plan stratégique a pour objectif d’utiliser les moyens municipalistes pour permettre l’autodétermination politique de la classe travailleuse noire, en partant du postulat que l’autodétermination politique n’est réalisable sans l’autodétermination économique. À cette fin, le plan allie trois axes complémentaires : la création d’assemblées populaires, la création d’un réseau de candidat·e·s pour gagner les élections locales et la construction d’une économie sociale et solidaire permettant de redonner du pouvoir quant aux conditions de vie et de travail de la classe travailleuse afro-américaine.

Des assemblées populaires se sont mises en place et ont permis à la fois de répondre à des problèmes concrets de la communauté et de construire une nouvelle culture de la démocratie directe tout en lançant des actions de pression dirigées vers les pouvoirs politiques. Ce sont ces mêmes assemblées qui ont donné mandat à Chokwe Lumumba de se présenter aux élections municipales. Il est d’abord élu comme conseiller communal en 2009 et puis devient maire en 2013. En février 2014, après 7 mois de mandat il meurt en laissant derrière lui un mouvement déboussolé. « Parmi les nombreux projets qui devaient être portés grâce à l’accès au pouvoir de la municipalité, le développement des liens de dialogue et de contrôle entre les assemblées populaires et l’administration municipale subit un arrêt brutal » (Outryve, 2020, p. 238).

Son fils lui succède, mais malgré l’aura de son père, il n’est pas issu du mouvement de la base et des différends politiques et stratégiques mettent fin en 2018 aux liens entre l’administration locale et le mouvement. « Faute d’accès au pouvoir et aux ressources institutionnelles, le mouvement se concentre désormais sur la création d’espaces pour permettre la prise de décisions collectives (comme des budgets participatifs ou des budgets pour les droits humains), ainsi que sur la construction d’une fédération de coopératives de travailleurs et travailleuses autonomes […] » (Outryve, 2020, p. 238).

 Source : Outryve, S. V. (2020). Le droit réinventé : La lutte des mouvements municipalistes pour le droit de la démocratie directe. In Bailleux, A., & Messiaen, M. (dir.), À qui profite le droit ? Le droit, marchandise et bien commun (p. 221-242). Anthemis.

De ses conclusions nous pouvons relever deux points d’attention relatifs à cette stratégie de transfert du pouvoir vers les assemblées citoyennes :

  1. Avant de participer aux élections communales, l’importance de construire une assemblée populaire forte

Le premier point d’attention soulevé par Sixtine Van Outryve est qu'il est « […] crucial pour tout mouvement municipaliste de commencer par entreprendre la tâche de construction de l’assemblée populaire comme institution autonome et d’éducation à la démocratie directe, avant d’adopter la stratégie d’occuper les institutions municipales »[7]

Participer à une dynamique électorale pour un mouvement municipaliste est éprouvant et quelque fois peut lui être fatal. D’abord - comme expliqué plus haut - parce que c’est une logique contraire à la démocratie directe. Ensuite, parce que c’est énergivore. Mais surtout, parce que se présenter aux élections municipales implique de mettre en avant les personnes candidates ; ce qui peut engendrer des tensions au niveau de la personnification du mouvement. Il s’agira donc de ne pas s’y précipiter avant d’avoir en amont posé des bases solides et capables de faire face à ces tensions. Car construire et établir un fonctionnement d’assemblée populaire qui ne sera pas anéanti par l’expérience électorale et sa logique représentative, demande à cette assemblée d’éprouver son fonctionnement dans le temps et pour les personnes qui y participent d’acquérir, d’intégrer et de construire ensemble de nouvelles habitudes et manières de fonctionner.

En somme, il s’agit de coconstruire une nouvelle culture de la démocratie, en prenant le temps d’expérimenter et d’apprendre d’autres fonctionnements que ceux de la démocratie représentative, et ce avant d’aller s’y frotter. Le risque sinon est de tomber rapidement dans le jeu de la démocratie tel qu’il se déroule dans notre système représentatif. Les municipalistes élu·e·s deviendront alors de « simples » porteur·se·s de voix citoyennes au même titre que le sont les élu·e·s partisan·e·s pour les membres de leur Parti. Le fonctionnement démocratique n’en sera pas transformé et les logiques de domination se poursuivront librement.

  1. Inscrire et développer la démocratie directe à l’ensemble des sphères affectant la population et son territoire

Un second point d’attention très important de la pensée de Bookchin est de ne pas limiter l’exercice de la démocratie directe uniquement à la sphère institutionnelle. Le fait d’ouvrir l’exercice du pouvoir de la démocratie directe à d’autres sphères comme « […] la sphère du travail, du logement, de l’alimentation, de l’énergie, des services publics, de la production, est également nécessaire afin de permettre à la population de prendre les décisions sur des sujets qui l’affectent directement […] »[8].

En effet, l’objectif du municipalisme libertaire au-delà du transfert des pouvoirs politiques aux citoyen·ne·s réuni·e·s en assemblée, est de relocaliser autant que possible la gestion et l’administration des domaines économiques et sociaux qui sont dans nos modèles représentatifs souvent cantonnés à des niveaux de pouvoir supérieurs à celui de l’échelle municipale. Ce point peut sembler audacieux, il est pourtant essentiel si l’on envisage un modèle où les citoyen·ne·s réuni·e·s en assemblées reprendraient le pouvoir sur des enjeux majeurs qui les concernent directement.

Ainsi, il s’agit de développer des initiatives économiques et sociales qui soient en mesure de trouver des réponses concrètes aux besoins quotidiens des membres de l’assemblée populaire. Ce qui constitue une réappropriation des pouvoirs économiques et sociaux par les citoyen·ne·s et inscrit l’exercice de la démocratie directe dans l’ensemble des questions qui affectent un territoire et ses habitant·e·s.

Il s’agit de reprendre le pouvoir sur l’Etat-Nation pour le transférer vers les assemblées citoyennes confédérées, afin de permettre aux citoyen·ne·s de prendre des décisions qui impactent réellement leur vie.

Quelles balises pour soutenir les listes citoyennes porteuses de ce changement de modèle démocratique ?

S’il est clair que toutes les listes citoyennes ne cherchent pas à opérer ce basculement vers une démocratiedirecte basée sur des assemblées citoyennes, il nous a semblé intéressant d’explorer la pensée de Bookchin qui redonne du sens à plusieurs de leurs pratiques : des élu·e·s issu·e·s d’assemblées et porte-paroles de ces dernières, ne pas se limiter aux seul·e·s membres de leur liste, mais vouloir « raccrocher à la politique » tou·te·s les habitant·e·s, organiser régulièrement des assemblées citoyennes ouvertes à tou·te·s pour débattre des sujets à porter au sein du Conseil et/ou du Collège, construire les décisions collectivement dans le respect de la diversité des opinions… Malgré ces spécificités, et comme vu précédemment, la participation d’un mouvement citoyen à une logique électorale comporte bien des difficultés et demande d’être murement réfléchie.

Dans cette publication, nous souhaitons mettre en avant des pistes pour s’inspirer des réflexions de Bookchin quant au potentiel de transformation soci(ét)ale que constitue un modèle de société reposant sur des assemblées citoyennes locales confédérées.

Prendre le temps de coconstruire une culture démocratique au sein des assemblées citoyennes

Se pose d’abord la question du timing. Bien des listes citoyennes semblent se construire autour du calendrier électoral et ses échéances : les listes se forment peu avant les élections ET en vue des élections. Pourtant, il ne fait pas de doute que celles et ceux qui font le pas de se rassembler en liste sont pour la plupart des citoyen·ne·s déjà engagé·e·s dans leur territoire et bien souvent, iels le font avec l’envie de reprendre ensemble un pouvoir politique ou au moins d’insuffler une autre manière de faire politique.

Ne serait-il pas intéressant de revoir ce paradigme : ne plus attendre la perspective des élections pour se rassembler et déjà initier des assemblées citoyennes pour qu’une majorité de citoyen·ne·s soient prêt·e·s à utiliser ce fonctionnement collectif une fois la liste élue ? Cela serait d’autant plus pertinent que le choix de se présenter aux élections serait dès lors une décision collective émergeant d’une base citoyenne plus large.

De plus participer aux élections locales détourne une grande partie de l’énergie disponible au sein de ces mouvements. Difficile d'envisager l’apprentissage et la construction d’une culture commune à l’ensemble des membres de l’assemblée en même temps que l’on cherche à intégrer le jeu politique représentatif.

Le risque est que l’énergie soit trop accaparée par cette participation électorale et ne permette plus la construction d’une culture de la démocratie directe entre tou·te·s les membres de l’assemblée. Faute de temps et d’énergie, les personnes participant aux élections risquent de se couper du reste de l’assemblée. La conséquence est que cette culture se forge alors entre les personnes à l’initiative de la liste formant une sorte de « noyau dur » et sur qui semble reposer l’entièreté du portage de l’assemblée. Devenant alors des leaders – même sans le vouloir – que les autres suivent de plus loin, tel·le·s des sympathisant·e·s plutôt que comme membres décideurs.

Changer la culture démocratique et son modèle prend beaucoup de temps et d’énergie, de même que participer au jeu électoral local.

