Célébrer

Depuis que les pratiques d’intelligence collective se diffusent, l’appel à « célébrer » se fait omniprésent. « Il faut célébrer », « la dernière étape, c’est bien sûr la célébration ! ». Cela sonne comme une évidence… pourtant, force est de constater que si nous connaissons parfaitement les codes et attentes de célébrer nos anniversaires, les fêtes de fin d’année, une union ou une naissance, pour ce qui est de célébrer un processus collectif, on se retrouve souvent démuni·e·s.

Au départ de cette exploration, nous avions pour intention de partir à la rencontre de pratiques de célébration, originales, créatives et surtout ancrées dans les diverses luttes menées par des collectifs et organisations comparses. Notre premier élan était de nourrir d’autres acteurs et actrices de terrain en les éveillant à la multitude des formes de célébrations possibles (une intention toujours présente !). Mais, très vite, au fil de nos échanges avec les collectifs qui nous ont guidé·e·s dans ce cheminement, nous nous sommes rendu compte que, bien plus qu’une question méthodologique, la démarche de célébrer était jalonnée de nombreux questionnements, limites, voire tensions.

Elle mérite donc d’abord une exploration de ces questions de SENS et portée politique.
Au travers des expériences, questionnements de collectifs ainsi qu’avec l’appui des analyses de plusieurs auteur·rice·s militantes, nous avons décortiqué ces enjeux, tenter de déconstruire certaines idées limitantes pour finalement les dépasser

La représentativité : illusion utile ou contre-argument… 

Illusion utile ou contre-argument massue pour disqualifier les assemblées citoyennes ?

En abordant la question de la représentativité, nous avons souhaité tordre le bras à une critique trop régulièrement adressée aux dispositifs de démocratie participative reposant sur la constitution de mini-publics, comme les assemblées ou panels citoyens. « Les assemblées citoyennes ne seraient pas suffisamment légitimes pour influencer la décision politique… notamment parce qu’elles ne seraient pas ‘représentatives’ ».
Préjuger de la légitimité d’une assemblée citoyenne à l’aune du critère de représentativité est à la fois irréaliste, injuste et peu pertinent.

Irréaliste car comme mis en lumière dans cette étude, il est tout à fait illusoire de vouloir reproduire une « mini-société » dans une assemblée restreinte. D’une part, parce qu’un tel exercice repose sur le pari que recourir à une sélection de personnes selon des critères démographiques et statistiques (donc mesurables) entrainera un panel d’attitudes politiques diversifiées. D’autre part, la manière d’envisager les catégories sociales (pauvres-riches, femmes-hommes, jeunes-vieux) est empreinte de biais et de préjugés. Ce n’est donc absolument pas une approche neutre à l’aune de laquelle il serait possible d’affirmer une réelle « représentativité ».

Tout au long de l’étude, nous questionnons les enjeux placés derrière cette question de la représentativité, nous dévoilons les biais et limites qui parcourent les modes de faire les plus courants pour composer les panels. Nous exposons notre positionnement d’assumer une non-représentativité, porteuse de plus d’inclusion et d’équilibre des pouvoirs au sein des assemblées. Car au final, les véritables enjeux quant à la légitimité des démarches de démocratie participative se jouent  surtout dans l’articulation réelle que l’on veut en faire avec le système de démocratie représentative… et donc la volonté – ou non – d’en faire un outil, qualitatif et investi, de gouvernance publique.

Se rencontrer autrement

Les qualités dans les espaces Altoparlante

Des rencontres, nous en organisons beaucoup. Parfois, quand on en repart, on se dit « Ici, il s’est passé quelque chose ! ». Mais, en fait, qu’est-ce qui s’est passé ? Et qu’est ce qui était différent ?
Ce n’est pas toujours facile ou possible de l’exprimer avec des mots. Pourtant, on ressent cette profondeur, ce mouvement qui permet d’affirmer « Je ne suis plus tout à fait la ou le même ! », « Quelque chose a bougé en moi, autour de moi, entre nous, dans le monde... ».

A partir des expériences Altoparlante et Altofalante en Amérique Latine, nous avons eu envie de partager ce qui nous semble faire sens et être caractéristique de ces « autres manières » de nous rencontrer. C’est pour cela que nous parlons de qualités et c’est ce que nous partageons dans cette publication.

