HISTOIRES / Faire changer le regard sur le sans-abrisme avec le collectif C-Prévu à Charleroi

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Contacter C-Prévu :

Téléphone : 0499/22.66.79.

Mail : info@cprevu.be

Siteweb : www.cprevu.be

Page Facebook : @cprevu

Récit de Maurice Assez, Sandra Bullido-Iglesias et Jean-Mi Lamy

« L’aventure a débuté lorsque nous étions tous les trois à la rue… »

Jean-mi, Sandra et Maurice c’est avant tout une histoire d’amitié qui est née au sein de l’asbl Comme chez Nous (lieu d’accueil et d’accompagnement de personnes sans-abris). Ils s’engagent dans divers projets au sein de l’association dont l’écriture d’un livret sur les pratiques d’accueil et en octobre 2018, Jean-mi et Sandra partent pour Grenoble présenter leurs actions lors d’un « silence, on parle » .

« Quand on est situation de précarité, quand on vit une exclusion ou que l’on n’a pas accès à ses droits, on n’est pas assez écoutés ni pris en compte. Malgré les récits qu’on porte et les luttes qu’on construit, on a du mal à se faire entendre. «Silence! On parle!» est un dispositif pour porter ces voix dans la ville, interpeller les habitants et déclencher du débat avec les passants.»
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02_Silence, on parle
Cliquez ici pour voir la vidéo de leur intervention !
Une « claque dans la figure, on s’est dit que c’était ça qu’on devait faire à Charleroi ! »

Plusieurs choses se sont passées à Grenoble qui ont permis ce déclic : des échanges avec une travailleuse sans diplôme sur son parcours peu banal et la présentation d’une expérience lilloise autour de la pair-aidance à savoir mettre son expertise et savoir-faire au profit d’autres personnes qui vivent des expériences de vie similaires.

« On a pris conscience que l’on a pas besoin de diplôme pour montrer ses capacités et s’engager. »

De retour en Belgique, le groupe décide d’organiser un « silence, on parle » sur la nouvelle place fraichement rénovée de Charleroi pour remettre le sujet de la précarité au cœur de l’espace public !

« On sait que ce n’est pas du jour au lendemain que Charleroi va tolérer les SDF, mais il faut bien commencer quelque part, en abordant le sujet »

Une question de reconnaissance et de confiance en soi !

« A la rue, on se sent transparent. Même pire, on dirait que tu es une cible mouvante. Bien que tu sois habillé normalement c’est comme-ci c’était inscrit sur ton front. Sans-abris, la confiance en soi et la valorisation sont à zéro. Les rencontres avec Comme Chez Nous, Periferia et d’autres collectifs nous ont aidé à reprendre confiance tout doucement. On essaye de participer à un maximum de projets et ça nous fait changer tous les jours, on se sent exister et fiers que l’on pense à nous pour mener des projets. »

L’asbl comme un premier pas vers l’emploi pour reprendre confiance en soi et en ses capacités

« Je fais plein de choses que je n’aurais pas osé avant. »
« Le plus important ce n’est pas que quelqu’un ait confiance en toi mais que tu aies confiance en toi-même »

Aujourd’hui, bien qu’ils aient un toit, ils vivent encore dans des situations précaires et le chemin vers l’emploi est semé d’embuches… trop jeune, trop vieux, pas assez de diplôme, trop gros… les excuses ne manquent pas. Alors que les compétences, ils les ont !

Le meilleur moyen est alors de créer son propre emploi et cela commence par leur engagement au sein de l’asbl qu’ils prennent avec autant de sérieux qu’un travail. « Nous sommes des travailleurs bénévoles » (mise à jour du site internet, compte rendu des activités réalisées,  se tenir informés de l’évolution de la législation autour des ASBL, remplir des demandes de subside, arriver préparé au RDV…). Cela leur a permis d’être soutenu par le CPAS de Charleroi où dans le cadre du budget participatif, ils ont reçu un subside pour organiser « le silence on parle ».

Le soutien de CCN, de Periferia, du CPAS de Jumet, de la ville de Charleroi, autant d’éléments qui « renforce la crédibilité » de leur projet.

« Si la commune de Charleroi nous soutient financièrement c’est qu’elle croit au silence on parle, on devrait obtenir l’autorisation pour occuper la place »
« On voit bien qu’on pas des clowns, ce n’est pas une utopie c’est du solide ce qu’on est en train de faire »

Leur statut et engagement dans l’association est reconnu auprès du CPAS. Ils ne doivent pas justifier d’être en recherche d’emploi mais de s’occuper de l’ASBL (cela est repris dans leur plan d’insertion).  Et le CPAS les soutient dans leur projet, en mettant une salle à disposition.