En résumé, l’enjeu se situe surtout dans le fait de ne pas négliger l’importance de la construction d’une culture commune de la démocratie directe au sein des assemblées, qui dans l’idéal devrait être un des premiers pas des listes citoyennes. Ceci afin que ces assemblées soient des entités suffisamment fortes et autonomes pour pouvoir se permettre d’envisager par la suite le projet de lier l’assemblée à des mandats politiques via la participation aux élections municipales de certains de ses délégué·e·s et de ne pas perdre de vue leur volonté de transformer, à terme, le système politique représentatif en système de démocratie directe.

Dans le cas contraire, les personnes portant les mandats politiques courent le risque de ne pas savoir de qui iels sont les porte-paroles et de perdre en légitimité politique. Une évidence et pourtant… ce n’est pas si rare de voir une liste citoyenne n’être, au fil du temps, plus représentative que de celleux qui y figurent ; les citoyen·ne·s participant de moins en moins aux assemblées qu’iels jugent finalement assez semblables aux réunions politiques classiques.

Participer aux élections pour transférer le pouvoir vers l’assemblée et non comme une tentative de mieux administrer les institutions locales

La manière d’envisager la participation aux élections par Bookchin donne, selon nous, des éléments de positionnement intéressants pour les listes citoyennes qui s’inscriraient dans de telles finalités.

Premièrement, la participation aux élections est envisagée comme une stratégie et non une fin en soi.C’est un moyen à disposition des listes citoyennes pour rendre le pouvoir aux citoyen·ne·s réuni·e·s dans leur assemblée. Ce n’est donc qu’une option parmi d’autres, et l’on peut envisager de ne pas passer par cette étape.

Deuxièmement, la participation aux organes politiques « classiques » par les élections n’a donc pas non pour finalité de mieux administrer les institutions locales. Cette idée reprend deux dimensions fondamentales.

D’abord, il s’agit d’ouvrir les champs politiques à d’autres compétences que celles que se reconnaissent les institutions locales. C’est-à-dire réintroduire des sujets de discussion (et donc de décision) qui ne sont plus discutés au niveau local car considérés comme dépendants d’autres niveaux de pouvoir. C’est par exemple ce qu’ont fait certaines communes belges en se déclarant communes hospitalières alors que l’État Fédéral, compétent en matière d’immigration, adoptait une position tout à fait hostile à l’immigration.

Ensuite, il ne s’agit pas « d’envoyer » des délégué·e·s issu·e·s d’une assemblée dans l’arène politique décidant en leur nom propre, mais bien d’envoyer des porte-paroles des décisions prises par l’assemblée. Une fois élue, l’aller-retour entre l’assemblée et la personne déléguée par l’assemblée pour participer aux élections reste permanente.

Plus globalement, il semble antinomique de vouloir à la fois mieux administrer la commune en rejoignant l’équipe des élu·e·s locaux et vouloir en même temps changer la culture démocratique représentative pour une démocratie directe.

Le fonctionnement par délégation demande une autre temporalité et d’autres dispositifs, il n'est pas question pour le/la délégué·e de prendre des décisions tout·e seul·e ou de devenir expert·e dans tel ou tel domaine, mais de prendre le temps en assemblée de s’approprier collectivement les sujets et pouvoir par la suite construire une réponse commune.

Être soumis à l’agenda politique communal ou devoir fournir des réponses sur des sujets qui demandent plus de temps et réflexions à l’assemblée, sont quelques exemples d’une mise sous pression de la logique représentative que subissent les assemblées citoyennes et qui nous semblent leur être dommageable.

Face à une telle incompatibilité de cultures démocratiques, il nous semble pertinent que les listes citoyennes priorisent le développement et la construction de leur propre culture de la démocratie directe au sein de leurs assemblées plutôt que le bon suivi de l’agenda politique institutionnel local.

L'espérience de Commercy

Comme dans beaucoup de villes de France, des citoyen·ne·s de la municipalité de Commercy ont endossé leur gilet jaune et se sont réuni·e·s pour bloquer des ronds-points et des péages.

La mobilisation est forte et assez vite, le mouvement spontané se structure autour d’une cabane de fortune installé à côté d’un rond-point. Des assemblées pour débattre et décider des futures actions s’y organisent chaque jour, autour d’un repas ou d’une collation partagée. Le mouvement se structure, interpelle les élu·e·s, tente d’organiser un référendum local… Face à l’ampleur du mouvement, le Gouvernement appelle à constituer un groupe de représentant·e·s des GJ.  Un modèle rejeté par les commercien·ne·s qui lancent un appel à se rassembler au sein d’une « assemblée des assemblées ».

Découvrez leur argumentaire ici 

Construire un agenda politique citoyen afin de renforcer l’assemblée et faire grandir le mouvement

Une fois que les listes « ont gagné » certain·e·s élu·e·s, il est vite tentant de vouloir se saisir des sujets politiques « sur la table » et de se positionner par rapport à eux. On suit alors l’agenda politique de la majorité en place et/ ou de l’actualité. Pour éviter ce travers – et rester dans la logique de transférer les pouvoirs politiques vers l’assemblée citoyenne –, il semble intéressant de coconstruire un agenda politique au sein des assemblées : définir ensemble la liste des points à discuter au sein de l’assemblée en repartant des besoins et constats exprimés par ses membres. Il s’agit ainsi de ne pas tomber dans les travers de vouloir répondre à tout prix aux préoccupations mises sur la table par les élu·e·s de la majorité mais d’apporter sa propre liste de préoccupations issues de l’assemblée citoyenne. De cette manière, la liste joue son propre jeu politique au sein de l’arène et ne perd pas le sens de ce qu’elle défend.

Construire son agenda politique permet de maintenir une assemblée vivante et alerte sur la direction suivie et de faire grandir le mouvement citoyen. La pratique de dialogue régulier entre citoyen·ne·s réuni·e·s au sein de l’assemblée permet de faire émerger les constats, besoins et projets qui les (pré)occupent. À partir de là, iels peuvent établir collectivement un agenda politique, cohérent pour tou·te·s, des sujets à traiter prioritairement. Cela garantit à l’assemblée de garder la main sur les sujets qu’elle mettrait en discussion politique avec d’autres, en y consacrant le temps qui lui semble nécessaire pour prendre une décision.

En plus de constituer une mise en pratique concrète d’une réappropriation collective du pouvoir politique, ces échanges permettent de construire une culture commune de la démocratie directe au sein de l’assemblée. Il nous semble également qu’une dynamique qui repartirait des enjeux locaux portés par les citoyen·ne·s pourrait davantage mobiliser de nouveaux membres se sentant peu interpellé·e·s ou intéressé·e·s par les questions à l’agenda politique des institutions représentatives locales. La liste citoyenne peut alors recourir à des diagnostics territoriaux réguliers, mener des enquêtes auprès des citoyen·ne·s, programmés des assemblées sur des thèmes ou dans des territoires (quartiers, villages, hameaux, etc.) ou auprès de publics (seniors, femmes, jeunes parents, étudiant·e·s, personnes immigrées, personnes porteuses d’un handicap, etc.) spécifiques.

Adapter la taille du territoire et/ou de la population à l’exercice de l’assemblée

Et enfin, la dernière clé importante réside dans la taille du territoire couvert et/ou de la population concernée par l’assemblée populaire.

Les listes citoyennes prenant souvent comme point de départ les élections locales, le territoire auquel elles s’adressent couvre souvent l’ensemble de la commune. En Belgique, certaines communes ne représentent qu’un petit territoire et/ou un petit nombre de citoyen·ne·s, néanmoins à la suite de la fusion des communes, la taille d’une commune moyenne environne aujourd’hui les 20.000 habitant·e·s.

La possibilité de réunir, au sein d’un même espace, un si grand nombre de personnes semble peu pertinent au regard des besoins liés à l’exercice de la démocratie délibérative.

La dynamique des assemblées imaginée par Bookchin en fait des espaces de dialogue où les singularités et antagonismes doivent pouvoir s’exprimer et être pris en compte afin de construire ensemble des solutions qui soient au plus proche des réalités vécues.

Ces différentes conditions ne semblent pouvoir être réunies qu’au sein d’assemblées citoyennes qui seraient le reflet d’une petite fraction de territoire. Ainsi, idéalement, une assemblée pourrait, en fonction des réalités démographiques et géographiques locales, être constituée des habitant·e·s d’une rue, d’un quartier, voire d’un village.

Pratiquement, cela impliquerait pour les listes citoyennes de démultiplier les assemblées populaires au sein de leur territoire communal, afin de permettre le développement d’assemblées proches des réalités de chacun·e. Celles-ci garantiraient alors l’espace et le temps nécessaires à l’expression individuelle et collective et permettraient une réappropriation progressive des pouvoirs politiques. Un tel exercice demande certes un investissement en temps et en logistique plus important que le format classique de la démocratie représentative. Il s’agit donc bien d’instiller une nouvelle culture « globale » de la démocratie directe. Culture qui passera aussi par un rééquilibrage du temps dédié à la chose publique et aux liens sociaux, mais ceci est encore une autre histoire…

Conclusion

Construire et expérimenter des modèles de démocratie qui sortiraient de la logique représentative ne semble pas chose aisée. En effet, toute tentative de transformation sociale prend du temps et fait face à d’inévitables vents contraires qui peuvent également lui être fatals. À l’exploration de certains aspects issus du municipalisme libertaire, il nous semble que celui-ci peut être source inspirante pour redéployer la créativité et les stratégies des listes citoyennes désireuses de faire évoluer les modes de faire politique et d’impliquer plus largement les citoyen·ne·s dans le champ politique.