Chercheuses et chercheurs populaires

Pour des savoirs impliqués

Periferia, depuis sa création, cherche à créer les conditions pour que les premier·e·s concerné·e·s puissent s’exprimer et être écouté·e·s, à avancer avec elles et eux sans parler à leur place, ni tirer des conclusions déconnectées de la réalité de terrain. Dans cette étude, il nous tient à coeur de démontrer qu’en se basant sur les savoirs dits chauds (expérience, vécu), il est possible de produire une matière tout aussi précieuse, et surtout via un angle propre, qu’une recherche académique plus traditionnelle (et des savoirs froids, associés à une posture distanciée).

Dans cette étude, nous avons comparé 5 expériences distinctes, tant en termes de méthode que de public, de durée et d’objectif, dans lesquelles les participant·es ont été au centre du processus, afin de tirer des fils méthodologiques sur ce qui constitue une recherche participative et impliquée. Notre but est ainsi de montrer la force et la diversité des projets, ainsi que la force transformatrice qu’ils ont eu pour les chercheur·euses populaires qui les ont portés, et l’inspiration qu’ils peuvent constituer pour la société dans son ensemble.

Pas sans nous ! Épisode #5 : Les finances publiques au regard de la participation citoyenne

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Les finances publiques : un frein à la participation citoyenne ?

Le cinquième épisode de notre série de podcast « Pas sans nous » concerne la question des finances publiques et la difficulté qu'elle peut apporter à l’intégration des collectif citoyens qui s’intéressent à l’exercice du pouvoir. Avec la participation et l'expérience de la liste citoyenne Kayoux, représentée par Valérie Depauw et Géraldine Pignon, ainsi que de Fanny Thirifays, de notre équipe.

Retrouvez la transcription ci-dessous.

Internet, un espace public comme les autres ?

S’intéresser à l’espace numérique pour mieux comprendre ses enjeux dans l’espace public

Periferia s’est toujours préoccupée de rendre ses activités un maximum accessible pour tous·tes, en veillant à ce que la parole des personnes les plus exclues soient écoutée. C’est en s’intéressant de plus près à l’espace numérique, ses différents aspects et son fonctionnement que nous avons tenté de comprendre de quelle façon ces mêmes personnes étaient à nouveau confrontées à des formes de domination et de discriminations.

En nous concentrant sur la question « Internet est-il vraiment accessible à tous·tes ? », nous avons voulu pousser l’analyse en comparant les deux espaces :

  • L’accessibilité numérique : qu’est-ce qui rend internet accessible, ou plutôt « inaccessible » pour certain·e·s ?
  • La gentrification d’internet : peut-on vraiment parler de gentrification numérique ? Qu’est-ce que ça signifie ?
  • Comment protéger nos droits numériques : est-ce possible de le faire dans l’espace public ?

Cet article nous pousse à réfléchir quant à l'incidence que peuvent avoir les enjeux de l'espace numérique sur l'espace public, notamment en matière d'accès pour les minorités (par exemple dans nos procédures administratives).

Références

  • Le Code du numérique, une publication rassemblant des lois fictives réalisées par le Comité Humain en rapport à l'utilisation du numérique. Cette publication peut aussi être accompagnée d'un outil d'animation afin de reproduire un Parlement Humain.
  • Le livre "L’État numérique et les droits humains", d'Élise Degrave, Académie Royale de Belgique collection L’académie en poche, 2024.
  • The gentrification of the internet : How to reclaim our digital freedom de Jessa Lingel.

Pour aller plus loin...

  • Le cahier du numérique, publication de Citoyenneté et Participation : pour réfléchir aux limites et à l’avenir du numérique.
  • Black box, série de podcasts réalisée par le journal britannique The Guardian, concernant l’utilisation abusive de l’IA dans différents services (en anglais).
  • Le livre "Le procès", de Franz Kafka.
    Technocratie : quand les techniciens sont au contrôle d’un pays, comment fait-on pour reprendre le contrôle lorsqu’on l’a toujours laissé à d’autres ?

