Capacitation Nord

Le 5 décembre au Pianofrabriek à Bruxelles a eu lieu la première rencontre « Capa’NORD ». Celle-ci avait pour intention de rassembler les collectifs et associations situés dans le nord de la France et en Belgique, participant à la démarche Capacitation, initié par Periferia et la Fondation pour Le Logement des défavorisés.

Y ont participé l'APU Vieux-Lille, Union des locataires sociaux de Molenbeek (ULS), Da So Vas, Collectif des jeunes mineurs en recours de Bois-Blancs, Coexister, DAL Charleroi, DAL Liège, Le syndicat LUNe à Namur, Magdala de Lille, Les Immenses de Bruxelles ainsi que les associations qui soutiennent la dynamiques telles que le RWDH – Rassemblement Wallon pour le Droit à l’Habitat, La Fondation pour le Logement et Periferia.

Le but ? Se rencontrer, partager leurs expériences, leurs défis et de lancer une dynamique régionale de solidarité entre collectifs.

L’idée de se rencontrer entre ces collectifs a commencé à germer lors de grandes rencontres Capacitation organisées dans le Sud de la France, en faisant le constat qu'ils manquaient d'occasion pour se croiser plus localement.

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Source photos : Periferia

La journée a démarré par un moment de rencontre et retrouvailles. Les collectifs ont pu découvrir davantage ce qui partage en commun, leurs outils de luttes, ce qui les anime dans la démarche Capacitation et la lutte pour le droit au logement dans leur territoire. Les collectifs ont aussi partagé leurs enjeux actuels.

Durant la journée, ils ont discuté du droit au logement, de l’accueil de jour et la régularisation des personnes sans papiers. Mais aussi de stratégies de lutte tels que la visibilisation des luttes, la mobilisation, les stratégies d’action, le soutien entre collectif, etc.

L’après-midi deux ateliers ont eu lieu :

  • l’un dédié au renforcement des collectifs et comment répondre à leurs objectifs;
  • l’autre dédié aux victoires remportées et comment elles peuvent inspirer les collectifs.

La plénière de clôture à témoigné d’un grand enthousiasme pour la nouvelle dynamique régionale et une envie certaine de poursuivre l’aventure, nourrir ces liens et se mobiliser ensemble.

La suite est ouverte et en cours de construction !

 Célébrer

Depuis que les pratiques d’intelligence collective se diffusent, l’appel à « célébrer » se fait omniprésent. « Il faut célébrer », « la dernière étape, c’est bien sûr la célébration ! ». Cela sonne comme une évidence… pourtant, force est de constater que si nous connaissons parfaitement les codes et attentes de célébrer nos anniversaires, les fêtes de fin d’année, une union ou une naissance, pour ce qui est de célébrer un processus collectif, on se retrouve souvent démuni·e·s.

Au départ de cette exploration, nous avions pour intention de partir à la rencontre de pratiques de célébration, originales, créatives et surtout ancrées dans les diverses luttes menées par des collectifs et organisations comparses. Notre premier élan était de nourrir d’autres acteurs et actrices de terrain en les éveillant à la multitude des formes de célébrations possibles (une intention toujours présente !). Mais, très vite, au fil de nos échanges avec les collectifs qui nous ont guidé·e·s dans ce cheminement, nous nous sommes rendu compte que, bien plus qu’une question méthodologique, la démarche de célébrer était jalonnée de nombreux questionnements, limites, voire tensions.

Elle mérite donc d’abord une exploration de ces questions de SENS et portée politique.
Au travers des expériences, questionnements de collectifs ainsi qu’avec l’appui des analyses de plusieurs auteur·rice·s militantes, nous avons décortiqué ces enjeux, tenter de déconstruire certaines idées limitantes pour finalement les dépasser

Se rencontrer autrement

Les qualités dans les espaces Altoparlante

Des rencontres, nous en organisons beaucoup. Parfois, quand on en repart, on se dit « Ici, il s’est passé quelque chose ! ». Mais, en fait, qu’est-ce qui s’est passé ? Et qu’est ce qui était différent ?
Ce n’est pas toujours facile ou possible de l’exprimer avec des mots. Pourtant, on ressent cette profondeur, ce mouvement qui permet d’affirmer « Je ne suis plus tout à fait la ou le même ! », « Quelque chose a bougé en moi, autour de moi, entre nous, dans le monde... ».

