La nuit de la démocratie et des territoires

Des dizaines de groupes réfléchissent en même temps à la démocratie que l’on souhaite sur nos territoires… tel était le défi de la « Nuit de la démocratie et des territoires » à laquelle nous avons participé le 12 décembre.
Les groupes ont travaillé à partir d’une interview de Jo Spiegel qui a été maire de la commune de Kingersheim pendant plus de 30 ans en Alsace. Il y raconte son parcours personnel, ses changements dans sa manière de penser son rôle et les dispositifs mis en place pour « décider ensemble ». Ensuite, au sein de petits groupes (5-10 personnes), chacun était invité à réagir sur ce qui l’a inspiré ou posé question et sur la manière dont il a envie de s’engager sur son territoire.
L’initiative est née des Localos et de l’association LIRES, des collectifs français qui explorent et expérimentent des démarches et des projets qui incarnent des alternatives crédibles et viables au système actuel, cherchant à promouvoir l’autonomie des individus et des territoires, une autonomie solidaire et ouverte, une démocratie active.
Nous nous sommes emparés de cette initiative pour nourrir le projet que Periferia accompagne dans le Sud-Ouest de la France, plus particulièrement dans le Pays Portes de Gascogne (territoire de 5 communautés de communes du département du Gers, avec une population de ±70.000 habitants). Ici l’enjeu est d’impulser une nouvelle dynamique participative où citoyens et élus puissent collaborer à l’élaboration et mise en œuvre d’un projet de territoire, basé sur les initiatives des citoyens et des équipes municipales.
A l’occasion de la « Nuit de la démocratie », nous avons animé cette soirée à l’échelle de ce territoire spécifique en mobilisant une dizaine de groupes, soit ±65 personnes parmi lesquelles une vingtaine d’élus, des citoyens et des membres d’associations.
En 2021, nous poursuivons la dynamique entre ces groupes pour soutenir – avec l’association LIRES et l’équipe du Pays – les initiatives qui ont émergé grâce à cette impulsion et au témoignage de Jo Spiegel.
A suivre...
Enfin, la « Nuit de la démocratie » a aussi donné lieu à un groupe belge qui s’est réuni avec plusieurs personnes qui participent à la dynamique « Pour une véritable démocratie participative ».
Pour aller plus loin :
- Le dernier livre de Jo Spiegel d’octobre 2020 : « Nous avons décidé de décider ensemble – une expérience de renouveau démocratique» aux éditions de l’Atelier
- Regarder l’interview de Jo Spiegel - via cet accès
- Utiliser le “kit de réunion” proposé par les organisateurs de la soirée (les Localos et l’association LIRES) - disponible ici












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Les auteurs constatent la multiplication des dispositifs de délibération (comités de sages, jurys de citoyens, conseils de quartiers…). Ces dispositifs visent à mettre en débat des décisions publiques habituellement contrôlées par les experts. Les auteurs reconnaissent l’écart entre ces dispositifs et la mise en place d’une véritable démocratie délibérative. Dans la philosophie politique, des auteurs comme Habermas considèrent que la délibération entre les citoyens devrait être ce qui constitue le cœur de la société politique. La délibération permettrait en théorie d’arriver à un « consensus raisonnable ».
Mémoire de Master de


Revue
Les expériences des Banca Abierta et du Concejo en los Barrios en Argentine diffèrent des expériences de participation habituelles en ce qu’elles permettent d’inclurent des citoyens ordinaires dans des sphères de pouvoirs traditionnelles. La première inclue la présence d’un citoyen ordinaire dans les conseils municipaux, pouvant faire remonter un problème et la seconde oblige le conseil municipal à se déplacer dans le quartier concerné par les questions qu’il traite lors de telle ou telle séance, permettant aux citoyens d’assister aux séances.
« A Ladder of citizen participation » est un article de la consultante américaine Sherry R. Arnstein, publié en 1969. Arnstein y élabore une échelle de la participation distinguant huit niveaux de participation. Cette échelle sert souvent, encore aujourd’hui, de cadre de référence pour évaluer la façon dont les pouvoirs publics informent les citoyens et leur permet de participer aux prises de décisions.
Les conseils citoyens, obligatoire depuis 2014 en France dans les quartiers prioritaires, ont pour missions officielles de co-construire la politique de ville et d’appuyer les dynamiques citoyennes. Léa Billen propose d’analyser le rôle du conseil citoyen dans le projet de renouvellement urbain du quartier Gagarine à Romainville, commune situé dans le département de Seine-Saint-Denis. Le conseil citoyen du quartier Gagarine a-t-il vraiment été au cœur d’une démarche de co-construction du projet ? Ou son rôle s’est-il limité à de la consultation sur des éléments techniques et non politiques du projet ? À partir de cette étude du PRU de Gagarine, Léa Billen interroge ensuite la légitimité du conseil citoyen, aux yeux des habitants concernés par le projet et aux yeux des institutions. Remarquant l’absence des collectifs engagés contre le PRU dans le conseil citoyen, l’autrice se penche enfin sur la place accordée à la contestation du projet dans ces conseils citoyens.


Ce rapport est le résultat de la mission menée par Marie-Hélène Bacqué et Mohammed Mechmache sur la participation des habitants dans les quartiers populaires. Les auteurs font état des problèmes que pose la politique de la ville menée jusqu’à maintenant, autant dans le domaine des services publiques, de la rénovation urbaine que dans l’image qu’elle donne des quartiers populaires. Ils prônent ensuite le recours à la participation comme moyen de réformer la politique de la ville.