« La lutte pour une utopie »

Nous vous présentons la publication « Luttopia, Montpellier : La lutte pour une utopie » réalisée en collaboration avec l’association Montpelliéraine Luttopia qui accompagne des personnes sans domicile et des personnes en situation de précarité depuis 2014.

Ce livret retrace l’histoire des Utopias – de 001 en 2014 jusqu’à 004 aujourd’hui, en 2025. Il s’agit avant tout d’un travail d’écriture collective qui rassemble des témoignages, récits de vie, mais aussi des dessins et photos, portés par les personnes qui y ont participé de près comme de loin.

La publication est disponible gratuitement en version numérique via le bouton ci-contre.

Vous souhaitez recevoir le livre en version papier ?

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L’accueil du bas à Magdala

Le livret "L'accueil du bas à Magdala" est le fruit d'une collaboration d'une année avec l'association lilloise, Magdala. L'accueil de jour à Magdala, c'est avant tout un espace géré par et pour les personnes en situation de grande précarité.

C'est à travers le récit collectif de Danièle, Juliet, Mathias et bien d'autres, que nous découvrons de quelle manière a été mis en place l'accueil de jour chez Magdala à la suite de l'arrivée du COVID qui a bouleversé toute l'organisation du centre.

En plus des témoignages, viennent s'ajouter les flamboyantes aquarelles de Kat Dems qui ont fait l'objet d'une exposition au centre d'accueil. L'illustratrice a travaillé à partir des récits des narrateur·ice·s afin de raconter l'histoire du centre de jour auto-géré.

 

Source image : Periferia

« Faire la ville par et pour tou·te·s ses habitant·e·s » : réflexion sur trois approches de l’inclusivité

En octobre 2024, Periferia a accueilli Armance Flichy, une ingénieure urbaniste au sein de son équipe. Une collègue, à la fois technicienne de la Fabrique de la Ville  et « chevaleresse » du droit pour toustes et toutes d’y contribuer (droit à la Ville). Sa présence dans l’équipe a nourri des débats intéressants autour du terme trop usité d’ « inclusivité ».

A travers cet article, nous présentons les connaissances partagées avec Armance sur ces enjeux d’inclusivité, en mettant notamment en lumière trois approches aux pratiques et logiques bien différentes qu’il nous semblerait intéressantes d’intégrer davantage dans nos cadres d’analyse.

Le bon mot

Trouver le bon mot pour désigner des personnes…dilemme !

Chez Periferia, nous avons à cœur de questionner le sens de nos pratiques et postures. Nous tentons constamment d’être les plus justes, non excluants et ouvert·es afin que chacun·e se sente légitimes dans les espaces que nous créons ou animons.  Nous replaçons constamment nos actions dans une visée d’affirmation des droits de chacun et chacune.

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Paradoxalement, cela nous amène souvent à utiliser le terme de « citoyen·ne·s »  lorsque nous parlons de ces espaces ou dynamiques : participation citoyenne, droits citoyens, budget citoyen... Un terme pourtant aussi porteur d’exclusion. Nous avons eu envie de nous questionner sur ce terme et les alternatives existantes afin, peut-être, de mieux identifier LE bon mot…à chaque situation.

Vos retours nous intéressent !

Do Agora Yourself !

Agora.Brussels, c’est une histoire étonnante et audacieuse, une expérience qui a redonné une nouvelle tonalité à la démocratie en Région bruxelloise… et au-delà.

Pendant 5 ans, des citoyen·nes ont créé un mouvement et conçu une autre manière de mettre en œuvre leurs droits politiques : avec un élu, ils et elles ont permis que des propositions d’assemblées citoyennes soient débattues au sein du Parlement.

Un parcours incroyable qui s’est arrêté lors des dernières élections car il s’agissait bien d’une expérimentation pour montrer qu’une autre manière de faire politique était possible.

Si l’expérience s’est arrêtée, la démarche est toujours là et la publication que nous vous partageons en est le résultat. Arriver à raconter cette aventure d’un mouvement, d’assemblées citoyennes et de vie parlementaire a été une véritable recherche collective : recherche des bons mots et de la bonne structure, recherche aussi du sens précis de chaque étape.