A partir des expériences Altoparlante et Altofalante en Amérique Latine, nous avons eu envie de partager ce qui nous semble faire sens et être caractéristique de ces « autres manières » de nous rencontrer. C’est pour cela que nous parlons de qualités et c’est ce que nous partageons dans cette publication.

Chercheuses et chercheurs populaires

Pour des savoirs impliqués

Periferia, depuis sa création, cherche à créer les conditions pour que les premier·e·s concerné·e·s puissent s’exprimer et être écouté·e·s, à avancer avec elles et eux sans parler à leur place, ni tirer des conclusions déconnectées de la réalité de terrain. Dans cette étude, il nous tient à coeur de démontrer qu’en se basant sur les savoirs dits chauds (expérience, vécu), il est possible de produire une matière tout aussi précieuse, et surtout via un angle propre, qu’une recherche académique plus traditionnelle (et des savoirs froids, associés à une posture distanciée).

Dans cette étude, nous avons comparé 5 expériences distinctes, tant en termes de méthode que de public, de durée et d’objectif, dans lesquelles les participant·es ont été au centre du processus, afin de tirer des fils méthodologiques sur ce qui constitue une recherche participative et impliquée. Notre but est ainsi de montrer la force et la diversité des projets, ainsi que la force transformatrice qu’ils ont eu pour les chercheur·euses populaires qui les ont portés, et l’inspiration qu’ils peuvent constituer pour la société dans son ensemble.

Internet, un espace public comme les autres ?

S’intéresser à l’espace numérique pour mieux comprendre ses enjeux dans l’espace public

Periferia s’est toujours préoccupée de rendre ses activités un maximum accessible pour tous·tes, en veillant à ce que la parole des personnes les plus exclues soient écoutée. C’est en s’intéressant de plus près à l’espace numérique, ses différents aspects et son fonctionnement que nous avons tenté de comprendre de quelle façon ces mêmes personnes étaient à nouveau confrontées à des formes de domination et de discriminations.

En nous concentrant sur la question « Internet est-il vraiment accessible à tous·tes ? », nous avons voulu pousser l’analyse en comparant les deux espaces :

  • L’accessibilité numérique : qu’est-ce qui rend internet accessible, ou plutôt « inaccessible » pour certain·e·s ?
  • La gentrification d’internet : peut-on vraiment parler de gentrification numérique ? Qu’est-ce que ça signifie ?
  • Comment protéger nos droits numériques : est-ce possible de le faire dans l’espace public ?

Cet article nous pousse à réfléchir quant à l'incidence que peuvent avoir les enjeux de l'espace numérique sur l'espace public, notamment en matière d'accès pour les minorités (par exemple dans nos procédures administratives).

Références

  • Le Code du numérique, une publication rassemblant des lois fictives réalisées par le Comité Humain en rapport à l'utilisation du numérique. Cette publication peut aussi être accompagnée d'un outil d'animation afin de reproduire un Parlement Humain.
  • Le livre "L’État numérique et les droits humains", d'Élise Degrave, Académie Royale de Belgique collection L’académie en poche, 2024.
  • The gentrification of the internet : How to reclaim our digital freedom de Jessa Lingel.

Pour aller plus loin...

  • Le cahier du numérique, publication de Citoyenneté et Participation : pour réfléchir aux limites et à l’avenir du numérique.
  • Black box, série de podcasts réalisée par le journal britannique The Guardian, concernant l’utilisation abusive de l’IA dans différents services (en anglais).
  • Le livre "Le procès", de Franz Kafka.
    Technocratie : quand les techniciens sont au contrôle d’un pays, comment fait-on pour reprendre le contrôle lorsqu’on l’a toujours laissé à d’autres ?

« La lutte pour une utopie »

Nous vous présentons la publication « Luttopia, Montpellier : La lutte pour une utopie » réalisée en collaboration avec l’association Montpelliéraine Luttopia qui accompagne des personnes sans domicile et des personnes en situation de précarité depuis 2014.

Ce livret retrace l’histoire des Utopias – de 001 en 2014 jusqu’à 004 aujourd’hui, en 2025. Il s’agit avant tout d’un travail d’écriture collective qui rassemble des témoignages, récits de vie, mais aussi des dessins et photos, portés par les personnes qui y ont participé de près comme de loin.