Qu’il s’agisse de prendre le temps de construire une nouvelle culture de la démocratie au sein des assemblées, d’envisager la participation aux élections locales uniquement comme une stratégie de transfert du pouvoir politique vers les assemblées citoyennes, de sortir de l’agenda politique communal en allant explorer avec les citoyen·ne·s leurs priorités politiques, de développer des assemblées à une échelle plus réduite que la souscription électorale, de renforcer les liens entre ces assemblées au-delà des découpages territoriaux et administratifs officiels…les pistes sont nombreuses.

Il nous semble que loin d’être exhaustive, cette exploration introductive au municipalisme libertaire permet de fournir à ces courageuses listes citoyennes des balises et inspirations pour enclencher et porter cette transformation de la vie démocratique locale par l’exercice du pouvoir politique de citoyen·ne·s réuni·e·s au sein d’assemblées.

À tou·te·s, une belle continuation dans ce dessein…

Quelques ressources pour aller plus loin

D'autres outils pour se mettre en action

Forum, Plénière, Agora... Outil d'inspiration pour aider à la conception et l'animation de grandes assemblées

Une publication pour aider à concevoir et animer un moment de co-construire réunissant un grand nombre de personnes (de 50 à 200). A partir de huit exemples d’assemblées de ce genre, elle explicite la méthodologie utilisée, les clés pour la mise en œuvre et l’animation ainsi qu’une série de points d’attention ou d’écueils à éviter.

Publication téléchargeable ici 

Questionner le sens de nos actions de terrain.

 Une publication ressource lorsqu’on a le sentiment d’avoir perdu de vue le sens de ce qui nous unit et nous porte…et qu’on souhaite le retrouver ou le redéfinir. Elle propose 6 portes d’entrée pour y parvenir : à partir de nos activités et actions, à partir de nos objectifs et intentions, à partir d’une évaluation, à partir d’une difficulté ou une opportunité, à partir d’une envie de transmettre à d’autres et enfin, à partir d’enjeux, motivations ou valeurs qui nous portent.

Publication téléchargeable ici.

Décider ensemble ?! – construire un processus de prise de décision collective

Les portes d’entrée vers la décision collective sont plus nombreuses qu’on ne l’imagine et demande, avant de se poser la question du « comment », de bien clarifier ce que l’on recherche comme décision. Cette publication propose d’explorer les différentes étapes de mise en œuvre d’un processus décisionnel et pointe les questions à se poser pour définir le choix de la méthode la plus adéquate.

Publication téléchargeable ici

Articles et revues en ligne autours du Municipalisme libertaire

  • 0En France, le municipalisme libertaire trace son chemin. A découvrir ici.
  • « Le municipalisme libertaire, qu’est-ce donc ? ». A découvrir ici.
  • « Le municipalisme c’est l’autogouvernement du peuple, pour le peuple, par le peuple ». A découvrir ici
  • « La révolution commence-t-elle par le local ? Expérimentations communales et dilemmes stratégiques ». A découvrir ici.
  •  Reporterre a consacré un article à l'expérience de confédéralisme démocratique du Kurdistan syrien particulièrement inspirant en matière de féminisme et de multiculturalisme. Une révolution sociale multiethnique, féministe et auto-organisée à découvrir ici

Formation - MOOC

Livres

  • Janet Biehl, Le municipalisme libertaire, Écosociété, 2013.
  • Murray Bookchin, Pouvoir de détruire, pouvoir de créer. Vers une écologie sociale et libertaire, L’Échappée, 2019.

Bibliographie

[1] Le Municipalisme libertaire aussi appelé "Communalisme" a été théorisé par le philosophe, militant, penseur social, écologiste et fondateur de l’écologie sociale, Murray Bookchin (1921-2006).

[2] Durand-Folco, J., & Outryve, S. van. (2020). Genèse et métamorphoses du municipalisme libertaire aux Etats-Unis : Vers une première confédération démocratique nord- américaine ? Mouvements, n° 101(1), p. 132

[3]Outryve, S. V. (2020). Le droit réinventé : La lutte des mouvements municipalistes pour le droit de la démocratie directe. In Bailleux, A., & Messiaen, M. (dir.), À qui profite le droit ? Le droit, marchandise et bien commun. Anthemis. p. 227

[4] Durand-Folco, J., & Outryve, S. van. (2020). Genèse et métamorphoses du municipalisme libertaire aux Etats-Unis : Vers une première confédération démocratique nord- américaine ? Mouvements, n° 101(1), p. 133

[5] Cossart, P., & Sauvêtre, P. (2020). Du municipalisme au communalisme. Mouvements, n° 101(1), p. 1

[6] Outryve, S. V. (2020). Le droit réinventé : La lutte des mouvements municipalistes pour le droit de la démocratie directe. In Bailleux, A., & Messiaen, M. (dir.), À qui profite le droit ? Le droit, marchandise et bien commun (p. 221-242). Anthemis.

[7] Outryve, S. V. (2020). Le droit réinventé : La lutte des mouvements municipalistes pour le droit de la démocratie directe. In Bailleux, A., & Messiaen, M. (dir.), À qui profite le droit ? Le droit, marchandise et bien commun. Anthemis. p. 240

[8] Outryve, S. V. (2020). Le droit réinventé : La lutte des mouvements municipalistes pour le droit de la démocratie directe. In Bailleux, A., & Messiaen, M. (dir.), À qui profite le droit ? Le droit, marchandise et bien commun. Anthemis. p. 241

Collectif Roulotte – Pour un espace de quartier autogéré… et accessible sans condition !

Le Quartier des Arsouilles est un quartier bien vivant à Namur, où depuis plus de 10 ans, habitant·e·s et associations (réuni·e·s au sein de la Concertation du quartier) collaborent et élaborent des projets et rêves pour renforcer la convivialité et améliorer la qualité de vie dans le quartier.

Depuis 2019, un petit groupe de personnes, réunies sous le nom du collectif "Roulotte",  réfléchit à la création d’un espace commun et autogéré dans le quartier.

Ce qui est souhaité? Un « local de quartier ouvert à tou.te.s, un lieu inutile (de l’ordre de la case vide), gratuit, informel, sans contrôle (contrainte), pour se poser, sans planning d’occupation, où l’on peut s’identifier collectivement (symbolique), avec une personne responsable de l’accueil ».

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Au départ, une envie, un besoin... 

Il y a maintenant plusieurs années, Periferia a intégré la Concertation de quartier Saint-Nicolas (dont le groupe “Roulotte” fait partie) et a rejoint ce processus dans son étape d’ancrage concret dans un lieu du quartier. Cette étape nécessitait de:

  • mener un état des lieux possibles,
  • clarifier l’ensemble des opérations nécessaires à ce projet (réaménagement urbain, conditions de propriété d’usage du groupe, impacts sur la mobilité dans le quartier...)
  • négocier avec les élu·e·s politiques de la Ville pour le mettre en place

Malheureusement, 2020 et son lot de perturbations n’ont pas épargné le projet Roulotte. Les rencontres du groupe ont été annulées, la participation aux Concertations de quartier a été perturbée, le passage des réunions sous format numérique a eu comme effet d’exclure bon nombre d’habitant·e·s de la dynamique et d’essouffler la motivation du groupe.

... qui tout doucement prend forme

Mais la fin de l’été et les beaux jours que nous avons connus, ont permis aux activités de reprendre du poil de la bête et le groupe s’est à nouveau réuni ! Les habitant·e·s ont alors choisi de réorienter leurs énergies en se focalisant sur une première étape du projet : créer un lieu communautaire extérieur...en se réappropriant la rue Ponty qu'ils veulent libérer de la circulation routière! Pour y parvenir, le groupe a déposé un projet dans le cadre d'un appel à projets citoyens de la ville de Namur. 

Un coup d'oeil sur la vidéo de présentation du projet? C'est par ici.

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Au programme des ambitions du groupe ?

Libérer la rue Ponty de la circulation automobile pour y créer une “P’tite place”, un lieu où vivre ensemble et qui prend du sens pour toutes les générations et cultures qui le fréquentent. Un espace à aménager par les habitant·e·s lors d’un chantier participatif, pour y créer du mobilier, y remettre de la couleur, et de la nature avec notamment des bacs à plantes comestibles.

D'un rêve de quartier... à un quartier de rêve !

Ca y est, la bonne nouvelle est arrivée au printemps 2021... le projet Roulotte est sélectionné et un budget est donc alloué par la Ville pour la réalisation du projet de piétonnisation porté par le groupe!

Cette étape marque alors les premières phases de concrétisation du projet : le groupe part à la rencontre des habitant·e·s du quartier pour faire évoluer le projet en prenant en compte d'autres envies, points d'attentions; des discussions démarrent avec la Ville et les premiers plans d'aménagements de la future rue piétonne voient le jour.

Plusieurs chantiers participatifs sont alors programmés et encadrés par l'asbl La Bonneterie pour créer du mobilier qui viendra aménager la rue, de manière temporaire pendant 18 mois.

