L’Assemblée Citoyenne de Charleroi

Fin 2025, Periferia a décidé de se lancer dans la conception et l’accompagnement d’un processus d’Assemblée Citoyenne Carolo en poursuivant une double envie : celle de défendre des démarches de démocratie participative à une échelle locale et celle de renforcer ses liens avec le territoire carolo.

 

Pour Charleroi, il s’agissait d’une tout première expérience avec ce type de dispositifs. Il a été mis en place par la Ville de Charleroi et la Maison de la Participation et des Associations (MPA) et mené avec Periferia. Ainsi, afin de rendre légitime ce processus d’assemblée délibérative, 51 carolos et 24 habitant·es des communes environnantes ont été sélectionné·es selon un échantillonnage le plus représentatif possible de la population en termes d’âge, genre et statut socio-économique.

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Suivant des principes de co-construction, délibération et égalité, inclusion et transparence, à travers 5 journées de travail - de novembre 2025 à avril 2026 – des habitant·es de Charleroi se sont donc retrouvé·es afin de répondre à la question « comment redynamiser le centre-ville de Charleroi ? ». Le fruit de ce travail a été une série de recommandations élaborées par les assemblistes et remises à la Ville de Charleroi. Les initiatives proposées visant à rendre le centre-ville plus agréable et accueillant mettaient en lumière les enjeux suivants :

- L’embellissement et la végétalisation de certains espaces

- L’accès à l’eau comme bien public

- La mise en valeur du patrimoine culturel et historique de la ville

- Une mobilité plus douce, inclusive et sécure

- Des évènements et activités pour tous·tes

- Un travail en réseau avec des acteur·ices locaux·les : habitant.e.s, étudiant.e.s, commerçant.e.s et associations

- Une jonction entre la ville basse et la ville haute

- Une attention aux usagers précarisés dans l’espace public, avec un accès à des toilettes publiques et une salle de consommation

Les habitant·es des tours Machtens s’emparent du Community Organizing

Depuis la décision prise par la Société du Logement de la Région de Bruxelles (SLRB) et le Logement Molenbeekois, en 2023, de démolir les deux tours de logements sociaux situées à Beekkant, les conditions de vie des locataires n’a cessé de se détériorer. Des appartements vides, des ascenseurs défectueux, des portes d’entrée cassées, les tuyauteries bouchées, des chaudières en panne…. Et de l’amiante !

Il est temps d’agir. Les logements Machtens rendent ses locataires malades.

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Source image : Periferia

Le besoin urgent de faire changer la situation a alors amené le Collectif d’Habitant·es Machtens (CHM) à s’emparer d’une méthode d’action politique efficace et concrète : le Community Organizing.

Au cours d’une formation donnée par l’Institut Alinsky sur cette méthode, le Collectif a pensé une action visant l’interpellation des décideurs et responsables –SLRB et le Logement Molenbeekois – dont la demande a été le relogement urgent des ménages fortement exposés à l’amiante.

En quoi consiste le Community Organizing

C’est une méthode d’action politique et sociale qui rassemble et organise des citoyens pour bâtir un pouvoir collectif, identifier des préoccupations communes et mener des actions/campagnes pour obtenir des changements concrets.Ce n’est pas simplement militer ou se mobiliser ponctuellement : c’est organiser durablement des citoyens pour construire un véritable rapport de force collectif.

Pour construire ce pouvoir, le Community Organizing propose quatre étapes :

  • ORGANISER
    • Rassembler = mettre en mouvement à partir des préoccupations concrètes ( qui s’organise ? pour changer quoi ?)
    • Structurer = Construire une véritable structure de pouvoir au sein d’une communauté (avoir un nom, des responsabilités, des règles de décision collective…)
  • REVENDIQUER = formuler des demandes claires (qui a le pouvoir d’agir ? )
  • AGIR = pour créer un rapport de force, exercer une pression graduelle
  • NEGOCIER = pour obtenir des résultats concrets
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Source image : Community Organizing

Négociation : on veut vivre dans des appartements qui ne nuisent pas à notre santé

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Source image : Periferia

A la demande du Collectif d’Habitant·es Machtens (CHM) , le 8 avril 2026, la Direction de la SLRB s’est rendue à Molenbeek pour rencontrer une délégation du CHM. L’enjeu a été d’obtenir le relogement urgent des locataires vivant dans des appartements insalubres, dont la présence d’amiante avait été constatée et communiquée officiellement en 2025.

Les Tours Machtens 1 et 3 accueillent encore 70 ménages parmi lesquels une trentaine est exposée à l’amiante, en plus de l’humidité et la surpopulation.

En amont de la rencontre, la délégation d’habitantes du CHM a préparé et structuré la négociation : des rôles stratégique assignés, entraînement à la prise de parole, s’exprimer au nom du collectif, formuler notre revendication da manière claire, comment ne pas se laisser intimider. L’idée étant de construire un rapport de force collectif pour que notre demande soit entendue. Ainsi, le jour J, les voisin·es de Machtens, des associations du quartier, la presse et d’autres locataires molenbeekois·e solidaires se sont rassemblé·es en bas des tours pour montrer leur désaccord et indignation face à la situation et obtenir des engagements clairs de la part des décideurs.

Avant de se mettre autour de la table, la délégation d’habitantes du CHM a fait visiter quelques appartements « malades » à la SLRB pour qu’iels puissent constater par elles/ eux-mêmes l’état catastrophique des logements.

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Source image : Periferia

Cette rencontre a porté ses fruits et la SLRB s’est engagée à reloger à court terme 18 ménages vivant dans des situations les plus difficiles.  Pour rendre cela possible, la SLRB avec le Logement Molenbeekois ont fait appel à la solidarité des autres Sociétés Immobilières de Service Public (SISP) dans la Région pour coordonner la mise à disposition de logements vacants.