La publication est disponible gratuitement en version numérique via le bouton ci-contre.

Vous souhaitez recevoir le livre en version papier ?

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Une année d’évaluations…

... une opportunité pour affirmer des étapes et pour en envisager de nouvelles.

Parlons du chemin parcouru ensemble et des prochaines étapes
Cette année, Periferia est impliquée dans plusieurs démarches d’évaluation : d’une part, les actions menées ces dernières années dans le cadre de l’éducation permanente ; et d’autre part, le programme Altoparlante avec ses actions et rencontres en Amérique Latine qui associent aussi des personnes et collectifs de Belgique, France, Allemagne.
Ces moments de bilan sont l’occasion de s’arrêter, de regarder le chemin parcouru, de mettre des mots sur certaines étapes, de souligner des moments-clés, d’identifier des changements plus profonds, d’identifier des graines de transformation soci(ét)ale.
Comme nous l’avions abordé dans plusieurs publications, prendre ce temps est essentiel pour envisager les suites, adopter de nouvelles postures, aborder de nouveaux sujets, tenter de répondre à des situations qui génèrent des blocages.
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Source image : Periferia

L’action associative se dessine en fonction des enjeux et contextes qui évoluent, elle doit donc aussi évoluer pour rester un pilier de défense des droits fondamentaux.
Alors, n’hésitez pas et partagez-nous vos remarques et suggestions.
Avec tous les matériaux collectés, nous formulerons début 2026 nos nouvelles lignes d’action pour l’avenir, non seulement en Belgique via un nouveau programme en éducation permanente, mais aussi dans de nouveaux liens avec l’Amérique Latine et pourquoi pas avec d’autres pays et continents.

Contribuez à ces réflexions en partageant vos retours sur nos actions et productions, ainsi que vos remarques et idées via contact@periferia.be

Si vous faites partie d’une organisation avec laquelle nous avons collaboré directement, vous pouvez aussi utiliser le formulaire suivant : 

Retour sur l’Assemblée Populaire contre les injustices

Les différents collectifs investis dans la dynamique Capacitation depuis 3 ans ont préparé avec la Fondation pour le Logement une grande rencontre le 13 et 14 juin à Grenoble : la première édition de l’Assemblée Populaire contre les Injustices.

Cet évènement de deux jours s’est traduit par une série d’actions portées et animées par des personnes vivant la galère et luttant contre l’exclusion dans leurs quartiers et leurs villes. Ainsi, environ 150 personnes d’une quarantaine de collectifs de France et de Belgique ont occupé l’espace public et ont déambulé dans les rues de Grenoble afin de porter haut et fort leurs récits et visibiliser leurs savoir-faire. L’occasion pour se rassembler et faire mouvement.

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Le vendredi nous avons organisé ensemble une conférence de presse où des porte-parole des collectifs Mon chien, Ma vie (Grenoble), Locataires Ensemble (Grenoble) et le Syndicat des IMMENSES (Bruxelles) ont porté des revendications sur le précarité, le mal-logement, les discriminations et les politiques excluantes.

Découvrez l'appel ci-dessous, en cliquant sur les pages :

Le lendemain, la journée de l’Assemblée a démarré avec une « marche du vide » qui a donné la tonalité de l’Assemblée : ensemble on dénonce la ville qui exclut tout en croisant les combats. La journée s’est poursuivie avec des causeries publiques, des projections-débats, des expositions, ainsi qu’avec une scène ouverte sur la Place St-Bruno. Retrouvez le programme ici.

Et pour refléter/concrétiser/traduire ce qu’on voyait, sentait, ressentait pendant la journée, ensemble nous avons créé un mur des revendications ! sur celui-ci ont été inscrits des mots d’enthousiasme et d’encouragement, mais aussi de colère et d’indignation.

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Un élément significatif de cette première édition a été la participation d’un grand nombre de personnes de Belgique : le Syndicat LUNe et la Concertation St Nicolas de Namur, le DAL de Liège, le DAL de Charleroi, le RWDH, de même que l’Union des Locataires Sociaux (ULS) de Molenbeek et le Syndicat des Immenses de Bruxelles. Pour elles et eux, se rencontrer avec les groupes de France a été très important et très fort, car si une chose caractérise Capacitation, c’est le fait de croiser et construire des pratiques et des liens au-delà des frontières.