« C’est pas évident mais on arrive à faire bouger les lignes, au sein de l’institution du CPAS ! »

 Une web radio pour donner accès à l’infos et changer le regard sur le sans- abrisme

L’autre projet de l’ASBL est la création d’une webradio diffusée sur Youtube et les lieux d’accueil à Charleroi.

Elle a pour but de faire passer plusieurs messages.

Tout d’abord donner des infos utiles au quotidien aux personnes qui vivent dans la rue (l’heure, les dernières actualités politiques mais aussi musicales, les adresses et heures d’ouverture  des lieux d’accueil à Charleroi, les droits que l’on a lorsque l’on est à la rue et qui sont bien souvent ignorés).

Mais également « faire changer le regard des gens sur le sans abrisme »,auprès des sans- abris eux-mêmes : « c’est pas parce que t’es à la rue, que t’as pas de qualification que tu es un moins que rien »et auprès du reste de la population, en combattant les préjugés à travers des reportages qui raconte la réalité des personnes qui vivent dans la précarité au quotidien, notamment face au marché du logement.

«  Quand on est au CPAS, il est très compliqué de trouver un logement. Les préjugés sont omniprésents : on ne va pas respecter le logement, on ne va pas payer le loyer… les processus pour obtenir un logement social sont trop long et aucune agence immobilière n’accepte de traiter les dossiers de personnes étant au CPAS »
« Tant que tu n’as pas connu l’expérience de la rue, tu ne sais pas que ce problème existe, qu’il peut toucher tout le monde car personne n’en parle. Et quand tu t’y retrouves, même ta famille change de regard sur toi, et coupe les ponts dans certains cas. »

 

Une démarche politique 

Pour Jean-mi, leur démarche vise à « faire changer l’opinion des dirigeants. On est des anciens SDF et regarde ce que l’on est capables de faire ».Il y a des moyens de se faire entendre sans être dans la provocation ou l’agressivité, en y allant en douceur.

Pour Maurice et Sandra, il s’agit avant tout d’un « appel aux citoyens ».Pour eux, le changement politique ne passera pas par les élus eux-mêmes mais par le changement de l’opinion publique. Les citoyens cesseront de voter pour des personnes dont les idées ne correspondent plus avec les leur.

Freins au changement

Pour eux, les freins au changement sont nombreux. Ils commencent par les procédures, la paperasse et la rigidité de l’administration.

Le deuxième est « le passé qui nous suit . On survit au quotidien mais on est pas sorti de l’auberge niveau endettement et logement ».

Un autre obstacle est la perte de confiance régulière en soi et au projet. « J’ai peur de me lever un jour et dire j’arrête tout ». Pour garder le courage, il est nécessaire de prendre soin les uns des autres tant au niveau santé qu’au niveau morale.

Mais Maurice garde comme leitmotiv «  à cœur vaillant, rien d’impossible »

L’origine du nom C-Prévu

  • Le grand C représente, pour nous, le C de Charleroi, notre ville !
  • Prévu est un message d’espoir, de changement. C-Prévu, ça va se faire, le changement est en route !
  • C’est également une petite boutade entre nous car, lorsque nous proposions un projet ou demandions une date butoir, la réponse était souvent : ”C’est prévu”.
  • Ce nom est une motivation, quoi qu’il se passe, il faut continuer à avancer et ne pas s’arrêter au premier obstacle.

 

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HISTOIRES / Faire changer le regard sur le sans-abrisme avec le collectif C-Prévu à Charleroi

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Récit de Maurice Assez, Sandra Bullido-Iglesias et Jean-Mi Lamy

Récit de Maurice Assez, Sandra Bullido-Iglesias et Jean-Mi Lamy

« L’aventure a débuté lorsque nous étions tous les trois à la rue… »

Jean-mi, Sandra et Maurice c’est avant tout une histoire d’amitié qui est née au sein de l’asbl Comme chez Nous (lieu d’accueil et d’accompagnement de personnes sans-abris). Ils s’engagent dans divers projets au sein de l’association dont l’écriture d’un livret sur les pratiques d’accueil et en octobre 2018, Jean-mi et Sandra partent pour Grenoble présenter leurs actions lors d’un « silence, on parle » .

« Quand on est situation de précarité, quand on vit une exclusion ou que l’on n’a pas accès à ses droits, on n’est pas assez écoutés ni pris en compte. Malgré les récits qu’on porte et les luttes qu’on construit, on a du mal à se faire entendre. «Silence! On parle!» est un dispositif pour porter ces voix dans la ville, interpeller les habitants et déclencher du débat avec les passants.»
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Une « claque dans la figure, on s’est dit que c’était ça qu’on devait faire à Charleroi ! »

Plusieurs choses se sont passées à Grenoble qui ont permis ce déclic : des échanges avec une travailleuse sans diplôme sur son parcours peu banal et la présentation d’une expérience lilloise autour de la pair-aidance à savoir mettre son expertise et savoir-faire au profit d’autres personnes qui vivent des expériences de vie similaires.