Retour en images sur les réalisations des deux chantiers participatifs
©La Bonneterie

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Et aujourd'hui ?
Dans la rue Ponty, on peut aujourd'hui se retrouver pour boire un "p'tit Kawa" servi par des habitant.e.s du quartier. Ce rendez-vous hebdomadaire réunit chaque mercredi entre vingt et quarante habitant·e·s. Au fil du temps, il est devenu un véritable lieu de concertation du quartier. 
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L'opportunité de croiser les regards

Nous vous en parlions déjà ici mais quelle chance que de partir d'une expérience d'appropriation de rue...... pour échanger autour de la thématique elle-même!

C'est donc à l’occasion du chantier participatif de mai, que nous avons relancé une rencontre Capacitation citoyenne sur le thème « Réapproprions-nous les espaces publics ». 

Rencontre capacitation

Ces rencontres, arrêtées depuis plusieurs années, visent à permettre à des collectifs d’ici et d’ailleurs de se rencontrer, de partager leur expérience, de mutualiser leurs luttes, de transmettre leurs stratégies et modes de faire, dans une ambiance qui se veut toujours conviviale et improbable.

Pour cette journée, plusieurs collectifs amis de Periferia qui ont mené des expériences autour de cet enjeu ont rejoint le chantier. Y étaient notamment présents; le groupe Roulotte évidemment, le collectif hutois HEPP (Huy Espace Public Partagé), les Hérissé.e.s de Charleroi, un groupe de filles de Molenbeek actives autour des questions de la place des femmes dans l'espace public,...

Ce fût l’occasion pour tou.te.s de partager son expérience en même temps que d'apprendre à construire une agora ou encore de préparer collectivement un bon repas. Une belle journée ensoleillée placée sous le signe du croisement d'idées, de l'inspiration, de l'ouverture à l'Autre et de volonté de construire du commun !

Retour en vidéo sur cette journée !  

Vidéo réalisée par Paola Guillen & Oscar Medina

Samedi 11 juin 2022 – ” Mal lotie·s : enquête sur une expulsion, en quête de solutions” // balade / expo / table ronde

Après deux années de travail collectif acharné autour de la rédaction d’un récit, le RWDH, DAL Tournai, CIEP, Periferia et les ex-locataires de la rue des Campeaux sont très heureux de vous inviter pour la sortie du livre :

« Mal lotie.es : enquête sur une expulsion en quête de solutions »

L’histoire d’une quarantaine de ménages expulsés qui se sont mobilisé pour être entendus, soutenus et relogés correctement. Un véritable parcours du combattant !

« Cela aurait pu rester un fait divers comme un autre. Une énième démonstration d’une politique de logement aux abois et dont les plus faibles paient le prix, deux voire trois fois. Mais il en a été autrement. Venez écouter l’histoire de ces locataires qui ont décidé de ne pas se laisser faire. Une mobilisation pour que d’autres n’aient pas à subir le même sort. »

Au programme :

  • 16h00 / Marche découverte : à la découverte des enjeux autour du (mal) logement à Tournai 

 Départ rue des Campeaux, 30 /  arrivée à la Maison de la Culture. 

  • 17h30 / Vernissage de l’exposition « Mal lotie.es : enquête sur une expulsion en quête de solutions » et lancement du livret. 

Maison de la Culture de Tournai – Av. des Frères Rimbaut, 2 : vernissage de l’exposition et présentation par les locataires. Le livret sera distribué gratuitement.

  • 18h45 / Table-ronde : quelles suites ? quels engagements politiques ?
    Avec la participation d’expert·e·s de la thématique.

Avec Pierre, la belle histoire de Capacitation Citoyenne

Un chemin tracé, une longue histoire qui continue

Début février, Pierre Mahey nous a quittés, il était aux prises avec une maladie difficile qui l’empêchait de faire ce qu’il aurait voulu. Pourtant, malgré cela, il ne s’est jamais arrêté de transmettre sa colère face aux injustices, d’envisager des liens et projets, de penser des espaces qui permettent de se mettre vraiment à l’écoute de celles et ceux qu’on entend le moins.

Espaces publics… c’est avec ces termes que Pierre m’a perturbé à la fin des années 90 quand nous marchions ensemble dans les rues de Guédiawaye, à côté de Dakar au Sénégal. Je croyais qu’il me parlait simplement de places, de lieux ouverts dans la ville… pourtant, je percevais qu’il me parlait d’autre chose aussi… Il ne nous aura pas fallu beaucoup de temps pour concevoir ensemble de nouveaux espaces publics où la parole circule, où chacun peut s’emparer du micro et prendre part au débat public.

Capacités, participation, capacitation à Charleroi, Fontaines, Montreuil, Roubaix, Dunkerque, Huy, Grenoble, Bruxelles, Bordeaux… Avec Pierre et d’autres, nous avons choisi d’écouter et d’observer la puissance des initiatives et actions menées par des collectifs. Chaque fois, nous avons été impressionnés et touchés par ces fabuleuses capacités des personnes qui, ensemble, arrivent à améliorer leur quotidien, à prendre part à la vie collective, à faire bouger les lignes pour elles-mêmes et pour d’autres.

La force des mots… Pierre nous a partagé cette intuition que les mots contribuaient à donner de la force, de la valeur… alors, nous avons été plusieurs à construire avec des collectifs des récits de vie, de lutte, d’expérience. Cette force des mots a permis d’écrire de nombreux livrets et rencontres. Parfois ces mots ont pris la forme de vidéos, de cartes postales… et chaque fois, les mots pèsent de tout leur poids pour dire, crier, dénoncer… transmettre aussi.

Des rencontres improbables… Toutes ces paroles ont été autant d’occasions de se rencontrer pour faire débat. Avec quelques un·e·s, à plusieurs dizaines, voire centaines, chaque rencontre a été une opportunité pour se raconter à d’autres, pour montrer combien chaque question est en lien avec celles des autres, pour permettre le croisement de personnes qui pensaient qu’elles n’avaient rien à se dire ou à faire ensemble.

Silence, on parle ! Puis, quand avec tous les collectifs de Capacitation Citoyenne nous avons décidé d’aller sur les places publiques pour nous faire entendre et lancer le débat avec d’autres, Pierre nous a emmenés dans de nouvelles scénographies qui ont permis de donner toute leur force aux mots. De les lancer sur les ondes, de les mettre en images…

Parlons-en ! De toutes ces incroyables initiatives, de toute cette énergie collective et démultipliée, oui il faut en parler ! Car ensemble, nous faisons société… D’ailleurs, comme titre de notre livre le dit, « Pour faire société, on est capables de tout… »

« Silence, on parle ! », Saint Denis, avril 2011

En octobre dernier, nous étions à Grenoble avec celles et ceux qui sont dans la galère et qui pourtant continuent de construire des solutions envers et contre tout… l’idée d’une université populaire autour de capacitation citoyenne est en route.

Merci, Pierre, pour ce chemin ouvert, pour ces formidables intuitions, cette incroyable aventure humaine et collective à laquelle beaucoup d’entre nous ont contribué… et continuent de participer

Patrick Bodart

Première journée des Quartiers Populaires

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Le 12 mars 2022 avait lieu la première journée des Quartiers Populaires autour du canal. Une journée pour se réunir et se rencontrer entre associations et habitant·e·s, et surtout pour essayer d’appréhender les changements en cours dans les différents quartiers concernés (quartiers maritime, historique de Molenbeek, Anneessens, Cureghem, Machtens/De Roovere, Bockstael...). Une première occasion de parler du concept de gentrification, appliqué aux quartiers du canal.

C’est à travers plusieurs balades pour découvrir les enjeux autour de la gentrification puis d’une après-midi d’échanges et de discussions que nous avons commencé à nous organiser collectivement.

Lors de la journée, 4 thématiques ont émergé :  logements sociaux (gestion et offre), organisation de la participation des habitant·e·s, prix des loyers et place des promoteurs dans la fabrique de la ville. Des ateliers sont prévus courant mai pour approfondir ces différents enjeux et imaginer des modes d'action collectifs !

 

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Réapproprions-nous l’espace public pour tou·te·s le 7 mai !

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(Se) construire

Les 5, 6 et 7 mai prochain, un chantier participatif sera organisé par le collectif « Roulotte » dans la rue Ponty à Namur. Rassemblant habitant.e.s et associations du quartier Saint-Nicolas, l’idée de ces trois journées encadrées par l’association La bonneterie, sera de se rencontrer autour de la  construction de mobilier urbain pour aménager la rue en futur espace piétonnisé communautaire ! Cette piétonnisation est le résultat de nombreuses années de mobilisation du collectif, qui grâce à un appel à projet de la ville de Namur, peut enfin voir le jour !

Rencontre Capacitation citoyenne

7 mai 2022 – 9h30 à 16h30 - Namur

L'occasion de se renforcer collectivement

A l’occasion de ce chantier, Periferia relance une rencontre Capacitation citoyenne sur le thème « Réapproprions-nous les espaces publics ». Ces rencontres, arrêtées depuis plusieurs années, visent à permettre à des collectifs d’ici et d’ailleurs de se rencontrer, de partager leur expérience, de mutualiser leurs luttes, de se transmettre leurs stratégies et modes de faire, dans une ambiance qui se veut toujours conviviale et improbable. Ces rencontres atypiques et bien souvent régénératrices viennent « rebooster » celleux qui agissent quotidiennement sur le terrain pour améliorer notre société, la rendre plus juste, plus inclusive et plus humaine.