Cette Assemblée Populaire contre les Injustices a généré beaucoup d'enthousiasme pour celles et ceux qui l’ont vécue ; elle a aussi permis des apprentissages dont on devra tenir compte pour les éditions à venir et pour la suite de la démarche Capacitation.

Nous continuons de faire vivre cette initiative de manière permanente, en donnant de la visibilité et en créant des espaces d’expression à ce que nous construisons au sein de Capacitation. Toujours avec et jamais sans les personnes concernées.

 

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Source images : Periferia

Syndicat LUNe & Groupe d’Action Logement

Le syndicat LUNe[1] et le Groupe d’Action Logement[2] passent à l’action contre la revente d’un bâtiment de logements du CPAS dans le quartier Saint-Nicolas

[1] Le syndicat des Locataires Uni·e·s Namurois·e·s.

[2] Groupe d’Action Logement de la Concertation du Quartier Saint-Nicolas. La Concertation du quartier regroupe 27 associations et des habitants du quartier.

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Alors que le quartier Saint-Nicolas subit un processus de gentrification, marqué par une augmentation du prix des loyers, l’expulsion silencieuse de ses habitant·e·s les plus précaires et une transformation de son tissu social, le CPAS de Namur a pris la décision de revendre au plus offrant son bâtiment situé au n°8 de la rue Saint-Nicolas. Le syndicat LUNe et les associations locales se sont mobilisés pour réagir face à cette décision.

Ce bâtiment comprenant 7 appartements, un duplex et des bureaux au rez- de-chaussée accueillait des ménages à bas revenus et l’école des devoirs du quartier. Cet immeuble était un outil d’intégration sociale à Saint-Nicolas. La vente par le CPAS sur le marché privé met donc à mal sa mission sociale au profit d’une logique financière[1]. Ainsi, elle contribue à l’éviction d’habitant·e·s des plus fragilisé.es et contribue à la montée des loyers ainsi qu’à la disparition progressive des habitant·e·s d’un quartier populaire et solidaire...

C’est pourquoi le syndicat LUNe s’est joint à l’appel du Groupe d’Action Logement de la concertation de quartier pour soutenir leur demande d’un moratoire sur la vente du bâtiment et l’étude d’alternatives de rachat à finalité sociale. A la suite de l’appel du GA Logement, de nombreuses associations sociales namuroises se sont ralliées à l’action.

 

[1] Cette décision est encouragée par les logiques d’austérité du gouvernement qui pousse les institutions publiques à vendre leur patrimoine pour masquer un sous-financement global de leurs missions…ce qui fragilise également ces institutions publiques.

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L’action : un P’tit Kawa inhabituel

Sous la forme d’un P’tit Kawa[1] spécial, et face à la presse convoquée pour l’occasion, une cinquantaine d’habitant·e·s et allié·e·s à la lutte (dont une dizaine d’associations locales) se sont réuni·e·s devant le dit bâtiment,  afin de témoigner de leur désaccord face à cette décision.

Au total, une cinquantaine d’habitant·e·s et allié·e·s à la lutte (dont une dizaine d’associations locales) se sont retrouvé·e·s devant le bâtiment avec des pancartes colorées et une banderole, préparées par le soin du syndicat LUNe pour témoigner de leur profond désaccord avec cette décision du CPAS et de sa présidence. Sur une banderole on pouvait lire «  Le logement pour les gens, pas pour l’argent », slogan qui reflétait bien leur revendication.

Ils et elles se sont munies de pancartes sur lesquelles on pouvait lire des slogans tels que «  Le logement pour les gens, pas pour l’argent ».

Une logique que les organisations locales dénoncent d’autant plus qu’il s’agit d’un bâtiment appartenant au CPAS, dont la mission première est de garantir l’accès aux droits fondamentaux, dont le droit au logement.

[1] Le rendez-vous-café hebdomadaire organisé depuis 10 ans par des habitant·e·s du quartier pour faire lien et se transmettre les infos de la vie du quartier.