Depuis l’action menée par le Collectif au mois d’avril, plusieurs échanges ont eu lieu durant l’été entre le Logement Molenbeekois et les locataires, garantissant le suivi et mise en route des engagements pris la SLRB.

La négociation pour obtenir le relogement de tous les ménages est donc toujours en cours : à la suite d’une réunion organisée par le Logement Molenbeekois, le 9 septembre dernier, les locataires de Machtens ont reçu d’avantage d’informations concernant le Plan de Relogement. Les locataires espèrent que ce plan tienne compte de leurs besoins et priorise leur bien-être.

La conviction, le courage et la solidarité du Collectif  d’Habitant·es Machtens a permis qu’une situation d’injustice soit réparée. Nous ne lâcherons pas tant que la maltraitance institutionnelle envers les locataires ne cessera et que chacun·e d’entre eux/elles ne vivra dans un logement digne.

Résistance – Episode #2 : Autodéfense rhétorique, en collaboration avec Radio Panik

Resistance podcast série

Découvrez prochainement le nouvel épisode de la série Résistance : Autodéfense rhétorique, en collaboration avec Radio Panik

Vous vous êtes sûrement déjà retrouvés face à cette situation : lors d’un débat, d’une rencontre, d’un dîner entre amis ou famille, quelqu’un sort un argument coup-de-poing que vous reconnaissez comme fallacieux, complotiste ou tout simplement en désaccord profond avec vos valeurs. On est connaît beaucoup d’exemples, qui fleurissent autant sur les plateaux TV que dans le cadre intime : « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde », « Les hommes et les femmes sont différents par nature », « Un Etat se dirige comme une entreprise », etc.

Mais pourtant, alors que vous vous opposez à cette affirmation, la discussion s’enlise. Votre interlocuteur s’énerve, parfois vous aussi, il refuse d’entendre vos arguments, vos sources, se sent attaqué, et vous en ressortez frustré.

A travers ce podcast, nous vous proposons de vous aider à mettre en place un cadre de débat sain et à répondre à l’argumentaire visé, sans mépris ni condescendance, mais avec précision, agrémentés de conseils argumentatifs apportés par des experts des domaines abordés. 

RENCONTRE « SANTÉ ET LOGEMENT : COMMENT REPRENDRE DU POUVOIR » à Charleroi

Moisissures, humidité, froid, mauvaise qualité de l’air, canicule… Nos logements nous rendent malades et nous tuent à petit feux. Ils abiment nos corps, nous empêchent de dormir, de recevoir des ami.es et nous sentir en sécurité. Souvent, on se sent seul.e et impuissant.e. On nous renvoie à notre « responsabilité », on nous accuse de « ne pas aérer assez », d’être négligent ou simplement de « partir si on est pas content.e ».

Sante et logement Charleroi

Source image : Canva

S'organiser ensemble pour retrouver du pouvoir

Pourtant, un logement qui rend malade, c’est une question collective et politique. Derrière les logements « malades », il y a la négligence des bailleurs, des pouvoirs publics. Il y a une recherche de profits. Il y a des lois et des décideurs… qui ont décidé de ne pas agir, ou au contraire, commence à agir.

En France et en Belgique, on est nombreux.ses à  montrer qu’il est possible de faire autrement. Cela passe par le fait de s’organiser, enquêter, rendre visibles les problèmes, construire un rapport de force et obtenir des changements à travers des syndicats de locataires, des collectifs ou des campagnes

Une journée pour échanger et partager nos expériences autour de la santé et du logement

Le vendredi 9 octobre 2026, on se retrouve à Charleroi pour partager des histoires de nos luttes, se former et surtout comprendre comment des habitants et habitantes peuvent transformer des problèmes individuels de logement en mobilisations collectives. Et gagner des victoires qui donnent de l’espoir !

A partir d’expériences françaises et belges, on partagera nos méthodes qui fonctionnent et on réfléchira ensemble à la manière de construire des luttes qui permettent réellement aux personnes concernées de reprendre du pouvoir sur leur logement et sur leur santé.

Une rencontre Capacitation Citoyenne, organisée par le Rassemblement Wallon pour le Droit à l’Habitat, Carolocataires Ensemble, le syndicat Lune, Periferia, le DAL Tournai, APU du Vieux-Lille avec le soutien de la Fondation pour le Logement des Défavorisés (France).

Inscrivez-vous dès à présent !

Pour plus d'infos

Le programme de la journée sera publié prochainement.

Plus d’informations ? Des questions ? Arnaud Bilande – bilande@rwdh.be - T.:0472 207 347

https://rwdh.be/

Là où la gentrification détricote, les syndicats de locataires resserrent les mailles

Exemple de résistance des habitant·e·s d’un quartier populaire de Namur

Dans une ville, et un pays, où le paysage politique repose de plus en plus sur des logiques budgétaires et de désinvestissement dans les politiques publiques, notamment du logement, les discriminations économiques et sociales qui en découlent mettent à mal les plus vulnérables.

Au travers des expériences des habitant·e·s du quartier Saint-Nicolas, à Namur, nous voulons vous partager les actions et victoires d'un quartier face aux enjeux de la gentrification ainsi que la mise en oeuvre du syndicat de locataires LUNe.

Le syndicat se réunit tous les premiers mercredi du mois, à 18h dans le local de quartier à la rue Ponty.

Découvrez Radio Kawa, la nouvelle voix du quartier Saint-Nicolas !