Pour cette rencontre, plusieurs collectifs qui ont mené des expériences autour de cet enjeu rejoignent le chantier ! Ce sera l’occasion pour tou.te.s de partager son expérience en même temps que de construire du mobilier en bois, désosser des palettes ou encore peindront une fresque dans la rue… la limite, sera l’imagination du groupe !

Dans les collectifs invités, seront notamment présente.e.s :

  • Le groupe Roulotte évidemment et son projet de remanier la rue en un espace convivial de partages et d'échanges, mais aussi dynamiser des "P’tit Kawas", qu’iels portent depuis une dizaine d’années et qui réunit entre 40 et 100 habitant·e·s chaque semaine pour partager un petit café offert en rue
  • HEPP (Huy Espace Public Partagé) : un collectif qui voulait se réapproprier les espaces verts en bord de Meuse comme espaces communs, en y organisant des pique-niques spontanés qui ont rassemblés une centaine d’habitant·e·s pendant un an. A la suite du confinement, le collectif a réalisé un banc « anti-covid » pour renouer les liens sociaux, et un an après, un gradin temporaire en bord de Meuse. Autant de manière de questionner nos liens à l’espace public, de se frotter aux limites légales, d’interpeller les autorités politiques… Une expérience riche à découvrir
  • Un groupe de filles de Molenbeek qui a fait un travail de récit, d’analyse et d’interpellation sur la (non) présence des femmes dans l’espace public, notamment en réalisant des silhouettes 2D en bois de grande taille, qu’elles ont peints, taguées d’un message interpellant et disposées dans 3 lieux de Molenbeek pour interpeller sur l’absence des femmes dans ces lieux publics
  • Anahi, une jeune femme venue de Bolivie qui a développé toute une réflexion et action pour revendiquer une juste place pour les femmes et leurs corps dans l’espace public, notamment par un travail lié à la documentation vidéo
  • Les Hérissé.e.s, un collectif éclectique...déterminé ! Créé à l'initiative de Gilets Jaunes leur volonté est de venir en aide de manière diverse à toute personne en situation de précarité
  • C-Prévu, dont l'objectif est de faire changer les regards sur le sans-abrismeo et de rompre la fracture sociale auprès d’un public ayant un parcours de vie difficile

En plus de ces groupes identifiés pour leurs expériences inspirantes, cette journée sera également l'occasion de découvrir les actions d'autres collectifs liés de près ou de loin à Periferia afin d'alimenter la réflexion sur cet enjeu.

Pratiquement, la journée se déroulera autour des moments suivants :

En matinée :

  • Accueil et rencontre autour d'un petit déjeuner
  • Moment collectif pour se présenter brièvement et se situer les un·e·s les autres
  • Une première phase de construction de mobilier et ateliers créatifs (libres) pendant lesquels nous échangerons autour de ces enjeux

Un repas partagé offert à tout le monde

En après-midi : 

  • Un moment de collecte des idées de chacun·e pour le chantier Roulotte : « à partir de tout ce que j’ai entendu aujourd’hui, je recommanderai au groupe Roulotte ceci ou cela… ou je repars avec tel point d’attention ou telle idée inspirante…»
  • Des moments d’interviews et de captations d’images vidéos pour réaliser un petit film « Capacitation » de la journée

 

EN PRATIQUE : 

  • Samedi 7 mai de 9h30 à 16h30 à Namur  - quartier Saint-Nicolas, Rue Ponty
  • GRATUIT – possibilité d’intervenir dans les frais de transport
  • Repas offert
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En bref, que vous veniez pour échanger des idées, pour découvrir d’autres collectifs ou pour apporter un renfort de bras au chantier… soyez les bienvenu·e·s !!

Prochaines rencontres “Vers une véritable Démocratie Participative”

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Dialogue ouvert et sans tabou avec John Pitseys…ou quand un sénateur bruxellois se prête au jeu de répondre à toutes vos questions (ou presque) !

 Jeudi 19 mai de 17h30 à 1930 à Bruxelles (lieu à définir)

"Les élu·e·s n'agissent plus au nom de l'intérêt général", "Les élu·e·s sont imbu·e·s de pouvoir et ne pensent qu'à se faire réélire.", "C'est l'administration qui a le plus de pouvoir : les élu·e·s tournent, l'administration reste.",...

John Pitseys nous éclairera également de regard de chercheur académique sur des questions de sens de la démocratie participative : "La démocratie au nom de quoi ? Est-ce l'intérêt général qui prime, le bien commun ou la défense des minorités?", "quelle place peut-on réellement espérer pour la démocratie participative en Belgique?"...

Dans la série des rencontres "pour mieux comprendre la réalité de l'Autre", nous vous proposons un moment d'échange avec un nouvel élu politique, John Pitseys. Une occasion de mieux comprendre sa vision de la démocratie, d'écouter ses réalités d'élu, de partager nos ressentis et nos a priori.

--> Inscriptions  : https://forms.gle/6Q3WPufWoS8zd9iq9

EVENEMENT

DEMOCRAKWA ?! - Festival sur la Démocratie participative

Samedi 14 & dimanche 15 mai – Bruxelles

Rejoignez-nous au Festival "Démocrakwa", un festival consacré à la démocratie participative.

Durant deux journées, des concerts, des prestations culturelles et des ateliers pratiques et thématiques se rencontreront pour REdécouvrir, REpenser, REnforcer, REenchanter notre place de citoyen·ne·s, partenaires de la décision publique. Venez vibrer au son des percussions de SYSMO, apprendre à prendre des décisions collectives rapidement et efficacement avec Collectiv-a, dialoguer avec la présidente du Parlement francophone bruxellois qui a mis en place les commissions délibératives mixtes citoyen·ne·s et parlementaires, rire et vous émouvoir des prestations de stands-up et de slam sur le thème de la démocratie, découvrir le fonctionnement du budget participatif de la ville de Bruxelles, aider Eric Dumont à imaginer une nouvelle manière de prendre en compte les votes blancs aux élections en les convertissant en citoyen·ne·s tirée·e·s au sort, suivre la conférence gesticulée des déboires d'un parlementaire, comprendre comment fonctionne un budget communal par rapport à un budget de famille,... et encore une trentaine d'autres activités, le tout dans une ambiance festive et conviviale, autour de bons petits plats.

--> Plus d'informations via Periferia aisbl (Fanny Thirifays - fanny@periferia.be)

et Agora Brussels (Carole Rouquier - carole.rouquier@agora.brussels)

--> Envie de signaler votre intérêt, c'est ici. https://forms.gle/6Q3WPufWoS8zd9iq9

 

EVENEMENT

Marathon Participatif - "Co-construire des innovations démocratiques pour un Etat participatif !"

 Samedi 4 juin - Bruxelles

Participons à la 7e réforme de l'Etat pour une démocratie participative et directe en Belgique.

Les ministres Clarinval et Vanderlinden ont assuré que les citoyen·ne·s belges seraient associé·e·s à la réflexion préparant la 7e réforme de l'Etat et la révision de la Constitution. Pour y parvenir, iels ont décidé de mettre en place une plateforme de consultation en ligne, similaire à celle de GetUpWallonia lancée par le gouvernement wallon pour construire le nouveau plan de relance en Wallonie. Cette consultation est une manière bien limitée d'impliquer l'expertise citoyenne et les résultats seront traités par des programmes d'algorithmes !

C'est pourquoi Agora Brussels a imaginé un processus complémentaire pour adresser au gouvernement des propositions de dispositifs démocratiques innovants permettant de renforcer la démocratie participative. Six nouveaux dispositifs, déjà très élaborés, ont été identifiés. Durant une journée, ils seront présentés et mis en discussion avec des acteurs de la société civile (organisations - syndicales, mutualistes, académiques, sociales, etc. - et citoyen·ne·s) pour être affiné·e·s, débattu·e·s et renforcé·e·s. A la fin de la journée, les propositions améloirées seront présentées à l'assemblée présente et validées (ou non). Elles seront ensuite postées en ligne (via notre wiki demopart.be) pour les faire connaître et donner à chaque initiative la possibilité d’être soutenue par tout citoyen.ne ou tout autre collectif. Une stratégie de lobby pourra ensuite se mettre en place pour faire entendre ces propositions aux élu·e·s en charge de la réforme de l'Etat.

 

--> Plus d'info sur la proposition autour des BP : contact@periferia.be

--> Plus d'info sur le Marathon: michael.damman@agora.brussels

--> Envie de signaler votre intérêt, c'est ici : https://forms.gle/6Q3WPufWoS8zd9iq9

 

Dans le cadre de ce Marathon Participatif :

« Le Budget Participatif : une innovation à défendre au Marathon Participatif ? »

En vue de ce Marathon participatif, Periferia a été mise au défi d'élaborer une proposition pour inscrire les Budgets Participatifs dans notre constitution. Les expériences belges de Budgets Participatifs sont diverses mais la plupart ne conçoivent pas le BP comme un outil de démocratie participative, de transparence et de partage de la décision entre citoyen·ne·s et élu·e·s politiques.

Notre envie est d'identifier les principes fondamentaux qui garantissent qu'un BP, quelle que soit la forme qu'il prenne sur le terrain, renforce la démocratie participative.