Le résultat, c’est un document co-écrit, co-construit, dans lequel des dizaines de personnes se sont impliquées pour raconter, transmettre et donner envie à d’autres citoyen·nes de faire valoir leurs droits politiques.

Découvrez ici la publication et, si vous le souhaitez, la page https://www.agora.brussels/

Lisez l'article et découvrez les étapes méthodologiques qui ont amené à la construction de la publication.

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Vous souhaitez commander la publication papier au prix de 25€ ?

Vous pouvez commander la version papier de la publication Do Agora Yourself ! via notre formulaire en ligne. Veuillez nous renseigner vos informations personnelles telles que votre nom et si besoin, en cas de livraison, votre adresse.

À noter qu'il est aussi possible de commander un exemplaire de la publication en version néerlandaise (dans la limite des stocks disponibles).

La publication Agora est aussi disponible en néerlandais !

"Do Agora Yourself", een praktische gids om projecten in burgerparticipatie vooruit te helpen

De vzw Agora.Brussels is niet meer. Maar wie wil kan zich inspiratie opdoen om het gelopen traject. Ziehier daartoe:

"Do Agora Yourself", een praktische om projecten in burgerparticipatie vooruit te helpen.

Vertrekkend van het hart van deze beweging, volg een groep burgers die campagne voerden, een verkozene bekwamen, een burgerassemblée georganiseerde et de resulterende voorstellen van Brusselaars verdedigde in het Brussels parlement. Doorloop zes jaar van dit zowel op menselijk als démocratisch vlak gewaagde avontuur. Met de kritische blik van vzw Periferia et enkel Belgische academici. 

Pas sans nous ! Épisode #4 : Participation dans les quartiers

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S’il y a toujours eu des habitant·es qui ont tenté de faire entendre leurs voix et d’influencer leur vie de quartier, l’arrivée de processus participatifs venus des élu·es en Belgique remontent à peu près aux années 90.

Quelles-sont les limites de ces dispositifs de participation  pour penser une meilleure distribution des pouvoirs ? Quel lien entre élu·es et non-élu·es est souhaitable selon nous ? Pourquoi penser la participation au niveau d’un quartier ? Quel potentiel politique y a-t-il dans les collectifs ou comité de quartier ?

Retrouvez la transcription ci-dessous.

Jeu de cartes « Les questions qui ne laissent pas indifférent·e »

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Nous vous présentons notre nouvel outil d'animation "Les questions qui ne laissent pas indifférent·e". Le but de cet outil ? Mieux se connaître soi-même et les autres !

En effet, nous avons souhaité créer un jeu qui permettait de se rencontrer, vraiment et autrement. Pour ce faire, le jeu est composé de 90 questions ainsi que de cartes consignes. Un petit outil parfait pour créer des animations par exemple lors d'ateliers et qui, vous verrez, vous permettra de casser les hiérarchies, et de faire sortir les participant·e·s du cadre habituel.

À noter que les consignes sont proposées à titre d'exemples, et que vous pouvez tout à fait choisir de ne pas les suivre du tout !
Ou d'en rajouter/créer d'autres, c'est comme voulez...

Pour recevoir l'outil d'animation, envoyez-nous un mail à l'adresse contact@periferia.be.

Nous proposons un prix de 15€ (prix coûtant) pour l'outil. Néanmoins, n'hésitez pas à nous dire si ce prix est trop élevé pour vous et nous pouvons adapter le tarif.

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Le jeu de cartes d'animation comprend :

  • 109 cartes constituées de cartes : "Questions", "Comment ?", "Avec qui ?", et "Temps".
  • Un mode d'emploi à déplier
  • Un sachet avec cordons pour contenir les cartes

Mais d'où nous vient cette idée ?

Retrouvez la page d'instructions ci-dessous pour en apprendre un peu plus sur l'histoire de ce petit jeu de cartes.

Pas sans nous ! Épisode #3 : Capacitation citoyenne

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Cet épisode raconte la démarche « Capacitation Citoyenne », qui existe quasiment depuis l’existence de Periferia. En revenant sur des moments marquants de cette histoire, on explore les questions suivantes :

Quels groupes laissent des traces de leurs combats ? A quoi ça sert de se raconter ?