" L'émission la plus écoutée de la République libre du Quartier de Saint-Nicolas à Namur "

Cette émission est née d’une belle aventure collective menée par un groupe composé d’habitant·es du quartier et de représentant·es d’associations au départ du Groupe d'Action Communication. Pour cette première édition, le groupe a choisi d’aborder un sujet essentiel : le logement.

Dans cette émission, la parole est donnée à celles et ceux qui vivent le quartier au quotidien, ainsi qu’aux personnes engagées qui tentent de faire bouger les choses.

🎧Ecoutez l'émission via ce lien

Pour aller plus loin...

Pour en savoir plus sur l'histoire sociale du quartier Saint-Nicolas, la mise en place de la concertation de ses habitant·e·s, et la création de l'asbl Coquelicot, cliquez sur le document ci-dessous.

L’expo Fourch’ETC

La Fourch’ETC, groupe de recherche populaire autour de la précarité alimentaire

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De septembre 2024 à février 2026, des personnes faisant partie d’initiatives belges et françaises agissant pour l’accès à une alimentation digne, ont pris le temps de se rencontrer et de se questionner sur comment lutter contre la précarité alimentaire dans nos villes, villages et campagnes.

Afin de tenter d’y répondre, les collectifs se sont invités les uns les autres dans leur territoire dans l’idée de croiser des expériences, des regards, des obstacles mais aussi des capacités à faire autrement, que ce soit dans la distribution alimentaire, les caisses sociales de l’alimentation, les cantines solidaires ou les fermes collectives.

Le résultat de ces rencontres riches et précieuses a pris la forme d’une Expo inaugurée à la mi-février 2026, au Lîeu des habitant·es de la rue et de la ville, à Grenoble. Ce format a été choisi par le groupe car il laissait la place aux différentes traces produites le long de la démarche (photos, textes collectifs, podcasts, vidéo, collages, livrets …) que l’on souhaitait partager au-delà de la Fourch’ETC. Cette Expo a alors été conçue pour être itinérante et voyager entre les différents lieux des collectifs, de Grenoble à Namur en passant par Cavaillon ou Paris.

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L’Expo, étape de restitution

Au vernissage public de l’exposition, étape forte de la démarche, une soixantaine de personnes se sont rassemblées. Les visiteur·euse·s ont été accueilli·e·s par les participant·e·s pour une visite guidée à travers les différents espaces de l’exposition : Le coin-cocon « Prendre soin », la Fresque de la démarche, l’Exposition des grands textes thématiques, les Cabines de visionnage des capsules vidéos, les Cabines téléphoniques d’écoute de podcasts, l’Affiche des collectifs, les Présentoirs des livrets "Récits Croisés"... Une vidéo racontant la démarche a également été projetée, et a servi de support à un échange avec le public.

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Suite des échanges

Le lendemain de l’inauguration, des discussions se sont poursuivies autour d’un « Banquet populaire » sur les cantines solidaires et la valorisation animée par la cantine Terrain d’Entente ; un atelier de co-développement animé autour des enjeux d’épuisement individuel ; un débat sur les liens à la terre animé par La Ferme Noire, Le Jardin Levat et La CLASS - La Caisse Locale de l’Alimentation Solidaire de Schaerbeek.

Et pour clôturer ces discussions et rencontres, nous avons assisté à la représentation de la saynète « La distribution alimentaire – Marre de ramasser les miettes ».

Les chercheur·euse·s populaires du groupe Fourch’ETC souhaitent continuer à se rencontrer pour aller plus loin dans la construction de nouvelles manières de faire et d’agir collectivement pour faire société ensemble.

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Source images : Periferia

Le projet a pu être réalisé grâce à un financement de mobilité européenne Erasmus + et un soutien de la FWB dans le cadre de l'Education Permanente.

Cap Démocratie à Namur – Les gueux ont remis leurs doléances

L’un des combats pour favoriser l’implication des citoyen·ne·s dans les prises de décision du collectif Cap démocratie, que nous suivons depuis des années, est l’instauration d’une deuxième chambre consultative au Parlement Wallon, constituée de citoyen·ne·s tiré·e·s au sort.

En 2023, le collectif avait rassemblé des signatures dans le cadre de l’article 130bis. Celui-ci stipule que si les citoyens adressent une proposition soutenue par au moins 2000 personnes, le Parlement wallon est dans l'obligation de l'examiner.

Suite à cette demande, le Parlement wallon avait décidé de mettre en place une commission délibérative mixte de 30 citoyen·ne·s tirés au sort et 10 élus. Ces derniers avaient pris le temps d'étudier la question : il s'agissait d'une opportunité pour mettre en place une deuxième chambre. Quant à la commission délibérative mixte, qui s’était réunie 6 fois entre octobre 2023 et février 2024, elle avait remis un avis favorable, approuvé par tous les partis.

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Mais depuis, plus rien. La faute, partiellement, à un changement de la composition du Parlement wallon. Mais ce n’est pas une explication suffisante. La démocratie est un processus sur le temps long, et les initiatives citoyennes ne sauraient être mises de côté après cinq années passées.

Cap Démocratie ne s’est pas laissé abattre pour autant, et s’est saisi de l’article 127 qui permet d’interpeller le Parlement wallon à condition de rassembler 1000 nouvelles signatures. Une impression s'est fait sentir, celle de devoir faire une nouvelle demande pour obtenir l'attention des élu·e·s. On pourrait ainsi dire que le processus a donné le sentiment au collectif qu’iels étaient des gueux venus quémander l’attention de grands seigneurs.