« On a pris conscience que l’on a pas besoin de diplôme pour montrer ses capacités et s’engager. »

De retour en Belgique, le groupe décide d’organiser un « silence, on parle » sur la nouvelle place fraichement rénovée de Charleroi pour remettre le sujet de la précarité au cœur de l’espace public !

« On sait que ce n’est pas du jour au lendemain que Charleroi va tolérer les SDF, mais il faut bien commencer quelque part, en abordant le sujet »

Une question de reconnaissance et de confiance en soi !

« A la rue, on se sent transparent. Même pire, on dirait que tu es une cible mouvante. Bien que tu sois habillé normalement c’est comme-ci c’était inscrit sur ton front. Sans-abris, la confiance en soi et la valorisation sont à zéro. Les rencontres avec Comme Chez Nous, Periferia et d’autres collectifs nous ont aidé à reprendre confiance tout doucement. On essaye de participer à un maximum de projets et ça nous fait changer tous les jours, on se sent exister et fiers que l’on pense à nous pour mener des projets. »

L’asbl comme un premier pas vers l’emploi pour reprendre confiance en soi et en ses capacités

« Je fais plein de choses que je n’aurais pas osé avant. »
« Le plus important ce n’est pas que quelqu’un ait confiance en toi mais que tu aies confiance en toi-même »

Aujourd’hui, bien qu’ils aient un toit, ils vivent encore dans des situations précaires et le chemin vers l’emploi est semé d’embuches… trop jeune, trop vieux, pas assez de diplôme, trop gros… les excuses ne manquent pas. Alors que les compétences, ils les ont !

Le meilleur moyen est alors de créer son propre emploi et cela commence par leur engagement au sein de l’asbl qu’ils prennent avec autant de sérieux qu’un travail. « Nous sommes des travailleurs bénévoles » (mise à jour du site internet, compte rendu des activités réalisées,  se tenir informés de l’évolution de la législation autour des ASBL, remplir des demandes de subside, arriver préparé au RDV…). Cela leur a permis d’être soutenu par le CPAS de Charleroi où dans le cadre du budget participatif, ils ont reçu un subside pour organiser « le silence on parle ».

Le soutien de CCN, de Periferia, du CPAS de Jumet, de la ville de Charleroi, autant d’éléments qui « renforce la crédibilité » de leur projet.

« Si la commune de Charleroi nous soutient financièrement c’est qu’elle croit au silence on parle, on devrait obtenir l’autorisation pour occuper la place »
« On voit bien qu’on pas des clowns, ce n’est pas une utopie c’est du solide ce qu’on est en train de faire »

Leur statut et engagement dans l’association est reconnu auprès du CPAS. Ils ne doivent pas justifier d’être en recherche d’emploi mais de s’occuper de l’ASBL (cela est repris dans leur plan d’insertion).  Et le CPAS les soutient dans leur projet, en mettant une salle à disposition.

« C’est pas évident mais on arrive à faire bouger les lignes, au sein de l’institution du CPAS ! »

 Une web radio pour donner accès à l’infos et changer le regard sur le sans- abrisme

L’autre projet de l’ASBL est la création d’une webradio diffusée sur Youtube et les lieux d’accueil à Charleroi.

Elle a pour but de faire passer plusieurs messages.

Tout d’abord donner des infos utiles au quotidien aux personnes qui vivent dans la rue (l’heure, les dernières actualités politiques mais aussi musicales, les adresses et heures d’ouverture  des lieux d’accueil à Charleroi, les droits que l’on a lorsque l’on est à la rue et qui sont bien souvent ignorés).

Mais également « faire changer le regard des gens sur le sans abrisme »,auprès des sans- abris eux-mêmes : « c’est pas parce que t’es à la rue, que t’as pas de qualification que tu es un moins que rien »et auprès du reste de la population, en combattant les préjugés à travers des reportages qui raconte la réalité des personnes qui vivent dans la précarité au quotidien, notamment face au marché du logement.

«  Quand on est au CPAS, il est très compliqué de trouver un logement. Les préjugés sont omniprésents : on ne va pas respecter le logement, on ne va pas payer le loyer… les processus pour obtenir un logement social sont trop long et aucune agence immobilière n’accepte de traiter les dossiers de personnes étant au CPAS »
« Tant que tu n’as pas connu l’expérience de la rue, tu ne sais pas que ce problème existe, qu’il peut toucher tout le monde car personne n’en parle. Et quand tu t’y retrouves, même ta famille change de regard sur toi, et coupe les ponts dans certains cas. »

 

Une démarche politique 

Pour Jean-mi, leur démarche vise à « faire changer l’opinion des dirigeants. On est des anciens SDF et regarde ce que l’on est capables de faire ».Il y a des moyens de se faire entendre sans être dans la provocation ou l’agressivité, en y allant en douceur.