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Jean-Marie, habitant du quartier et membre du syndicat LUNe :

« J’ai l’impression que maintenant, avec le nouveau palais de justice, ils veulent rendre le quartier un peu plus riche et éliminer les gens les plus pauvres. Quand je vois le prix des loyers comme il augmente... Des personnes se retrouvent à la rue ou dans des maisons d’accueil parce qu’ils n’ont pas le choix. Je me sens sans droit par rapport au logement. Quitter le quartier Saint-Nicolas, ça va être dur. Un logement, ce n’est pas juste une pièce pour dormir, c’est un lieu, un quartier où on se sent exister. Ça fait un an que je suis inscrit au Foyer namurois, sans aucune nouvelle. Dans les grandes villes, on essaie de mettre les plus pauvres à l’extérieur. Il y a énormément de gens qui cherchent, et quand je visite un logement, on est plein sur le même. »

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Ce témoignage n’est pas un cas isolé : il reflète la précarité croissante dans un quartier qui devient inaccessible à ceux qui y ont toujours vécu. La vente du n°8 de la Rue Saint-Nicolas vient aggraver une situation déjà critique. Ce processus de gentrification a d’ailleurs été démontré par l’étude de redynamisation du quartier commanditée par l’ancienne majorité communale.

Un retour officiel qui ne satisfait pas

L’action a fait écho dans la presse et a touché les décideur·euse·s de cette vente. La réponse de la présidente du CPAS, dans l’interview de la presse, n’a pas rejoint les attentes des protestataires... La vente du bâtiment est justifiée pour permettre le financements d’autres projets à vocation sociale. En outre, la présidente a déclaré que les projets qui financent la grande précarité ne pouvaient pas être mis en péril pour financer des logements sociaux. Une réponse inaudible pour les habitant·e·s et associations, qui y ont répondu par communiqué de presse, refusant d’adhérer à un discours qui antagonise les personnes précarisées entre elles.. Ils et elles ont sollicité une rencontre avec le CPAS pour trouver une issue positive à ce dossier. Malheureusement, la proposition de rencontre a été refusée. La seule perspective offerte par la présidence est que des organismes/acheteurs à visée sociale intéressés par le bâtiment adressent une offre au CPAS.

La lutte continue

Malgré ces revers, la détermination du syndicat des Locataires Uni·e·s Namurois.es et des d’associations qui veillent à l’accès au logement pour tous·tes dans le quartier reste robuste. Ensemble, il et continue à dénoncer ces injustices et tente de trouver des solutions pour préserver le quartier et ses habitant·e·s.

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Source images : Periferia

Une assemblée populaire contre les injustices les 13 et 14 juin à Grenoble

Depuis plusieurs mois, dans le cadre de la démarche Capacitation, des collectifs de France et de Belgique s’organisent pour fabriquer ensemble un grand moment de rassemblement des luttes et de visibilisation des galères, mais aussi des victoires, de ce qui existe, de celleux qui sont au quotidien engagé·e·s dans des combats pour dénoncer, occuper, faire autrement. Ce moment, ce sera l’assemblée populaire contre les injustices, qui aura lieu à Grenoble les 13 et 14 juin prochain.

Rappelez-vous, on vous en parlait déjà au retour de la plénière d’avril 2024 alors que l’assemblée n’était encore qu’une idée : https://periferia.be/pleniere-capacitation-paris/.

Cette année, l’assemblée se tiendra à Grenoble, dans le quartier Saint-Bruno mais aussi d’autres lieux de Grenoble. Le but ? Se rendre visible dans l’espace public, l’occuper dans la lutte et la joie, construire un mur de revendications, être ensemble dans un rassemblement local pour faire des liens entre nous et montrer la puissance du collectif.

Le programme, la logistique, la mobilisation & la communication autour de cette assemblée sont en construction au quotidien grâce à différents groupes de travail au sein de la démarche capacitation. Comme toujours : on fabrique ensemble, on décide ensemble, on programme ensemble.

Sur place le samedi 14 juin : un mur des revendications, des causeries publiques, une scène ouverte contre les injustices, un plateau-radio, des projections, expos, etc… et tout autre chose.

Plus d’infos ? Voir appel ci-dessous :

1ère assemblée populaire contre les injustices

Grenoble, vendredi 13 et samedi 14 juin 2025
- Texte d’appel -

Nous voulons mettre en lumière nos expériences et nos colères face aux villes qui excluent et à la précarité sous toutes ses formes.

Nous imaginons un mouvement qui s’ancrera dans la durée, à chaque fois dans une ville différente, avec une première Assemblée populaire contre les injustices à Grenoble. 