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Source images : Periferia & Cap Démocratie

Ce mercredi 8 avril, c'est avec cette idée que Cap Démocratie est donc venu déposer les signatures requises pour l’interpellation du Parlement, mais pas n’importe comment : déguisé·e·s en gueux du Moyen-Âge afin de montrer qu’ils ne se soumettaient pas de bon coeur à toutes ces démarches nécessaires à un simple dialogue citoyens-élus !

La procession, qui a débuté Place d’Armes à Namur, a parcouru le chemin jusqu’au Parlement, agrémentée de discours, de chants et de l’intervention d’un bouffon acrobate, venu revigorer la flamme de la démocratie participative dans les coeurs de nos concitoyen·ne·s.

Cap Démocratie continue donc le combat et poursuit son projet de chambre consultative citoyenne !

Soirée « Liens de Résistance » le mercredi 22 avril

Periferia vous invite à l'événement Liens de résistance, organisé en collaboration avec Agir pour la paix.

Le format sera... un Speed dating de collectifs ! Un événement à l’attention de tou.tes citoyen.nes et collectifs engagés qui veulent partager et se rencontrer.
Les collectifs invités nous présenterons leur lutte ainsi qu’un panel variés d’actions inspirantes en vue de remporter des victoires sociales et environnementales.

Pourquoi ?
Aujourd’hui, il est plus que primordial de favoriser les liens entre les collectifs et aussi avec les citoyen.nes pour se mobiliser collectivement et échanger sur des méthodes d’actions pour le changement social.

Pour qui ?
Tout le monde ! Expérimenté·e ou simplement curieux·se, bienvenue !

Inscriptions souhaitées via ce formulaire

Lieu : Maison de la Paix : rue Van Elewyck, 35, 1050 Ixelles. (⚠️Bâtiment non accessible au PMR).

Date : Le 22 avril de 18h à 21h.
Accueil à partir de 17h30

Entrée et grignotage gratuit !

Community Organizing – On est ensemble

Récemment, Periferia a rencontré l'association camerounaise On Est Ensemble qui oeuvre à l'action communautaire par le Community Organizing. L'association est active à Douala et Yaoundé, où elle organise les communautés pour transformer leurs conditions de vie et arracher des victoires concrètes : accès à l'eau, l'électricité ou la santé, lutte contre l'accaparement des terres, amélioration des conditions de travail..

L'association met en place différentes initiatives pour défendre les intérêts des citoyen·ne·s afin :

  • d'améliorer la qualité de vie de chacun·e ;
  • permettre l'inclusion sociale ;
  • permettre le développement économique local ;
  • et protéger l'environnement.

On Est Ensemble se mobilise à la fois dans du travail sur le terrain et sous forme de campagnes citoyennes dans le but de renforcer la solidarité entre différentes communautés.

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Méthodes d'organisation de "On est ensemble"

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Les différents projets portés par l'association

L'organisation de communautés de défense des droits est une action militante qui requiert une certaine indépendance pour agir. L'association "On est ensemble" cherche donc à renforcer ses actions via du partenariat européen et des financements. N'hésitez pas à les ontacter.

Association On Est Ensemble

 

Adresse : Bepanda,Face Clinique La Rosa, Douala - Cameroun

Contact : onestensemblecameroun@gmail.com

La page Facebook

Une soirée dédiée à la désobéissance civile

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Comment se faire entendre : on ne peut plus faire l’écueil de cette question…

Ces derniers mois, nous avons remarqué que la question de la désobéissance civile revient régulièrement dans les collectifs que nous accompagnons.

Les mesures politiques ultra-libérales (déchéance du droit au chômage, perte de budgets pour la culture, atteinte aux droits sociaux...) atteignent de plein fouet les publics les plus fragilisés. Les collectifs témoignent d’une rupture du dialogue avec celles et ceux à l’origine de ces mesures. Ce contexte politique d’austérité s’accompagne de discours stigmatisant certaines personnes (sans emploi, malades et invalides, sans chez-soi…) jugées responsables de leur situation, nourrissant un sentiment d’impuissance, de culpabilité et d’isolement.

Dans un tel contexte, nous ne pouvons que nous indigner, résister et nous organiser pour défendre les droits sociaux pour toustes. Cependant, plus que jamais, nous ne pouvons faire l’écueil de nous demander de quelle manière il est possible de s’opposer en tant que citoyen·ne·s et collectifs, sans exposer à davantage de difficultés et violence celles et ceux qui sont déjà impacté·e·s durement par ces mesures.

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Une soirée pour se nourrir collectivement

Dans les murs du DK à Saint-Gilles, en collaboration avec l’asbl Agir Pour la Paix, Periferia a organisé une soirée pour approfondir les possibilités qu’offrent la désobéissance civile mais aussi ses risques et ses enjeux. Cette soirée s’adressait à des personnes et collectifs peu familiers de ces méthodes de désobéissance civile autant qu’à des personnes plus chevronné·e·s, désireuses de partager leur expérience et questionnements.

Pour nous nourrir, nous avons invité des représentant.es de collectifs tels que de La Voix des Sans Papiers, Progress Lawyers Network et le Front Anti-Expulsion.

La soirée a débuté par un rappel de l’historique de la désobéissance civile et de l’action directe afin de mieux comprendre les contextes politiques et socio-économiques dans lesquels elle a émergé. Par la suite, chaque intervenant·e a partagé ses pratiques et expériences de désobéissance civile. Ensuite, les participant·e·s se sont réuni·e·s en deux ateliers :

  • Les risques et freins à la désobéissance civile
  • Comprendre le cadre d’une action de désobéissance civile

Grâce aux apports multiples la soirée a été un vrai vivier d’inspiration et d’apprentissage : risques légaux, place des personnes fragilisées, place des allié·e·s, responsabilité collective, etc. L'objectif de la soirée étant que chaque participant·e soit plus à même de décider de se positionner par rapport à cette pratique.