Pour Maurice et Sandra, il s’agit avant tout d’un « appel aux citoyens ».Pour eux, le changement politique ne passera pas par les élus eux-mêmes mais par le changement de l’opinion publique. Les citoyens cesseront de voter pour des personnes dont les idées ne correspondent plus avec les leur.

Freins au changement

Pour eux, les freins au changement sont nombreux. Ils commencent par les procédures, la paperasse et la rigidité de l’administration.

Le deuxième est « le passé qui nous suit . On survit au quotidien mais on est pas sorti de l’auberge niveau endettement et logement ».

Un autre obstacle est la perte de confiance régulière en soi et au projet. « J’ai peur de me lever un jour et dire j’arrête tout ». Pour garder le courage, il est nécessaire de prendre soin les uns des autres tant au niveau santé qu’au niveau morale.

Mais Maurice garde comme leitmotiv «  à cœur vaillant, rien d’impossible »

L’origine du nom C-Prévu

  • Le grand C représente, pour nous, le C de Charleroi, notre ville !
  • Prévu est un message d’espoir, de changement. C-Prévu, ça va se faire, le changement est en route !
  • C’est également une petite boutade entre nous car, lorsque nous proposions un projet ou demandions une date butoir, la réponse était souvent : ”C’est prévu”.
  • Ce nom est une motivation, quoi qu’il se passe, il faut continuer à avancer et ne pas s’arrêter au premier obstacle.

 

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Pourquoi des histoires de changement ?

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Dans une époque de « désengagement », d’indifférence ou de banalisation des grands enjeux de société, étonnamment on rencontre un peu partout des citoyens, des collectifs, des associations qui se bougent et tentent de faire bouger les choses à leur niveau. Pourtant, ceux-ci n’ont pas toujours une conscience précise de participer, par leurs actions, à un processus de changement ou de transformation sociale… Une expression qui fait peur, nous dépasse, et semble chargée de multiples significations.

Pour permettre à chacun et chacune de s’approprier cette notion et prendre conscience de la portée de ses actions, nous sommes allés à la rencontre de plusieurs personnes et expériences en Amérique Latine et en Belgique avec le souhait de proposer une diversité de réalités et de manières de faire.

Une publication retrace nos premières réflexions sur le sujet avec l’analyse de quelques expériences que vous pourrez découvrir plus en détails sur cette page.

Cliquer sur les bulles pour entrer dans les différentes histoires de changement… chaque page regroupe des matériaux autour d’une expérience (textes, vidéos, podcast…).

Pourquoi Histoires de Changement ?

Des coopératives de logements au service d’un projet social et politique différent – des regards d’Uruguay et du Costa Rica

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Expérience du mouvement coopérativiste de logement en aide mutuelle en Uruguay

Par Gustavo González, Secrétaire Général de FUCVAM

Je suis Gustavo González, Secrétaire général de la FUCVAM (Fédération uruguayenne des coopératives d'habitation en aide mutuelle). Je me bats pour le logement depuis 43 ans dans mon pays et dans plusieurs pays d'Amérique latine. J'appartiens à un mouvement très particulier, celui du coopérativisme en matière d'aide mutuelle. Il naît de la classe ouvrière uruguayenne pour résoudre le problème du logement et a commencé à créer des quartiers basés sur une vie différente, collective. A ses origines, il était indissolublement lié au mouvement syndical uruguayen et, de là, il prend une série de décisions stratégiques en lien avec la lutte des classes. Le coopérativisme ne se limite pas au logement, mais plutôt, en partant de cette hypothèse de classe, il englobe les besoins à la fois de cette classe et d’un secteur spécifique de la société.

La fédération a un caractère corporatiste et politique : elle s'est développée comme un mouvement d’Uruguay et compte 560 coopératives dans un petit pays de 3 millions d'habitants. Nous sommes 30 000 familles, soit plus de 110 000 personnes, qui vivons aujourd'hui dans des quartiers de propriété collective, alors que la ville s’inscrit dans une perspective capitaliste qui défend la propriété privée. Notre mouvement a brisé ce système pour obtenir des quartiers ouvriers avec une propriété collective. Il a favorisé une lutte, une conquête et continue d'être une importante résistance qui va bien au-delà du logement. Nos quartiers sont caractérisés par une culture anti-hégémonique, avec tous les équipements urbains et collectifs au service d'un projet social et politique différent.

L’axe central est l'entraide pour les secteurs les plus modestes de la population, où nous travaillons et construisons nous-mêmes des logements qui rompent le schéma selon lequel il est nécessaire d'avoir des modèles pour vivre et subsister.