Comment, en tant que subalternes, issues de groupes minorisés, peut-on faire exister nos histoires, et les transmettre à d’autres ? Et enfin, comment se rencontrer, tisser des liens entre groupes minorisés ?

Retrouvez la transcription ci-dessous.

Pas sans nous ! – Episode #1 : Naissance de Periferia

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Dans ce premier épisode, vous entendrez comment Periferia a pris ses racines à Bruxelles, à partir d'expériences ménées au Brésil dans les années 1990. On y entend 3 des fondateur·rices de l'association, Eliana Guerra, Yves Cabannes, et Patrick Bodart, nous expliquer d'où l'idée est venue, pourquoi Bruxelles, et surtout, les intuitions qui continuent d'influencer nos manières d'être et de faire.

Bonne écoute !

Retrouvez la transcription ci-dessous.

Méthodologie

Pour accompagner ce premier épisode concernant la naissance de Periferia, nous proposons de partir de ce que nous avons identifié comme étant des manières de notre association d’inverser, ou du moins mettre en tension l’équilibre inégalitaire entre les centres (de pouvoir) et les périphéries.

Nous revenons ainsi sur 6 aspects de ce qui guide notre travail, qui chacun questionne les rapports de pouvoir favorisant le centre au détriment des marges, des personnes et des groupes laissé·es de côté, tant géographiquement que politiquement.

Chaque fiche présentée ici propose une façon de sortir du modèle hiérarchique centre-périphérie et est accompagnée de questions pour tenter de creuser ces enjeux dans vos contextes, vos projets, et avec les publics que vous accompagnez.

1. « Nada sin nosotros » : choisir les périphéries pour construire la ville

Construire la ville avec et à partir des périphéries plutôt qu’en partant des centres
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Les projets qui ont mené à la naissance de Periferia ont pris la direction de construire des « morceaux de ville », situés en périphérie, avec les personnes qui y habitaient. Il s’agit d’un moyen de contrer une logique technocratique qui veut que ce soient des expert·es, extérieur·es aux lieux qu’iels imaginent qui se chargent de penser des plans et de faire construire ces quartiers.

Au-delà de ça, il s’agit également de ne jamais faire « pour » des gens, sans elles et eux.

  • Connaissez-vous des expériences où des habitant·es de quartiers populaires / périphériques ont pu décider de l’aménagement de leur quartier ?
  • Avez-vous déjà pris part à la construction du territoire sur lequel vous habitez ?
  • La question de ne jamais faire « sans » les personnes concernées, comment se pose-t-elle dans vos actions ? quels défis cela pose ?

2. Inverser les liens entre l'Amérique Latine et l’Europe

Décentrer le « centre du monde » et la production de savoirs
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C’est une association brésilienne, le CEARA Periferia, qui a donné l’inspiration nécessaire à la création de Periferia en Europe. Faire venir en Europe des pratiques et des savoir-faires venus du Sud Global est une manière de rejeter le paradigme colonial encore bien ancré selon lequel l’Europe serait en « avance » sur le Sud et que le Nord aurait tout à lui apprendre.

Faire de l’Amérique Latine le centre d’où partent des savoirs et des expertises dont pourrait bénéficier l’Europe c’est décentrer notre regard, et faire un pas vers la décolonisation de nos savoirs.

  • Qu’est-ce que le fait de regarder cette carte du monde suscite en vous ?
  • Où vous situez-vous dans le monde ? êtes-vous habitué·e à ne pas être au centre ?
  • Où situez-vous les espaces de production des connaissances ? A quel point, vous inspirez-vous de ce qui s’écrit et se pense dans le monde non-occidental ?

3. Reconnaitre les savoir-faire et les pratiques : partir des savoirs empiriques

Partir de la pratique plutôt que de la théorie
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Un autre point abordé dans cet épisode est celui de la valorisation des savoirs empiriques, ceux qui viennent de nos expériences, de nos pratiques, et non de la théorie. Alors que nous avons tendance à partir de théories pour construire des projets, ou penser des solutions à des problèmes, il s’agit ici de partir de connaissances pratiques et de problèmes tels que les personnes concernées se les posent.