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Source photos : Periferia

Les enjeux apparus dans nos échanges

  • Quels risques pour les personnes les plus fragiles qui utiliseraient ce mode d’action ? Comment diminuer ces risques ?
    La discussion a permis de clarifier la responsabilité civile et les risques légaux afin d’être plus à même de choisir le bon mode d’actionet/ou de les mettre en œuvre de manière stratégique (par exemple, le choix de distribution des rôles dans les actions). La discussion sur l’aspect légal de la désobéissance a aussi permis de questionner comment les lois existent et de rappeler leur caractère fondamentalement évolutif et perméable aux avancées sociales. Plusieurs exemples historiques de luttes sociales ayant permis de transformer les lois pour plus de justice sociale ont été exposés.
  • La responsabilité politique du vote desbelges : faire prendre conscience de l’impact des politiques publiques sur la vie des personnes les plus fragilisées de manière à agir préventivement en posant des choix électoraux en cohérence avec les valeurs que l’on défend.
  • La posture d’allié·ed’une lutte : Peut-on être un·e allié·e dans la lutte contre l’injustice ou sommes-nous tout autant concerné·e qu’une personne qui la subit ?

Au final, la soirée a montré à quel point nos postures politiques et nos situations individuelles influencent nos rôles dans la transformation sociale.

Un podcast et le souhait de poursuivre

 La clôture de la soirée, autour d’une soupe partagée, a confirmé l’envie de continuer à s’encapaciter autour de ces enjeux. Nous en avons pris bonne note et comptons poursuivre sur cette lancée en 2026. Nous vous tiendrons informé·e·s !

 Par ailleurs, un podcast sur ces enjeux est également en cours de production.

En attendant toutes ces suites enthousiasmantes, restons vigilant.es, mobilisé.es, connecté.es et engagé.es afin de construire ensemble une vraie démocratie et tendre vers plus de justice sociale. 

Si vous avez des idées ou des demandes, n’hésitez pas à nous contacter : contact@periferia.be.

 

CaP Démocratie défend le Sénat et maintient la pression sur le Parlement wallon !

CAP Democratie logo

En octobre 2026, CaP Démocratie était invité par la radio associative et d’expression soutenue par l’ULiège et la FWB, radio 48FM. Une opportunité pour le collectif de se rendre visible et de poursuivre son action de sensibilisation à l’importance de défendre notre système démocratique.

Par ailleurs, CaP Démocratie poursuit ses actions avec deux objectifs :

  1. Maintenir la pression sur le Parlement wallon pour que nos député·e·s mettent en œuvre les recommandations citoyennes formulées par la 1ere commission délibérative mixte de Wallonie et votées par les élu·e·s en 2024. Leur action auprès de la presse porte ses fruits puisque plusieurs articles sont récemment sortis sur ce sujet. Le journal Le Soir lui a notamment dédié sa première page du 3 février dernier : « Les commissions citoyennes au parlement wallon s’enlisent »
  2. Défendre la participation citoyenne et le renouveau démocratique au niveau fédéral en s’opposant à la suppression du Sénat, souhaitée par le gouvernement Arizona. Cap Démocratie a publié un article pour éclairer les citoyen·ne·s sur cet enjeu, à découvrir sur leur site ou en cliquant ici. Le collectif entend profiter de l’ouverture de l’article 195 de la Constitution pour pousser l’idée d’un bicamélarisme citoyen.
Vous pouvez également signer et relayer cette pétition pour la transformation du Sénat en Assemblée citoyenne.
Intéressé·e·s par ces enjeux ? N’’hésitez pas à suivre les actualités de Cap Démocratie.
Vous pouvez également signer et relayer cette pétition pour la transformation du Sénat en Assemblée citoyenne

Capacitation Nord

Le 5 décembre au Pianofrabriek à Bruxelles a eu lieu la première rencontre « Capa’NORD ». Celle-ci avait pour intention de rassembler les collectifs et associations situés dans le nord de la France et en Belgique, participant à la démarche Capacitation, initié par Periferia et la Fondation pour Le Logement des défavorisés.

Y ont participé l'APU Vieux-Lille, Union des locataires sociaux de Molenbeek (ULS), Da So Vas, Collectif des jeunes mineurs en recours de Bois-Blancs, Coexister, DAL Charleroi, DAL Liège, Le syndicat LUNe à Namur, Magdala de Lille, Les Immenses de Bruxelles ainsi que les associations qui soutiennent la dynamiques telles que le RWDH – Rassemblement Wallon pour le Droit à l’Habitat, La Fondation pour le Logement et Periferia.

Le but ? Se rencontrer, partager leurs expériences, leurs défis et de lancer une dynamique régionale de solidarité entre collectifs.

L’idée de se rencontrer entre ces collectifs a commencé à germer lors de grandes rencontres Capacitation organisées dans le Sud de la France, en faisant le constat qu'ils manquaient d'occasion pour se croiser plus localement.

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Source photos : Periferia

La journée a démarré par un moment de rencontre et retrouvailles. Les collectifs ont pu découvrir davantage ce qui partage en commun, leurs outils de luttes, ce qui les anime dans la démarche Capacitation et la lutte pour le droit au logement dans leur territoire. Les collectifs ont aussi partagé leurs enjeux actuels.

Durant la journée, ils ont discuté du droit au logement, de l’accueil de jour et la régularisation des personnes sans papiers. Mais aussi de stratégies de lutte tels que la visibilisation des luttes, la mobilisation, les stratégies d’action, le soutien entre collectif, etc.