Intéressé·e·s de prendre part à cette élaboration, signalez-le nous via contact@periferia.be

Vers une Université Populaire d’Ici et d’Ailleurs

Avec une quinzaine de collectifs, Periferia a pris part aux...
Rencontres des précaires d’ici et d’ailleurs, des gens de la rue et autres gueuX de la ville en capacitations.

Lorsque nous subissons l’exclusion et la pauvreté, nous sommes stigmatisés comme «sans voix», «invisibles», «incapables». Nos initiatives sont passées sous silence voire déconsidérées. Nous manquons de moyens pour nous rencontrer, nous renforcer, diffuser nos savoirs. L’Université populaire de la capacitation est une aventure imaginée pour lutter contre ce constat.

Elle cherche à permettre la rencontre entre des groupes qui tentent de sortir de l’urgence et de changer les choses. Croiser des récits, des personnes et des parcours ; mettre en lumière la diversité des manières d’agir, de s’organiser et de créer selon les territoires et les histoires.

Rencontre à Grenoble les 20, 21 et 22 octobre 2021

Premier jour : On visite, on se rencontre, on se raconte

La matinée a permis de visiter deux lieux du quartier de la rencontre. Une manière d’entrer dans le sujet des capacités d’organisation collective à travers deux thématiques très différentes : celle de l’accès au vélo et celle de la vie d’un quartier populaire autour de l’occupation d’un lieu vacant et la création d’activités autogérées par les habitants.
L’après-midi en plénière s’est centrée sur la présentation de chaque groupe. Ce tour des initiatives a permis à chacun de se raconter, avec comme fil conducteur les «victoires» obtenues pendant la pandémie.

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Deuxième jour : Quelles sont nos questions, quels sont nos sujets?


Les discussions se sont orientées autour des questions, préoccupations ou sujets de recherche que chaque groupe aurait envie de poser sur «la table commune». Après une matinée de discussions en plénière, de petits ateliers se sont formés pour creuser certaines thématiques : comment peser sur le politique et l’institution ? comment réfléchir à la notion de travail ? que signifie la notion de territoire ? comment lutter contre la fatigue ou l’épuisement dans les collectifs lorsqu’on est soi-même en précarité ?
La journée s’est conclue autour d’un dessin collectif de ce que pourrait être une Université populaire, à partir des capacités et des savoirs que chacun pourrait y partager.

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Troisième jour : Temps public - restitution et suite


La dernière journée a permis de partager avec d’autres Grenoblois les discussions lors du débat public « Parlons-en : précaires, chercheurs populaires ? ». Le débat s’appuyait sur «ce que nous savons faire» : les capacités, les compétences développées par les groupes dans les différentes villes. Une exposition a été mise en place à partir des dessins, photos, mots, affiches élaborés tout au long des journées précédentes pour alimenter le débat.

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Les réussites...

L’enthousiasme tout au long de cette rencontre a été marquant. La mobilisation nous semble déjà être un critère d’évaluation positif : 10 groupes venus de loin ont suspendu leurs actions durant trois jours pour se retrouver à Grenoble, et sont repartis avec l’intuition que quelque chose s’était produit et, pour la plupart, l’envie de se retrouver par la suite.

La diversité des collectifs nous a permis d’aborder des questions très diverses. Le sujet, volontairement très large, s’est finalement rapidement décentré. En partant des capacités d’action des précaires en temps de crise sanitaire, nous avons au bout du compte abordé des questions à la fois plus transversales et plus concrètes :

  • Les moyens matériels et financiers
  • Le salariat et le bénévolat
  • Le lien au politique
  • Le travail social et ses limites
  • Comment se faire entendre ?
  • La place des précaires dans l’espace public
  • La création de bulles de pouvoir
  • La dignité des personnes hébergées
  • Les femmes dans la rue et les quartiers
  • Faut-il se fédérer et autour de quelles valeurs ?
  • Veut-on créer notre propre table ? Renverser celle des institutions ?
  • ...


De nombreux fils de sujets potentiels pour l’Université ont ainsi été tirés. Mais pour ce premier essai, l’une des réussites essentielles nous semble être la découverte par les uns et les autres de leur existence. Le point fort de ces rencontres aura été le «faire connaissance», le partage d’expériences qui se construisent partout sur différents territoires, et dont le récit apporte de la force et nourrit l’envie de continuer à agir.

Les enjeux et envies pour poursuivre l’aventure de l’université

Rassembler, restituer, diffuser les premières traces de ces rencontres

Nous avons pu produire de nombreux supports : film, dessins, photos, cartographies, émissions de radio. Nous voudrions réfléchir à une manière de les rendre disponibles et accessibles pour que chacun puisse les partager dans son lieu, à son groupe et sur son territoire ; mais aussi créer un support commun qui permettrait de diffuser ces recherches au-delà des personnes qui y ont contribué.

Inventer d’autres étapes en 2022 : se rendre visite, maintenir les liens, imaginer des temps thématiques...

A suivre ...

HEPP – Huy, Espace Public Partagé

Constat Partagé

Démarche citoyenne en construction

Réactivation par l’usage / Pique-niques partagés

Réenchanter collectivement l'espace public

Module temporaire / Chantier participatif

La Ville de Huy est très belle, et pourtant les espaces publics existants n’y sont pas attractifs, il n’y a pas d’aires de jeux agréables pour les enfants alors que les adolescents et les personnes âgées ne s’y retrouvent pas non plus. Il y a un manque de convivialité dans l’espace public !
HEPP NOM PETIT

C’est le constat de départ d’un collectif de citoyen·ne·s qui s’est construit sous l’impulsion d’un tout petit groupe en fin de l’année 2018 et a très vite constitué un petit noyau solide de volontaires qui se sont réunis pour réfléchir à des manières de réinvestir l’espace public à partir des énergies citoyennes pour en faire un bien commun, approprié par tous et toutes, en faire un lieu d’interconnexion entre différents groupes sociaux, différentes générations, différentes cultures qui corresponde aux identités multiples de la population.

Début 2019, quelques réunions de réflexion collective autour des enjeux auxquels le groupe souhaite répondre ont rapidement débouché sur des envies de temps de réflexion ouverts mais surtout d’actions concrètes pour vivre le changement au fur et à mesure de sa construction et très rapidement. Une série de pique-niques spontanés ont été organisés pour investir les parcs, sensibiliser les habitants, interpeller, interroger, récolter la parole de toutes et tous, initier la création de messages communs, le partage autour des jeux, des discussions, de la nourriture. Ces moments conviviaux sont des moments d'échanges informels sur la question de l'espace public comme bien commun.

HEPP PikNik Event
HEPP PikNik Event2
HEPP PikNik Event3
Les prochaines étapes, en 2020 sont :
  • La réalisation d'un chantier participatif autour d'une construction temporaire dans l'espace public, une installation "pour tester" avec laquelle on souhaite proposer et expérimenter d'autres types/formes d'aménagements, poursuivre et accentuer la sensibilisation des habitants.
  • L'implication des élus politiques de la Ville dans le projet pour lui donner de l’ampleur et le coconstruire avec eux à l’échelle de la Ville !

Vous habitez à proximité de Huy ? Ce projet citoyen vous intéresse ? 

HEPP Bienvenue

« Je pense que ce qui est à la base de cette démarche c'est bien de réfléchir, expérimenter et mettre en place des actions pour améliorer la qualité de l'espace public à Huy, prouver l'importance de cet espace commun, le revaloriser en tant que lieu indispensable à la population et donc réfléchir aussi à : "comment interpeller/mobiliser aussi les responsables/décideurs politiques afin qu'ils prennent conscience de l'importance de l'espace public". Il s'agit bien de se réapproprier des questions généralement vouées à des "experts", ici on aimerait que la parole des habitants usagers soit pris en compte voire, à plus long terme, comment les citoyens peuvent avoir une place dans les processus d'aménagements des espaces publics. La dimension de réappropriation d'un espace, d'un bien commun, d'un savoir, des processus de décisions, est donc très importante --->>> se redonner du pouvoir d'agir. »

Véronique, Huy Espace Public Partagé

Micro-trottoir "Paroles d'habitants" : C'est quoi, l'espace public ?

Video réalisée par Paola et Oscar, Huy Espace Public Partagé

Vers une véritable Démocratie participative : prochaines dates

Depuis 2019, Periferia et Inter-Environnement Wallonie allient leurs forces pour animer, avec des citoyen·ne·s issu·e·s d'horizons très variés, un espace de renforcement de notre culture de la démocratie participative.

Nous avons vécu pas moins de 25 rencontres, autour d'expériences, de méthodologies et d'enjeux pointés par le groupe comme ressources pour y parvenir. Anne Thibaut d'IEW a rédigé deux articles qui balayent les sujets abordés et les messages que l'on en a tirés. Découvrez-les ici et !

Déçu·e·s d'avoir raté ces rencontres ? Pas de souci. La plupart des contenus sont disponibles sur la page du projet, à travers des vidéos, pwpts et comptes-rendus. Anne revient également sur les objectifs et les messages de la démarche dans une petite vidéo de 2 minutes.

Envie de participer aux prochaines rencontres ? Bienvenue à tou·te·s !

 

Prochaines rencontres

 

Samedi 12 février 2022 : - on vous l'annonçait depuis longtemps !! - au cours d’une journée de rencontre, nous explorerons le thème de la gouvernance au regard du modèle de la Spirale dynamique.