Il s’agit à nouveau de se décentrer, dans nos systèmes de pensées qui ont tendance à mettre sur un piédestal ce qui vient des intellectuel·les et théoricien·nes et à dévaloriser les connaissances pratiques des personnes marginalisées.

Sans dévaloriser les savoirs théoriques, il s’agit plutôt de ne plus hiérarchiser ces différents modes de connaissances et pouvoir passer de l’un à l’autre. Plutôt que d’invalider des connaissances pratiques si elles ne rentrent pas dans des théories, il s’agit de voir comment les expériences peuvent alimenter et renforcer les théories, et réciproquement.

  • Pensez à des expériences du quotidien où vous vous basez sur des savoirs pratiques et non théoriques pour résoudre des problèmes. Est-ce difficile à identifier ou pas ? Est-ce plus simple d’identifier une théorie (idée non remise en question) ou une pratique spontanée que vous faites sans savoir si cela se vérifie pour d’autres ?
  • Dans votre contexte, comment pourriez-vous valoriser les savoirs nés de l’expérience ?
  • Dans votre contexte, pourriez-vous facilement valoriser un apprentissage transmis par une personne marginalisée ? Devez-vous davantage justifier ou appuyer ce vécu que s’ils s’agissait d’une personne lambda ?
  • Comment pourriez-vous renforcer la construction de connaissances théoriques à partir de l’expertise du vécu des personnes concernées par des exclusions ?

Vous souhaitez lire la publication "Savoirs citoyens" ?
Vous pouvez cliquer sur cette image.

4. Expérimenter dans les périphéries, sans attendre des centres qu’ils trouvent des solutions

Des périphéries résilientes où d’autres possibles existent, face à des centres rigides et figés
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Face à l’idée répandue de centres progressistes, modernes et favorisant l’innovation, nous opposons une vision des centres comme reproducteurs d’inégalités sociales, territoriales, économiques… et des périphéries comme espaces qui, face aux difficultés vécues, portent un potentiel d’expérimentation, d’imagination de solutions novatrices et répondant directement aux problèmes rencontrés.

Sans romantiser la précarité ou l’exclusion, il s’agit plutôt de sortir de préjugés binaires sur les espaces non dominants (ruraux, populaires, …) : soit conservateur et rétrograde, soit intrinsèquement solidaires et chaleureux.

Nous pensons ces espaces comme ayant le potentiel de sortir de logiques dominantes desquelles ils ne profitent pas, habités par des personnes en capacité d’inventer constamment des plans B, des manières de résister et de (sur)vivre. Nous souhaitons partir de ces réalités pour penser de nouvelles formes d’habiter nos territoires.

  • Quelles représentations vous viennent en tête lorsque vous décrivez des personnes habitant dans les centres urbains et les valeurs qu’elles portent ? Et des personnes vivant dans les quartiers populaires ? De celles issues de l’immigration ?
  • Vous souvenez-vous de moments où ces représentations ont été contrecarrées ?
  • Connaissez-vous des manières de faire alternatives qui ont pu se développer dans des quartiers populaires ou périphériques pour résoudre des problématiques locales ?

Vous souhaitez lire la publication "Transformations soci(ét)ales" ?
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"A cidade que queremos", une publication disponible en portugais
Vous pouvez cliquer sur cette image.

5. Être extérieur·es aux initiatives pour les valoriser et pousser aux transformations

Periferia comme acteur périphérique des groupes accompagnés
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Dans l’épisode écouté, nous situons Periferia comme un élément étranger, décalé, un facteur exogène qui vient perturber les groupes accompagnés et ainsi tente de les faire avancer. En intervenant dans des groupes a priori étrangers à nous (parce que situés dans un autre territoire, milieu ou confrontés à des enjeux qui ne sont pas nécessairement les nôtres), nous voulons jouer ce rôle de facteurs exogènes menant aux changements sociaux. S’il est clair que les transformations sociales significatives ne peuvent être portées que par des personnes concernées, nous savons que nous poser en tant que soutien externe permet la valorisation du groupe (« on s’intéresse à nous »), la mise en lien avec d’autres (voir point 6.), et la mise à disposition d’outils réflexifs et d’action.