Un autre axe est l'autogestion, c'est-à-dire le contrôle politique des personnes sur leur propre projet et donc au-delà du logement jusqu’à l'ensemble du quartier, ce qui nous permet d’affirmer qu’il est possible d'avoir un gouvernement ouvrier demain. Et cela constitue une partie fondamentale d'un bloc populaire comme alternative au secteur dominant. Et avec les coopérativistes on trouve les travailleurs, les petits et moyens producteurs, les petits commerçants, le secteur du travail indépendant en milieu urbain, le secteur informel de l'économie. Les différentes formes de construction et d'appropriation populaire de l'habitat – pris dans son ensemble – constituent un bloc social qui questionne, critique et cherche la juste redistribution sociale de la richesse.

Notre axe transversal est la démocratie directe des travailleurs, l'assemblée générale en est l’organe suprême où toutes les propositions sont discutées ; par conséquent, nous ne croyons pas à la démocratie représentative, mais à la démocratie directe. Nous sommes, chaque quartier, les organisateurs du développement local, visant à consolider le tissu social existant ; et donc, nous avons une alliance permanente avec tous les travailleurs de la région, les syndicats de travailleurs, etc. Nous défendons avant tout l'indépendance politique des organisations de masse face aux partis politiques, à l'État et à l'Église.

Ensuite, l'autre axe qui est fondamental pour nous, c’est la question de la propriété, la propriété collective de nos maisons. Non pas pour avoir une place sur le marché immobilier sauvage, mais pour défendre l'utilisation et la jouissance du logement comme un droit humain fondamental de la vie. Nous sommes contre toute forme d'exploitation de l'homme par l'homme et contre toute forme de dépendance et de subordination entre les nations. La dimension internationale de FUCVAM nous a permis de connaître la réalité d'autres pays où le modèle s'est répandu : Paraguay, Bolivie, Honduras, Nicaragua, El Salvador, Guatemala, Mexique sous une forme iniciale, Colombie… De cette façon, nous avons démontré que c'est un modèle qui n'est pas national, mais qui s'adapte à tous ceux qui en ont besoin, de par le monde, dans leur lutte pour le logement. Pour nous, le logement n'est qu'un déclencheur pour générer ce qui doit être généré et pour que les travailleurs puissent mettre en œuvre une exigence historique qui leur revient en tant que classe, à savoir l'émancipation contre le système et pour un monde différent.

Cependant, toucher les secteurs les plus vulnérables constitue une grande responsabilité politique des organisations sociales plus solides. Il faut construire des ponts avec eux. Non pas pour faire à leur place ce qu'ils doivent faire, mais pour montrer que c'est effectivement possible. Par exemple, en Uruguay, nous essayons actuellement de nous coordonner avec les quartiers « irréguliers », c'est-à-dire avec les secteurs qui ont construit du mieux qu'ils le pouvaient. On les appelle incorrectement les "quartiers marginalisés". On leur propose de s’organiser aussi en coopératives.

En réalité, le mouvement populaire urbain en Amérique latine est beaucoup plus large que le nôtre des coopératives de logements. C'est de cela qu'il s'agit : travailler dans l'unité et respecter les différentes expériences. Nous croyons que nous sommes une alternative, pas la seule. Avec cette perspective, nous essayons de voir comment faire au Salvador : là-bas, les familles qui occupent les maisons abandonnées au centre-ville n'avaient pas la moindre idée de comment s’organiser. Nous sommes allés présenter l'idée de coopérative, ils l'ont reprise, et aujourd'hui ils sont organisés en coopératives. C'est la principale tâche, non ? Offrir des outils et laisser les gens s'en emparer, à travers l'autogestion, pour qu’ils les maitrisent, leur donnent du contenu et luttent pour cela.

Cliquez ici pour visionner la vidéo  en espagnol !

FUCVAM (Fédération uruguayenne des coopératives d'habitation en aide mutuelle)

 

 

Coovifudam

Mail : adrihongo@gmail.com(Adriana Rojas Ugalde)

Page Facebook : @Coovifudam-1113871898754789

De la transformation sociétale, plutôt que du changement social au mARTadero à Cochabamba, Bolivie

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Récit de Fernando Garcia du mARTadero (traduit de l’espagnol)

Quand je réfléchis à ces concepts à partir de mon parcours de vie et des expériences qui l'ont façonné, je sens que je dois d’abord célébrer en profondeur ce que je suis : je suis « intersiendo » à la croisée de nombreux êtres, je suis nous, je suis un être culturel et donc merveilleusement interdépendant, avec une brève existence entre passé, présent et futur, capable de donner sens à ces trois moments qui sont toujours liés et qui font l'être : en même temps être « nous », et être à la croisée de nombreux êtres « intersiendo ».