Basée sur plusieurs dizaines d’années de recherche et des milliers d’études de cas, la Spirale Dynamique cartographie huit « modèles du monde » appelés systèmes de valeurs ou niveaux d’existence. À chaque transformation significative de ses conditions de vie, l’être humain s’adapte pour faire face aux nouveaux défis auxquels il est confronté et reconsidère ses niveaux d'existence. Cette évolution se retrouve aussi bien chez les individus que dans les organisations, les cultures et les sociétés. Chaque niveau d’existence est caractérisé notamment par une conception du monde, un mode de pensée, un développement psychologique, qui lui est propre. Avec lui, le mode de gouvernance, la  structure sociale et organisationnelle, la manière de prendre les décisions, etc varient. 

Par exemple, la démocratie participative - mode de gouvernance parmi d’autres - est apparue très récemment dans l’histoire humaine : elle répond aux besoins d’une partie des citoyen·ne·s alors qu’elle ne parle pas du tout à d’autres. Comment dès lors fonctionner et décider ensemble? Comment prendre en compte la réalité et les niveaux d’existence dominants chez d’autres personnes … indispensable pour une véritable démocratie participative? La spirale dynamique nous offre une grille de compréhension de la complexité sociale particulièrement éclairante sur ces questions cruciales.

Au cours de cette journée, vous découvrirez les principes du modèle de la SD et les caractéristiques principales de chaque niveau d’existence. A l’aide d’exemples, nous explorerons  pour chaque niveau, différents modes de gouvernance, de structures sociales, de prises de décisions, etc. D’ici là vous pouvez consulter le site francophone de référence sur la Spirale Dynamique (www.spiraledynamique.com).

--> Rdv le samedi 12 février de 9h30 à 16h, à Mundo Namur, salle Okavango. (Présentiel)     

         Inscriptions ici.       ! Nombre de places limitées. Inscrivez-vous vite ! 😉 

 

Jeudi 24 février 2022 : nous vous proposons de partir à la découverte d’une nouvelle approche pour transformer la société et le monde, en tenant compte de leurs complexités : le Social Lab.

Lors d’une session interactive animée avec l’organisation Reos Partners, nous explorerons ce qu'est un Social Lab, comment l’organiser, et quels peuvent en être les effets bénéfiques.

Qu’il s’agisse d’alimentation, de dérèglements climatiques, de perte de biodiversité, de gouvernance.... les enjeux sont de plus en plus complexes et nécessitent une approche systémique qui intègre la diversité des acteurs concernés dans la recherche de solutions. Une de ces approches collaboratives, concrète et efficace, est celle du Social Lab. Un Social Lab est un lieu d'expérimentation et d'innovation sociale  où des personnes concernées, aux  profils variés, recherchent ensemble les causes profondes de ce qui ne fonctionne pas dans le système et collaborent pour élaborer et tester, dans le monde réel, des solutions aux problématiques identifiées.  

A qui s'adresse cette session ?

  • Des influenceur·se·s de différents secteurs (associatifs, publiques, économiques, recherche, ….) qui souhaitent explorer une nouvelle manière d’aborder des problèmes socio-environnementaux complexes et le faire avec diverses parties prenantes
  • Des citoyen·ne·s qui veulent transformer leur ville, leur communauté ou leur champ d’actions.
  • Des facilitateur·rice·s et agent·e·s du changement qui souhaitent apprendre à guider divers groupes en les confrontant à leurs blocages et en les aidant à les lever.

--> Rdv le jeudi 24 février de 13h à 15h en visio. Inscriptions ici.

 

Jeudi 17 mars 2022 : 2e session d'expérimentation du débat autrement - initialement programmée le 6 décembre 2021.

Les phénomènes de polarisation semblent se renforcer partout : végans contre carnivores, technophiles contre technophobes, médecine moderne contre médecine naturelle, etc, etc. Ce manque de nuances de gris est une menace pour nos démocraties : intolérance, censure, rejet du débat,... Le changement commence à notre échelle: Et si nous apprenions à débattre plus sereinement ?

Dans cette perspective, nous vous proposons un second rendez-vous pour aborder la question : "Face à l'urgence climatique, la violence militante est-elle incontournable ? ". Pour cette rencontre, au sujet volontairement controversé, nous expérimenterons la méthode du Cercle Samoan et nous testerons la méthode de la carte des arguments (pour en savoir plus, cliquez ici), grâce au soutien de Patrick Installé, membre du groupe, qui la pratique souvent. Merci à lui pour le partage !

--> Rdv le jeudi 17 mars de 17h45 à 20h30 à Mundo Namur. (Présentiel) Inscriptions ici.

       (Soupe offerte à votre arrivée, démarrage à 18h précises.)

NB : Sous réserve d’un nombre suffisant de personnes inscrites. N’hésitez pas à diffuser à tou·te·s les personnes intéressées par le sujet, surtout si vous ne partagez pas son opinion ! 😉

 

Avril 2022 : Aux armes, citoyen·ne·s ! Devenons des lobbyistes !…ou comment faire pression sur nos élu·e·s, par exemple pour que davantage de démocratie participative soit légalement rendue possible lors de la prochaine 7e réforme de la Constitution ? Découverte d’expériences et de pratiques de lobby citoyen et associatif pour s’inspirer. → Une expérience à partager, faites-nous signe ! Ecrivez-nous !

 

Contacts et informations :

Periferia aisbl                                                                                                                           
Fanny Thirifays                                                                                                                                               
fanny@periferia.be      ---> Pour vous inscrire à la newsletter de Periferia, cliquez ici

Inter-Environnement Wallonie
Anne Thibaut
a.thibaut@iew.be           ---> Pour vous inscrire à la newsletter d'IEW, cliquez ici.                                                                                                             

 

Penser le monde dans lequel nous voulons habiter

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Avec une soixantaine de jeunes de plusieurs villes et communautés en Bolivie, nous étions en novembre au mARTadero à Cochabamba. A partir de nos diversités de parcours, nous avons commencé à formuler des fondamentaux pour « le monde dans lequel nous voulons habiter »

 

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Placés sous le signe de « re-encuentros » (se retrouver à nouveau) après deux ans de pandémie et confinements, la question est centrale : comment la crise sanitaire nous oblige à repenser ce qui est central pour l’avenir et comment – avec nos différences – nous arrivons à définir des priorités. Des voix rarement entendues se sont exprimées : par écrit, en dessins, en dansant, sous la forme de rap… en soulignant particulièrement le besoin de repenser l’éducation (pour qu’elle soit plus intégrale, plus sensible et qu’elle permette le développement d’un sens critique), mais aussi la justice (pour qu’elle soit plus équitable. Et surtout le besoin impérieux de nous rencontrer autrement, comme des êtres humains porteurs d’initiatives qui sommes déjà en train de construire « ce monde que l’on veut habiter ».

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Les voix de quartiers de Lima pour « la ville que nous voulons »

De la même façon, avec des organisations de Lima, nous étions à San Juan de Lurigancho, puis à El Agustino pour échanger sur ce qui serait central pour penser dans quelle ville nous voulons vivre. A partir de rencontres individuelles, puis de dessins que nous avons rassemblés, nous avons formulé des messages. Le tout en musique et lors de rencontres marquées par les échanges humains.

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Quand les filles et femmes occupent le quartier ! – Contrat de Quartier Autour du parc de l’Ouest

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Periferia rejoint la dynamique du Contrat de Quartier Durable Autour du Parc de l'Ouest (à Molenbeek) afin de chercher à faire ressortir les besoins spécifiques des jeunes filles et femmes du quartier (peu présentes dans les espaces publics).

A partir d’ateliers d’expression du vécu, d’inspiration, d’expérimentation...chacun et chacune s’approprient les espaces publics du quartier et leurs équipements tout en prenant part à leur gestion commune.

Nous cherchons à mobiliser et inclure les filles et femmes dans les activités du quartier, les espaces publics et les espaces de décisions afin, à termes, d’adapter les futurs aménagements du quartier en vue d’une utilisation et appropriation par tou·te·s.

Co-écriture d’un livret avec le DAL de Tournai

Un livret qui retrace le parcours de locataires expulsé·e·s à Tournai et reprends leurs recommandations pour que cela n’arrive plus, à partir d’un travail d’écriture collective par les locataires, le Collectif DAL Tournai et deux de ses associations membres, le CIEP MOC Wapi et la maison d’accueil l’Étape et avec le soutien et la participation du Rassemblement Wallon pour le Droit à l’Habitat (RWDH) et de Periferia.

 

Demandez-nous un exemplaire papier !

Le PDF en ligne sera accessible prochainement

Extrait du préambule :

Cela aurait pu rester un drame humain comme on en connait beaucoup d’autres en Wallonie et ailleurs, un bâtiment insalubre, un propriétaire qui ne se soucie guère de ses locataires et des pouvoirs publics qui laissent faire. Jusqu’à ce qu’une nuit, un incendie mette 33 ménages à la rue. Une nuit qui entraine la mort d’une personne et chamboule également de nombreuses vies.

Cela aurait pu rester un fait divers, une énième démonstration d’une poli­tique de logement aux abois et dont les plus faibles paient le prix, deux voire trois fois.