  • Introduire une tierce personne dans une dynamique implique de penser à la place de celle-ci : sa légitimité, son champ d’autonomie, les potentiels d’alliances ou de rupture dont elle est porteuse, etc. Comment abordez-vous ces sujets dans vos luttes, dans vos projets ?
  • Quelles place ou postures de personnes extérieures vous semble intéressante pour soutenir un groupe?

Vous souhaitez lire la publication "Se mettre en réseau" ?
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Cliquez sur l'image pour aller sur la page "Accompagner des dynamiques collectives"

6. Tisser des liens entre périphéries pour générer des nouvelles centralités « périphériques »

De multiples centralités interreliées plutôt qu’un système binaire et hiérarchique
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En faisant se croiser les groupes, et en tissant des liens entre des expériences, nous souhaitons favoriser l’émergence de nouvelles centralités, où les périphéries échangent et se renforcent en autonomie par rapport aux pouvoirs dominants, tout en conservant leurs manières de faire et richesses propres aux périphéries.

Créer des espaces de rencontre permet de s’inspirer de ce qu’il se passe ailleurs, et ainsi de faire se multiplier les espaces collectifs d’entraide, de soin, et de lutte face aux inégalités. Par-là, nous espérons également intensifier et renforcer d’autres manières d’agir, de construire des savoirs et de résister.

  • Vos projets sont-ils inspirés de visites ou de rencontres ?
  • Provoquez-vous parfois des rencontres improbables entre des groupes et personnes issues d’horizons et réalités très diverses ? Si pas, quelle rencontre de ce genre pourriez-vous expérimenter ?
  • Prendre du temps pour sortir de son quotidien et voir ce qu’il se passe ailleurs n’est pas toujours facile. Quand avez-vous l’occasion d’échanger avec des personnes impliquées dans d’autres luttes ou d’autres espaces ? Dressez la liste des sujets sur lesquels vous ne parvenez pas à avancer ou manquer d’inspiration : qui pourrait avoir rencontré ces mêmes questionnements ? qui pourrait avoir tenter d’y répondre ?

Coffret d’animation « Design Inclusif »

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Pour avoir accès au coffret d'animation (qui comprend le livret et les cartes de jeux), envoyez-nous un mail à l'adresse contact@periferia.be.

Nous proposons un prix de 10€ (prix coûtant) pour le coffret. Néanmoins, n'hésitez pas à nous dire si ce prix est trop élevé pour vous et nous pouvons adapter le tarif ou rendre certains exemplaires gratuits ! 

Vous pouvez lire la publication accompagnant le coffret d'animation en cliquant sur cette image :

Quand les discriminations s’expriment… (vidéo)

Quand les discriminations s'expriment dans l'espace public

En mettant en valeur des paroles trop souvent tues, cette publication cherche à souligner différentes formes de discriminations.

La vidéo ci-dessous présente des collectifs de citoyen·nes qui s’expriment publiquement autour des discriminations dans le quotidien (validisme, précarité, âgisme, sexisme, etc.) et aux intersections qui se situent entre elles.

Conscients de l’importance des formes d’animation pour prendre en compte et donner leur place aux discriminations, nous proposons une note (accessible ci-contre) qui accompagne la vidéo pour penser des animations plus inclusives.

Pour visionner la vidéo, c'est juste ici.

Pour des animations plus inclusives

👉 Vous pouvez retrouver le document destiné aux animateur·ices. Il s'agit d'un outil d'animation dont le but est de (re)donner la place à chacun·e dans l'espace public.

👉 Retrouvez également l'analyse "Quand les citoyen·nes exercent leurs droits de s'exprimer et...de faire ville!".

Pour aller plus loin sur le sujet de la discrimination

👉 La publication de Cultures et Santé"Discrimin'Action" - Repérer les discriminations pour les combattre.

👉 L'Anti-guide pour un secteur culturel plus accessible et plus inclusif, réalisé par Barricade.

La démocratie… va mal

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En 2022, Periferia s’est lancée dans l’aventure de CaP Démocratie : un collectif réunissant des citoyen·nes préoccupé·es par l’avenir de notre démocratie et désireux·ses de la renforcer. Au fil de nos discussions et pérégrinations sur les marchés et dans les festivals (pour collecter des signatures pour notre pétition), nous nous sommes rendu·es compte à quel point ce sujet de notre démocratie et de son affaiblissement continue d’intéresser les citoyen·ne,s mais reste un sujet complexe et peu clair.