Et, d'une manière simple, je voudrais crier que, en "sentant-pensant" (sentipensando), je crois profondément que la transformation sociétale doit partir de la conviction qu'il y a d'autres façons possibles d'ÊTRE dans le monde. Des façons qui nous permettent de nous réaliser, de révéler nos potentialités, de célébrer la vie comme un incroyable privilège pour les sens, comme un don pour m'aider à grandir et à construire, mais aussi pour la nature comme une mère qui prend soin de moi et me donne ce dont j'ai besoin.

Sans avoir peur. Avec liberté. En harmonie. Avec beaucoup de vie et avec la conscience de ce que la vie implique. Et avec assez d'amour pour souhaiter cette condition pour tous les êtres, ce qui est exigeant et très engageant.

C'est davantage une transformation qu'un changement, parce que cela implique une appréciation et une considération de tous ces éléments sans substitution réactive, mais avec une appréciation créative. Elle est plus sociétale que socialeparce qu'elle exige de se concentrer sur les structures, les systèmes, les organisations et les autres constructions sociétales de la réalité qui, en tant que fruits et déclencheurs de l'action humaine, doivent rendre les choses possibles, plutôt que de les entraver.

J'ai l'immense chance de mener plusieurs boulots (divers et parfois très exigeants) que j'aime et qui me permettent d’apprendre chaque jour de nouvelles choses. Et surtout, de travailler avec et pour les gens. Le projet où j'ai le plus appris dans ma vie, et dans lequel je travaille depuis quinze ans est un reflet complexe de l'intersection de trajectoires de vies avec des événements historiques, mais aussi de lieux physiques avec des idées dynamisantes, et puis de scepticismes lucides avec des stratégies pleines d’espoir…

Le projet mARTadero, un vivier artistique, est né du paradoxe de vouloir transformer les infrastructures de la mort en espaces de vie (d’un abattoir – mataderoen espagnol – à un lieu culturel appelé mARTadero, mot formé en ajoutant un T au terme initial). Et une grande partie de ce que je peux dire de la transformation sociétale est en lien avec ce que j’y ai appris. La liberté est une construction progressive et collective, le résultat de processus de prise de conscience et d'interdépendance qui permettent de comprendre et de se comprendre, tout en refusant la peur comme mécanisme d’organisation.

Nous cherchons toujours à agir par l'intelligence collective, la capacité de lire la réalité tous ensemble pour prendre des décisions avec la flexibilité qu’exige ce monde changeant et fluide. Nous essayons de prendre soin, y compris de nous-mêmes, et d’encourager le travail collaboratif comme contact avec la réalité. Nous comprenons notre capacité à agir en société, à proposer, à avoir de l’incidence, à transformer. Pour nous aujourd'hui, c'est quelque chose de très concret, qui se manifeste dans les vies et les témoignages, dans les espaces et les symboles, dans les rues et les parcs, dans les règles et les lois....

Les collectifs de notre projet nous rappellent parfois que la chose la plus importante pour « être », c’est la conscience et l'organisation. Ainsi, il y a quelques outils spécifiques qui nous aident :

  • La fluxonomie – un mélange entre futurisme et nouvelles économies – qui nous aide à partir de l'abondance et non des manques, à construire avec des lunettes 4D qui nous permettent de penser et de comprendre la réalité (et chaque partie de celle-ci) comme un flux entre le Culturel, l’Environnemental, le Social et le Financier. Cela génère une vision élargie de l'économie, en partant d'une vision et d’une confiance qui rendent possible notre protagonisme grâce à l’action et la conscience que nous pouvons générer des transformations pour des futurs souhaitables.
  • L'autogestion et la souveraineté, qui permettent de travailler sans peur et avec liberté, sans soumission absurde ni préoccupation inutile. De cette manière, les alliances sont plus authentiques, plus claires et plus honnêtes.
  • L'utilisation créative de préfixes tels que co-, pluri-, multi-, inter-, hyper-, trans-, qui nous aident à déplacer des visions monolithiques, chargées de lourds héritages d’époques dépassées (et parfois, sans s'en rendre compte).
  • Le contact permanent avec l'art comme forme de connaissance capable de créer des mondes, de générer des récits, de transformer des vies et des contextes.
  • Les diagrammes visuels qui expriment de manière simple la complexité des décisions, comme l'organigramme des neurones, l'étoile des domaines créatifs, les sphères d’appartenances multiples, et bien d'autres…

Aujourd'hui, nous sommes un collectif opérationnel d'une quinzaine de personnes et un collectif élargi d'une soixantaine de personnes. Nous nous organisons autour d'actions, d'espaces, d'activités, mais surtout autour d'une vision de « pouvoir faire », d'être des citoyens actifs et créatifs.