Mais il en a été autrement. Pas une histoire de super héro·ine·s et de méchant·e·s, mais une succession d’actions et de mobilisations qui ont fini par payer et redonner un peu de dignité. Ce genre d’histoire qu’on ne raconte pas dans les journaux, mais qui fait la différence parmi l’indiffé­rence.

C’est ce qu’ont voulu raconter les personnes qui ont vécu de près ces évè­nements. Pour témoigner des nombreuses difficultés, mais aussi de tout ce qui a germé et de ce qui pourrait changer.

Le présent récit retrace l’histoire des locataires expulsé·e·s de leur domicile situé rue des Campeaux et Quai Saint-Brice à Tournai au mois de juin 2020 suite à un incendie et à un arrêté communal de fermeture.

Cycle Budgets Participatifs #2 – Vers la mise en place de Budgets Participatifs pour la rénovation du logement social en Wallonie

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Dans le prolongement du cycle 2019 sur les budgets participatifs, un deuxième cycle a vu le jour au cours du dernier trimestre 2020. En partenariat avec le Rassemblement Wallon pour le Droit à l’Habitat, nous nous sommes penché·e·s durant trois séances virtuelles sur les possibles liens et éléments d’inspiration entre budgets participatifs et logements publics en Wallonie.

Avec des acteurs et actrices du logement public, des associations actives sur les problématiques de logement et des citoyens de Comités Consultatifs de locataires,  nous avons exploré la notion de Budget Participatif et son lien avec la thématique du logement, pour en faire émerger les enjeux pour la Wallonie.

Yves Cabannes, expert international sur le sujet, a partagé plusieurs expériences d’autres continents pour nous aider à ouvrir le champ des possibles et à voir comment d’autres s’y sont pris.

A partir de là, plusieurs perspectives se dessinent : travailler sur les montants des charges payées par les locataires, mettre en discussion les investissements dans le logement public avec les premier·e·s concerné·e·s, envisager des connexions avec  les budgets communaux, etc. Et cela pour aborder les questions de rénovation des logements, d’amélioration des espaces communs, mais aussi des espaces extérieurs et de connexions entre bâtiments, voire le soutien à des initiatives économiques en lien avec le logement.

Au départ, l’idée de mettre en discussion les investissements prévus dans le plan de rénovation des logements publics avec les premiers concernés

Il s’agirait de proposer aux bailleurs sociaux qu’ils impliquent les habitants dans l’affectation des budgets de rénovation. Cela pourrait être un redoutable levier, non seulement d’amélioration concrète du cadre de vie des habitants, mais plus largement pour modifier la gouvernance et « mettre de l’huile » dans le fonctionnement des SLSP. L’implication des habitants pourrait aller jusqu’à des choix partagés sur les investissements ; tel est le défi des budgets participatifs.

Dans un secteur en perte de confiance (entre société et locataires) et d’image, à la veille de grands chantiers de rénovation indispensables pour rattraper la dégradation du bâti et améliorer les performances énergétiques, l’impulsion de telles dynamiques pourrait avoir des retombées positives à bien des niveaux pour toutes les parties prenantes.

C’est la proposition autour de laquelle le RWDH et Periferia souhaitent se pencher : que les locataires des logements sociaux concernés par ces rénovations puissent prendre part aux décisions quant à l’utilisation de ces budgets

Action Capacitation Citoyenne à Charleroi « Exprimez-vous ! : Et après ? »

RencontreKapa

En mars 2020, des citoyen·ne·s de Charleroi, Molenbeek, Namur, Watermael, Huy, Louvain-La-Neuve, Schaerbeek et bien d’autres avaient prévus de se retrouver lors d’une rencontre "(Em)brassons nos combats". Une occasion de se relier, de découvrir des initiatives et de partager nos luttes, combats et modes de faire pour en tirer du commun.

 

Arrêtée net par le confinement, la dynamique a finalement pris un format virtuel et permis de se croiser une dizaine de fois entre avril et octobre 2020, pour partager nos vécus de la crise sanitaire, nos coups de gueule, nos espoirs et nos craintes. Très vite, est apparue l’envie d’offrir cet espace d’expression à d’autres… et notamment aux plus isolé·e·s. A la veille du 2e confinement, une poignée d’entre nous sont ainsi parti·e·s à la rencontre d’autres citoyen·ne·s, dans les rues de Charleroi, pour les interroger sur « l’après Covid » en leur proposant d’adopter des lunettes différentes sur la situation : « Comment envisageriez-vous l’après Covid, si vous étiez premier·e ministre, si vous étiez un·e petit·e enfant, si vous étiez la plus grosse fortune du monde… ? »

Des échanges d’une incroyable diversité que nous avons captés de manière sonore ou par écrit et que nous vous proposons de découvrir ici. Si chacun·e a un vécu différent, un constat s’impose…en octobre, peu de citoyen·ne·s parvenaient à envisager un futur sans la Covid. Le constat d’une épreuve qui a plus que certainement marqué nos vies et modifié nos regards…

Cliquez sur les images pour entendre les témoignages !

« Après la Covid ? … On ne sait pas. Personne ne sait…

C'est pour les jeunes que ça va être dur. Vous savez, moi j'ai connu la guerre, et c'est après que ça a été pire… Ici ce sera pareil, c'est après que ce sera pire. Même socialement, on ne côtoie plus ses voisins :  ils parlent avec des gens à l'autre bout du monde via internet mais à moi, ils ne me parlent plus : Bonjour, Comment ça va ?... Moi, je ne vois plus personne…

Ma vie a été difficile, vous savez. D'un bout à l'autre. L’immigration, la guerre, l’après-guerre et ma santé. Les patrons aussi étaient durs avec nous, vous savez. A l'époque, il n'y avait même pas de syndicat. Point.

Donc c'est vrai, il y a quand même des choses qui vont un peu mieux pour les jeunes mais... je vous souhaite quand même bien du courage. »

(M. Di Lorenzo, 82 ans, immigré italien)

 « Après la Covid... ?  Ça serait une catastrophe !

Ce sera pire pour la santé et pour la santé mentale. De toute façon, je crois qu'on nous ment et qu'on nous donne des chiffres à la hausse pour nous faire peur. Je vous laisse car mon métro arrive. 

Au revoir… »

(Madame M., 21 ans)

« Pour moi, le plus important, c’est de s’occuper de la justice, des pauvres et des animaux…Mais…

S’il suffisait de le vouloir, alors je souhaiterais qu’il n’y ait plus de guerres et que tous les enfants puissent grandir heureux. »

(Madame Dhyon, une grand-mère qui se promène avec son petit-fils)

Une démarche menée par les membres de Capacitation citoyenne,

Et soutenue par les asbl C-Prévu, Fedactio, Periferia, Vie Féminine Charleroi-Thuin, le CEC et Centre Culturel l’Eden de Charleroi, ainsi que par la Fédération Wallonie – Bruxelles (Éducation Permanente)

Brussels Takes Care : un panel citoyen pour se réapproprier les questions de santé et de social !

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Aujourd’hui encore, trop de Bruxellois.es n’ont pas accès aux soins de santé et aux services sociaux dont ils ont besoin et sont rarement entendus sur ces questions.  Pourtant, s’il est bien une thématique qui nous concerne toutes et tous, d’autant plus en cette année 2020, c’est bien l’accès aux soins de santé et aux services sociaux ! Il était temps de se pencher sur la réappropriation de ces questions par les citoyen.ne.s.

C’est pourquoi Periferia avec 21 Solutions, Twisted Studio et JosWorld ont mis en place depuis l’automne 2020 une dynamique visant la participation des bruxellois·es dans la construction de recommandations politiques pour le futur plan intégré du social et de la santé de la région Bruxelloise. Cette démarche, initiée par le Ministre Maron est soutenue par l’Observatoire de la Santé et du Social et de la Commission Communautaire Commune.  

L'ambition du dispositif est de construire ce plan avec une diversité de regards : les professionnel·le·s de terrain mais aussi les citoyen·ne·s, expert·e·s de leur vécu afin d'identifier les différents besoins, d’évaluer les dispositifs actuels (expériences, obstacles) et d’imaginer ensemble des solutions concrètes à mettre en place.

Qu’est-ce que le bien-être pour vous ? Comment améliorer l’accès aux services sociaux et de santé ? Quels changements majeurs aimeriez-vous apporter ? Autant de questions qui permettront d’alimenter le débat sur l’avenir du social et de la santé à Bruxelles. 

Le futur plan régional se construit avec les apports de Bruxellois.es venu.e.s d’horizons très différents.  

Le processus de participation a débuté en septembre 2020 par une enquête en ligne, où différents thèmes ont été questionnés (accès aux services de santé, soins aux personnes âgées, santé mentale, accès aux droits sociaux...). En parallèle, des entretiens individuels et collectifs ont été organisés pour recueillir des témoignages citoyens.

Entre décembre 2020 et janvier 2021, un panel d’une trentaine de citoyen.ne.s qui représente la diversité des bruxellois·es vont travailler lors de 3 séances sur la formulation de recommandations qui seront directement adressées au politique. 

Le défi pour le ministre Alain Maron sera alors de  coordonner les efforts des différentes compétences politiques afin de parvenir à un plan intégré du social et de la santé. 

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PLUS D’INFOS : 

Site : https://www.brusselstakescare.be
Facebook : @brusselstakescare

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