L’après-midi deux ateliers ont eu lieu :

  • l’un dédié au renforcement des collectifs et comment répondre à leurs objectifs;
  • l’autre dédié aux victoires remportées et comment elles peuvent inspirer les collectifs.

La plénière de clôture à témoigné d’un grand enthousiasme pour la nouvelle dynamique régionale et une envie certaine de poursuivre l’aventure, nourrir ces liens et se mobiliser ensemble.

La suite est ouverte et en cours de construction !

Retour sur nos deux AG (9 février & 9 mars)

2026-2030, un nouveau plan pour Periferia

Construisons-le ensemble !

En 2025, Periferia a entamé un processus d‘évaluation des actions et enjeux abordés au cours des 6 dernières années (2020-2025), tous financements et programmes confondus. En 2026, nous lançons un cycle de réflexion avec nos membres, sympathisant·e·s et compagnon·ne·s de route pour construire nos lignes d’action pour les 5 prochaines années (jusque 2030) : le nouveau plan stratégique Periferia 2026-2030.

Sur quels enjeux se positionner dans les prochaines années ? Dans quelles dynamiques et autour de quelles actions soutenir les collectifs ? Quelles stratégies pour élargir la communauté de pratiques AltoParlante  entre organisations d’Amérique latine et d’Europe ? Dans quel buts et autour de quels enjeux provoquer des échanges entre collectifs d’ici et d’ailleurs ? Comment résister aux durcissements autoritaires qui nous pressent ? Comment se faire entendre de celles et ceux qui ont le pouvoir de décider ?

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Des choix stratégiques que nous voulons construire avec d’autres, via l’AG et toustes celles et ceux qui gravitent, agissent, co-portent des dynamiques et partagent nos réflexions. Nous ouvrons donc une série de rendez-vous « élargis » pour le dessiner ensemble, dont la 1ere rencontre a eu lieu ce lundi 9 février. Merci aux participant·e·s et bienvenue à celleux qui nous rejoindraient pour la suite !

➡️ Prochain rdv : lundi 9 mars de 17h30 à 20h30 à Bruxelles.

Periferia au cours des 5 dernières années, en quelques mots, c’est…

AG Nuage de mots

…et en panorama de nos projets et enjeux.

Les discussions ont débuté le 9 février (Merci à toustes !) ...

Les premières lignes qui sont apparues :

  • En 5 ans, une centaine de rencontres et d’échanges, dont la moitié connectant des collectifs actifs dans des pays différents, ont eu lieu. Deux rencontres Altoparlante ont été organisées en Europe, avec des organisateur·rice·s venu·e·s d’Amérique latine, de Belgique, de France et d’Allemagne. Comment considérer ces pratiques d’échanges, et leurs impacts, dans le contexte actuel ? Quels sens pour les collectifs ? Ces échanges doivent-ils s’autonomiser ? Quelle juste place pour l’équipe de Periferia ?
  • Les dynamiques visant à rendre visibles les collectifs et les luttes ont gagné en ampleur. L’organisation de deux « Silence, on Parle » comme espaces publics d’expression a relancé les questionnements sur l’impact, surtout en regard de la lourdeur de l’organisation que cela représente. Est-ce suffisant ? De qui cherche-t-on à être visible ? Doit-on repenser nos stratégies ? Par ailleurs, les productions, reconnues comme qualitatives et originales, ne jouissent pas toujours d’une diffusion à la hauteur. »
  • Une cinquantaine d’analyses, d’études et d’outils pédagogiques ou d’animation ont été produites, ainsi que deux documentaires, deux livres et deux séries de podcasts thématiques. Ces productions sont saluées pour leur qualité, originalité mais trop peu visibles. Comment s’assurer qu’elles circulent et impactent autour d’elles ? Quelles stratégies d’accompagnement inventer ? L’idée d’une biblicyclette est évoquée…
  • Les collectifs se sentent méprisés, violentés, non considérés par les élu·e·s et institutions. Pourtant, dans leurs actions, la plupart cherche encore à entrer en dialogue, à négocier. Même si de plus en plus acceptent ou envisagent plus facilement qu’avant des actions de pression, dénonciation voire désobéissance. Il est nécessaire de se nourrir pour apprendre à résister, dans la joie : Periferia lance un projet « résistances » alliant un magazine des collectifs, des rencontres de collectifs en résistance en Europe et ailleurs, un cycle dédié à la désobéissance civile et des actions légales mais malaisantes pour provoquer le dialogue.

... et ce sont poursuivies le 9 mars !

Cette fois, les réflexions se sont regroupées autour de plusieurs axes :