Le bonheur (ou la réalisation de soi, comme nous préférons l'appeler) est une partie importante de notre organisation. Il nous permet d’évaluer si nous progressons comme êtres humains et ainsi de savoir si cela vaut la peine ou si notre vie nous demande des changements.

Le mARTadero a transformé la vie de chacun d'entre nous et nos manières de voir le monde, et donc aussi nos environnements et contextes. Nous le créons progressivement et collectivement, en prenant conscience de la merveilleuse interdépendance dans laquelle nous vivons, en prenant soin du passé, en célébrant le présent et en rêvant l'avenir avec la plus grande coresponsabilité et avec espoir.

Nous savons maintenant que la transformation sociétale à laquelle nous aspirons commence par la transformation de nos regards. Et pour cela, nous avons besoin de contextes et d'espaces qui le permettent.

 

Cochabamba, le 28 octobre 2019, au cœur d'un pays troublé par la tension entre des schémas de pouvoir et de démocratie dépassés et un sentiment naissant qu'un autre avenir est possible… et que chacun doit pouvoir le visualiser avec amour.

 

 

Projet mARTadero

Siteweb : www.martadero.org
Page Facebook : @proyectomartadero

Réponse citoyenne face à une urgence humanitaire avec La plateforme citoyenne pour les réfugiés (Belgique)

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Récit de l’expérience par Noémie Marchal, bénévole au sein de le Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés

« La plateforme est née en réponse à une urgence et au besoin de s’organiser autour d’elle pour proposer un service aux réfugiés qui sont là »

Été 2015, une vague de réfugiés qui fuient leur pays en guerre, arrivent à Bruxelles. L’absence de dispositif d’accueil pousse une centaine de réfugiés à camper dans le parc Maximilien, à proximité de l’office des étrangers débordé et en manque de moyens humains pour traiter les demandes.

En réaction à cette situation, des citoyens se regroupent et s’organisent pour apporter aux réfugiés une aide humanitaire de base (distribution de repas et de tente mais également projection de film avec le cinemaximilian).

Rapidement, de nombreux bénévoles rejoignent le mouvement et décident d’organiser un système d’hébergement d’urgence au sein de familles bénévoles d’abord uniquement pour les femmes et personnes malades puis pour l’ensemble des personnes qui occupent le parc.

Tous les jours, des bénévoles organisent le relais entre les réfugiés et les hébergeurs via des groupes locaux sur Facebook qui permettent un système de répartition des rôles (chauffeurs, hébergeurs, préparer à manger…)

En 2017, suite à une nouvelle vague d’arrivée de réfugiés (Soudan, Érythrée, Palestine, Irak), les rafles de policiers se multiplient dans le parc. La plateforme met en place une équipe de bénévoles qui viennent tôt pour réveiller les migrants et les inviter à quitter le parc avant l’arrivée des policiers.

La plateforme a un informateur au sein de la police qui les prévient de leur de passage des brigades.

Depuis, la plateforme a participé à la construction d’un Hub humanitaire à la gare du nord. Un espace de première ligne qui permet aux réfugiés de recharger leur téléphone, recontacter leur famille, avoir un accès aux services sociaux, s’informer sur leurs droits, rencontrer un médecin… mais également un Service d’information sociale et administratif (préparer les réfugiés avant leur entretien avec l’office des étrangers). En parallèle, la plateforme ouvre plusieurs centres d’accueil, qui permettent d’héberger plusieurs centaines de réfugiés et développe un groupe plaidoyer qui rencontre les communes pour les mobiliser dans le mouvement des communes hospitalières et faire passer le message que « le cout de la répression est supérieur à celui de l’accueil ».

« C’est une chose d’avoir accès à un service c’est autre chose de construire des relations humaines »

« La plateforme est née grâce à des citoyens lambda, hyper impliqués. »Il ne s’agit pas d’une initiative venant du politique, du monde associatif ou de mouvements de la société civile déjà organisée.

Elle regroupe des personnes de tout âge (étudiants, chômeurs, personnes âgées…) avec principalement des femmes. Plus les politiques migratoires criminalisent les réfugiés, plus les bénévoles sont nombreux et motivés dans leurs actions.  A chaque déclaration choc de Théo Franken (ancien ministre de l’intérieur d’extrême droite), une vague de nouveaux militants rejoint la plateforme.