 Nous nous sommes donc attelés, durant un an et sur base de nos échanges avec d’autres collectifs et défenseur·ses de la démocratie, à produire cette étude et explorer 3 socles importants:

  • D’abord, se doter d’une vision commune (mais pas trop complexe) des socles sur lesquels repose notre système démocratique :  « La démocratie »
  • Ensuite, à partir de critiques et faits régulièrement entendus, de pointer les mécanismes par lesquels notre système démocratique s’affaiblit : « La démocratie va mal… ?! »
  • Enfin, en analysant ces affaiblissements, nous tentons de mettre en évidence les comportements (de vigilance, de vote, d’implication, de contre-pouvoir) qui alimentent ces affaiblissements et/ou ceux que nous pouvons avoir pour les éviter ou les contrer : « En quoi ça me concerne ? »
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En complément de cette étude, nous proposons une série de fiches (qui continuera d’être nourrie par la suite) qui repartent de faits politiques récents et cherche à en analyser les conséquences au-delà de la thématique dans lesquelles elles s’inscrivent directement. Nous vous invitons à les explorer, voire même à les nourrir !

Fiches téléchargeables

Une recherche populaire

Durant toute l’année 2023, Periferia a accompagné le CAPEP, une association valenciennoise d’insertion sociale et professionnelle profondément ancrée dans des pratiques de développement du pouvoir d’agir. Leur slogan : « Agitateur de potentiels »

Le projet ? Un recherche populaire ! Une quoi ? Un processus de capitalisation et transmission de savoirs populaires « chauds » (en opposition aux savoirs froids et distanciés des approches scientifiques plus répandues). Nous sommes donc repartis de l’expérience et des témoignages d’une diversité de personnes en lien avec l’association : des personnes accompagnées et anciennement accompagnées, des professionne·les, des membres de la direction, des partenaires…

Sur quoi ? Après 50 ans d’existence, le CAPEP souhaitait faire un état des lieux de leur projet fondateur : en quoi le projet et les pratiques du CAPEP favorise le développement du pouvoir d’agir ? Quelles sont les conditions de ce développement ? Par quelles postures cela est-il favorisé ? Sur quelles pratiques cela repose ?… Autant de questions que nous avons exploré durant une année, lors d’ateliers mensuels menés avec un groupe mixte de chercheurs et chercheuses populaires.

L’étude sera disponible début 2024, dans une version illustrée que l’on a hâte de vous partager.
L’envie nous titille également de capitaliser autour de cette expérience, et d’autres, pour explorer davantage la démarche d’une recherche populaire. Qu’en dites-vous ?!?

Développement pouvoir d'agir - Solenn Bihan

Source image : © Solenn Bihan

(Re)Penser le mobilier urbain au prisme du genre

Depuis plusieurs années, Periferia accompagne des groupes de jeunes femmes pour mener une réflexion sur leur place dans l'espace public. Comprendre les usages genrés de cet espace (c'est-à-dire comment notre genre conditionne notre appropriation des espaces extérieurs), c'est à la fois questionner les rôles de genre, et les décisions concrètes qui déterminent l'aménagement de nos places, nos parcs, nos rues...

Le postulat de départ de cette publication est celui là : l'espace public, et le mobilier urbain qui le compose ne sont pas neutres. En effet, l'aménagement de cet espace est issu de décisions politiques et influence notre manière de nous déplacer seule·e ou en groupe, de nous arrêter (ou non), de nous sentir bienvenu·es ou pas.

A partir de 3 jours d'ateliers menés avec un groupe de jeunes femmes à Molenbeek, cet outil pédagogique retrace les méthodologies d'animation que nous avons employées pour penser les espaces publics et le mobilier urbain au prisme du genre.

En plus du livret comprenant une mise en contexte des enjeux liant le genre et l'espace urbain ainsi que des fiches méthodologiques, un coffret d'animation reprend des cartes de jeu et d'inspiration.

 

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