  • La visibilité : Comment se rendre visible ? Comment créer des espaces de visibilisation (≠ de l'aide) ? Quelles sont les clés d'une communication stratégique pour générer de l'espoir ?
    • La réflexion s'est d'abord portée vers les différentes façons de renforcer notre visibilité. Au-delà des différents modes de visibilités (réseaux sociaux, productions, médias visuels / papiers), la question de vers qui nous souhaitons nous rendre (plus) visibles s'est aussi posée. En effet, l'approche doit être plus ou moins adaptée  en fonction de l'interlocuteur à qui l'on s'adresse. Par exemple, on n'approche pas un·e élu·e de la même façon qu'un collectif de citoyen·ne·s.
  • Nos liens aux "Suds" : Comment générer des espaces de rencontres ? Comment garder une horizontalité dans le partage collectif ? Comment entretenir et établir de nouveaux liens ?
    • Chez Periferia, nous n'oublions pas que notre association est née d'expériences en Amérique latine d'où elle puise également ses racines et son identité. Afin de maintenir ces liens, les anciens projets et peut-être de nouveaux, nous avons considéré plusieurs possibilités autour des "Suds". Nous avons notamment imaginé établir des nouvelles rencontres, des nouveaux liens à tisser autour de plusieurs thèmes (droit au logement, précarité, démocratie participative, ...).
  • Influencer les politiques publiques : Comment se faire entendre auprès des élu·e·s ? Comment être un changement social avec nos publics ? Quelles voies pour susciter le changement ? D'autres voies sont-elles possibles ?
    • Suite à notre précédent événement pour mieux comprendre la désobéissance civile, ainsi que notre projet Résistance (disponible en podcast), nous nous sommes posé la question de comment (vraiment) se faire entendre et créer un changement social. Nous avons aussi réfléchi à comment avancer ensemble dans un climat hostile tel que nous le vivons.
  • Et la Terre dans tout ça ? Enfin, s'est posée la question des thématiques liées à la Terre. La difficulté étant de bien comprendre ce que cela signifie et comment le relier à nos expériences. Par lien à Terre, qu'entend-on nous exactement ? La Terre-mère, la Terre nourricière ? La Terre en tant qu'espace de réappropriation de territoires ? Le sujet est effectivement vaste. Il s'agit en effet d'un sujet important sur lequel nous souhaitons réfléchir, ne serait-ce que pour envisager des possibles liens avec des projets déjà existants et / ou à venir.

 Célébrer

Depuis que les pratiques d’intelligence collective se diffusent, l’appel à « célébrer » se fait omniprésent. « Il faut célébrer », « la dernière étape, c’est bien sûr la célébration ! ». Cela sonne comme une évidence… pourtant, force est de constater que si nous connaissons parfaitement les codes et attentes de célébrer nos anniversaires, les fêtes de fin d’année, une union ou une naissance, pour ce qui est de célébrer un processus collectif, on se retrouve souvent démuni·e·s.

Au départ de cette exploration, nous avions pour intention de partir à la rencontre de pratiques de célébration, originales, créatives et surtout ancrées dans les diverses luttes menées par des collectifs et organisations comparses. Notre premier élan était de nourrir d’autres acteurs et actrices de terrain en les éveillant à la multitude des formes de célébrations possibles (une intention toujours présente !). Mais, très vite, au fil de nos échanges avec les collectifs qui nous ont guidé·e·s dans ce cheminement, nous nous sommes rendu compte que, bien plus qu’une question méthodologique, la démarche de célébrer était jalonnée de nombreux questionnements, limites, voire tensions.

Elle mérite donc d’abord une exploration de ces questions de SENS et portée politique.
Au travers des expériences, questionnements de collectifs ainsi qu’avec l’appui des analyses de plusieurs auteur·rice·s militantes, nous avons décortiqué ces enjeux, tenter de déconstruire certaines idées limitantes pour finalement les dépasser

La représentativité : illusion utile ou contre-argument… 

Illusion utile ou contre-argument massue pour disqualifier les assemblées citoyennes ?

En abordant la question de la représentativité, nous avons souhaité tordre le bras à une critique trop régulièrement adressée aux dispositifs de démocratie participative reposant sur la constitution de mini-publics, comme les assemblées ou panels citoyens. « Les assemblées citoyennes ne seraient pas suffisamment légitimes pour influencer la décision politique… notamment parce qu’elles ne seraient pas ‘représentatives’ ».
Préjuger de la légitimité d’une assemblée citoyenne à l’aune du critère de représentativité est à la fois irréaliste, injuste et peu pertinent.

Irréaliste car comme mis en lumière dans cette étude, il est tout à fait illusoire de vouloir reproduire une « mini-société » dans une assemblée restreinte. D’une part, parce qu’un tel exercice repose sur le pari que recourir à une sélection de personnes selon des critères démographiques et statistiques (donc mesurables) entrainera un panel d’attitudes politiques diversifiées. D’autre part, la manière d’envisager les catégories sociales (pauvres-riches, femmes-hommes, jeunes-vieux) est empreinte de biais et de préjugés. Ce n’est donc absolument pas une approche neutre à l’aune de laquelle il serait possible d’affirmer une réelle « représentativité ».

Tout au long de l’étude, nous questionnons les enjeux placés derrière cette question de la représentativité, nous dévoilons les biais et limites qui parcourent les modes de faire les plus courants pour composer les panels. Nous exposons notre positionnement d’assumer une non-représentativité, porteuse de plus d’inclusion et d’équilibre des pouvoirs au sein des assemblées. Car au final, les véritables enjeux quant à la légitimité des démarches de démocratie participative se jouent  surtout dans l’articulation réelle que l’on veut en faire avec le système de démocratie représentative… et donc la volonté – ou non – d’en faire un outil, qualitatif et investi, de gouvernance publique.

Résistance – Episode #1 : Désobéissance civile

Podcast Résistance avec Localocratie

Cet épisode aborde la question de la résistance des collectifs face aux mesures qui prônent un autoritarisme et une austérité grandissants. Pour ce faire, et en collaboration avec Localocratie, nous abordons la question de la désobéissance civile avec divers·es acteur·ices, qui permettent d’en dresser un premier horizon sur base d’expériences diverses : Lutte contre les expulsions, droits des sans-papiers, enjeux juridiques de l’action directe et apports théoriques sur la notion de désobéissance civile.

Avec la participation de Serge Bagamboula de la Coordination des Sans-Papiers, Robin Bronlet du Progress Lawyers Network, Luis Tinoco Torrejon d’Agir Pour la Paix et Camilla (nom d’emprunt) du Front Anti-Expulsion.

Bonne écoute !