Au fil des années, on voit que des liens très forts se construisent entre bénévoles et réfugiés : des hébergeurs qui sont devenus famille d’accueil pour mineur, des personnes hébergées dans la même famille depuis un an, qui ont la clé du logement, des relations d’amitié qui se créent, des hébergeurs qui donnent des contacts en Angleterre pour accueillir les réfugiés quand ils arrivent, visite de personnes qui sont détenus en centre fermé, au sein des centres d’accueil, les différentes fêtes nationales et religieuses qui sont célébrées (nouvel an Ethiopien, aïd…). Autant de liens qui se créent et de situations qui n’auraient pas eu lieu avec la prise en charge de l’hébergement par un service public. La spécificité du mouvement citoyen est d’agir au cas par cas. Il s’agit de relation d’humain à humain et non de service à réfugié. « Si tu connais personnellement la personne, tu fais jouer ses propres réseaux pour l’aider ». L’impact visible de la plateforme est certain, sans elle beaucoup de réfugiés dormiraient dehors. Mais l’impact est bien plus profond, « être considéré comme des êtres humains, respectés, se retrouver en famille, être accueillis ».La plateforme va au-delà des considérations purement matérielles, en ouvrant des espaces permettant aux réfugiés de retrouver leur identité, souvent niée tout au long de leur périple ou perdue dans des procédures administratives perçues comme déshumanisantes.

Cette expérience change également les bénévoles, « j’ai appris beaucoup sur plein de pays, sur le système belge »

L’État délègue ses compétences à un mouvement citoyen.

« Dans une grande partie de l’Europe, on voit une déresponsabilisation des États sur toutes les questions sociales. On fait ce que l’on fait parce que l’État ne le fait pas et on en arrive au point où l’État se repose sur nos actions et se déresponsabilise complètement de la question ».

En l’absence de dispositif d’accueil pour les réfugiés, qui serait normalement de la responsabilité du gouvernement fédéral, les régions et communes se reposent sur le travail de la plateforme et le soutien. Comme par exemple la Ville de Bruxelles via le CPAS (prêt de draps, aide pour le nettoyage) ou la Région Bruxelloise à travers un subside et la mise à disposition d’un bâtiment en occupation temporaire (Porte d’Ulysse).  Toutes ces actions permettent de contrer la politique migratoire mise en place à l’échelle fédérale.  En 2018, la plateforme crée une ASBL, reçoit un premier subside et recrute une vingtaine d’employés (gérant des bénévoles, cuisine, gestion du bâtiment). « Ce subside est la preuve que l’on est reconnu professionnellement ». La plateforme est devenue un acteur reconnu de la société civile, dont la voix pèse sur les questions de politiques migratoires.

Un engagement personnel

La plateforme est le résultat d’un réseau de solidarité qui s’est construit sur les hébergeurs bénévoles et s’est agrandit à des acteurs du monde associatif, des célébrités, des commerçants (don d’invendus, repas, lieu de dépôt). La plupart des majorités qui gouvernent aujourd’hui en Belgique sont complètement opposés aux actions de la plateforme. Mais à titre personnel des politiques mettent en place des actions pour soutenir la plateforme. Même si les institutions ne se positionnent pas officiellement en faveur de l’accueil des réfugiés, on voit des personnes en leur sein qui agissent pour défendre les droits humains : Des policiers informent sur les heures rafles des membres de la plateforme, des contrôleurs de la STIB ne contrôlent pas et font comme s’ils n’avaient rien vu.

Les transformations sociales : mouvements à contre-courant

Noémie décrit deux types de mouvements allant dans des sens opposés et qui avancent aussi forts l’un que l’autre.

« A une échelle très locale, les gens entendent parler des actions de la plateforme, que leur voisin à héberger un migrant, ça s’est bien passé et en même temps avec plus de recul qu’est-ce que ça change ? A l’échelle de la Belgique comme nous le rappelle les dernières élections en termes le racisme et d’islamophobie la situation empire. Mais également au niveau européen avec la criminalisation des ONG en méditerranée »

Récit collectif pour se rendre compte de ses actions et écrire une autre histoire du changement

 « On ne se rend pas vraiment compte des actions et impacts que ça provoque. Individuellement je pense j’ai juste hébergé quelques personnes chez moi, c’est pas grand-chose. »

Au premier abord, les freins à l’hébergement sont nombreux, la peur de l’autre, les moyens financiers, la peur de s’attacher, le manque de temps… et pourtant la plateforme récence sur son mur Facebook des centaines de témoignages qui montrent combien cette expérience et ces échanges sont riches.

Plusieurs de ces témoignages on était compilé dans un ouvrage (perle d’accueil) qui retrace des histoires d’échanges et d’accueil de l’autre. Un récit collectif qui participe à l’écriture d’une autre histoire

Contactez la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés
  • Mail : info@bxlrefugees.be
  • Siteweb : www.bxlrefugees.be
  • Page Facebook : @bxlrefugees

Donner la parole grâce au théâtre à ceux qui ne l’ont pas ! Avec la Compagnie Buissonnière

Publié le
Simon Fiasse, comédien-animateur au sein de la Compagnie Buissonnière nous parle de théâtre action et de la compagnie Buissonnière
Simon Fiasse, comédien-animateur au sein de la Compagnie Buissonnière nous parle du milieu carcéral et du spectacle Brèche(s)

 

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