La transcription est disponible ci-desous :

Se rencontrer autrement

Les qualités dans les espaces Altoparlante

Des rencontres, nous en organisons beaucoup. Parfois, quand on en repart, on se dit « Ici, il s’est passé quelque chose ! ». Mais, en fait, qu’est-ce qui s’est passé ? Et qu’est ce qui était différent ?
Ce n’est pas toujours facile ou possible de l’exprimer avec des mots. Pourtant, on ressent cette profondeur, ce mouvement qui permet d’affirmer « Je ne suis plus tout à fait la ou le même ! », « Quelque chose a bougé en moi, autour de moi, entre nous, dans le monde... ».

A partir des expériences Altoparlante et Altofalante en Amérique Latine, nous avons eu envie de partager ce qui nous semble faire sens et être caractéristique de ces « autres manières » de nous rencontrer. C’est pour cela que nous parlons de qualités et c’est ce que nous partageons dans cette publication.

Retrouvez également la version espagnole 👇

¿Cómo cultivar espacios que impulsen la transformación profunda?

"Altoparlante” es un conjunto de personas e iniciativas que promueven el cambio social mediante experiencias locales y reflexiones globales. Buscamos mejorar la vida en las comunidades y nuestras sociedades, rompiendo con esquemas tradicionales que generan desigualdades, e incentivando el bien común y la autonomía.

Nos mueve el propósito de crear el mundo que queremos habitar. Estamos convencidos de que, para lograrlo, necesitamos experimentar y cocrear una comunidad humana que se teje con cualidades diversas. Este documento presenta y describe esas cualidades en la esperanza de que compartidas se amplifiquen.

Chercheuses et chercheurs populaires

Pour des savoirs impliqués

Periferia, depuis sa création, cherche à créer les conditions pour que les premier·e·s concerné·e·s puissent s’exprimer et être écouté·e·s, à avancer avec elles et eux sans parler à leur place, ni tirer des conclusions déconnectées de la réalité de terrain. Dans cette étude, il nous tient à coeur de démontrer qu’en se basant sur les savoirs dits chauds (expérience, vécu), il est possible de produire une matière tout aussi précieuse, et surtout via un angle propre, qu’une recherche académique plus traditionnelle (et des savoirs froids, associés à une posture distanciée).

Dans cette étude, nous avons comparé 5 expériences distinctes, tant en termes de méthode que de public, de durée et d’objectif, dans lesquelles les participant·es ont été au centre du processus, afin de tirer des fils méthodologiques sur ce qui constitue une recherche participative et impliquée. Notre but est ainsi de montrer la force et la diversité des projets, ainsi que la force transformatrice qu’ils ont eu pour les chercheur·euses populaires qui les ont portés, et l’inspiration qu’ils peuvent constituer pour la société dans son ensemble.

Pas sans nous ! Épisode #5 : Les finances publiques au regard de la participation citoyenne

Pas sans nous Podcast

Les finances publiques : un frein à la participation citoyenne ?

Le cinquième épisode de notre série de podcast « Pas sans nous » concerne la question des finances publiques et la difficulté qu'elle peut apporter à l’intégration des collectif citoyens qui s’intéressent à l’exercice du pouvoir. Avec la participation et l'expérience de la liste citoyenne Kayoux, représentée par Valérie Depauw et Géraldine Pignon, ainsi que de Fanny Thirifays, de notre équipe.

Retrouvez la transcription ci-dessous.

Internet, un espace public comme les autres ?

S’intéresser à l’espace numérique pour mieux comprendre ses enjeux dans l’espace public

Periferia s’est toujours préoccupée de rendre ses activités un maximum accessible pour tous·tes, en veillant à ce que la parole des personnes les plus exclues soient écoutée. C’est en s’intéressant de plus près à l’espace numérique, ses différents aspects et son fonctionnement que nous avons tenté de comprendre de quelle façon ces mêmes personnes étaient à nouveau confrontées à des formes de domination et de discriminations.

En nous concentrant sur la question « Internet est-il vraiment accessible à tous·tes ? », nous avons voulu pousser l’analyse en comparant les deux espaces :

  • L’accessibilité numérique : qu’est-ce qui rend internet accessible, ou plutôt « inaccessible » pour certain·e·s ?
  • La gentrification d’internet : peut-on vraiment parler de gentrification numérique ? Qu’est-ce que ça signifie ?
  • Comment protéger nos droits numériques : est-ce possible de le faire dans l’espace public ?

Cet article nous pousse à réfléchir quant à l'incidence que peuvent avoir les enjeux de l'espace numérique sur l'espace public, notamment en matière d'accès pour les minorités (par exemple dans nos procédures administratives).

Références

  • Le Code du numérique, une publication rassemblant des lois fictives réalisées par le Comité Humain en rapport à l'utilisation du numérique. Cette publication peut aussi être accompagnée d'un outil d'animation afin de reproduire un Parlement Humain.
  • Le livre "L’État numérique et les droits humains", d'Élise Degrave, Académie Royale de Belgique collection L’académie en poche, 2024.
  • The gentrification of the internet : How to reclaim our digital freedom de Jessa Lingel.

Pour aller plus loin...

  • Le cahier du numérique, publication de Citoyenneté et Participation : pour réfléchir aux limites et à l’avenir du numérique.
  • Black box, série de podcasts réalisée par le journal britannique The Guardian, concernant l’utilisation abusive de l’IA dans différents services (en anglais).
  • Le livre "Le procès", de Franz Kafka.
    Technocratie : quand les techniciens sont au contrôle d’un pays, comment fait-on pour reprendre le contrôle lorsqu’on l’a toujours laissé à d’autres ?