Nous sommes des personnes de différentes villes de France et de Belgique, vivant la galère, engagées dans des groupes qui luttent au quotidien contre l’ex-clusion. Dans les quartiers, dans les villes, nous portons des récits, des combats et des savoir-faire trop souvent invisibilisés. Nous refusons les discours qui nous étiquettent, nous divisent et nous rabaissent.

Depuis maintenant 2 ans, nous développons avec la Fondation pour le Logement une autre manière de faire visant à mettre les personnes concernées, nous, au centre de tout.

D’où que l’on vienne, on est d’ici. Nous (re)prenons notre place !

Nous voulons nous rencontrer, nous rassembler et faire mouvement. Affirmer que nous sommes capables d’inventer d’autres manières de faire. C’est précisément parce que nous subissons la précarité et les discriminations que nous pouvons faire bouger les lignes !

L’Assemblée populaire investira l’espace public pour parcourir la ville, dénoncer les bâtiments laissés vides, mettre en lumière les initiatives qui font sens. Nous serons là pour soutenir celles et ceux qui s’organisent localement pour se faire entendre et accéder à leurs droits.

Cet événement prendra la forme d’une marche suivie d’un rassemblement sur une place, qui montrerait qui nous sommes, mettrait en voix nos colères mais aussi nos initiatives, nos luttes, nos fiertés et nos raisons d’espérer.

Cette Assemblée existera grâce aux collectifs et aux personnes qui la feront vivre.

Nous espérons que vous pourrez vous joindre à l’aventure !

assemblee.populaire@parlonsengrenoble.org

Action Logement Belgique

Du 29 mars au 6 avril c’était la semaine d’Action Logement : un mouvement qui mobilise partout en Belgique pour le droit au logement.  Periferia y a participé à Bruxelles et à Namur, on vous raconte.

L’Action Logement (anciennement Belgian Housing Action Day) s’est mobilisée dans les grandes villes belges pour la 5ème année consécutive afin de défendre le droit au logement.

Il s’agit d’une « alliance nationale d’associations et de collectifs actifs dans la santé, la lutte contre la pauvreté, le droit à la ville et le droit au logement » qui s’oppose à la marchandisation du logement, à la fatalité du non- et du mal-logement. Elle veut envoyer un signal fort pour rappeler que les injustices de logement sont bien des choix politiques et sociétaux.

Du coté de Periferia c’était l’occasion de soutenir l’appel belge à travers son implication avec les deux collectifs : l’ULS et LUNe, autour du droit au logement.

L’Union des Locataires Sociaux (ULS) de Molenbeek L’ULS, ce sont des locataires de logements sociaux organisé·es pour dénoncer des situations de logement indignes. Au travers d’actions collectives dans l’espace public, de rencontres avec d’autres groupes concernés et de l’interpellation des décideurs (bailleur social et politiques), le groupe milite activement pour comprendre et dénoncer les mécanismes qui empêchent le droit à un logement digne pour tous·tes.

Ainsi, les locataires de l’ULS se sont rendu·es pour la troisième année consécutive à la manifestation d’Action Logement, le dimanche 6 avril à Bruxelles.

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Source image : Periferia

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Pour le groupe, descendre dans la rue pour visibiliser sa propre lutte et au même temps soutenir celle d’autres personnes et collectifs concernés par le mal logement et le non logement, est un acte porteur de sens. Cette action leur a permis d’exprimer leur frustration, de crier leur colère et de manifester l’espoir pour que les choses changent. En rejoignant cet appel à la mobilisation, les membres de l’ULS exercent leur pouvoir citoyen afin de sortir de l’impuissance politique à laquelle iels sont souvent confronté·es dans leur militance.

Pour l’ULS et les autres collectifs présents, cette journée de mobilisation s’est terminée avec des prises de paroles, de la musique et de la joie. Rejoignez-nous pour renforcer le droit au logement pour tou·s·tes, Rendez-vous en 2026 !

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LUNe, c’est le syndicat des Locataires Uni·e·s Namurois·e·s. Ses membres ont profité de ce moment clé de l’Action Logement Belgique pour organiser son lancement officiel lors d’une après-midi conviviale dans le quartier Saint-Nicolas à Namur, le samedi 19 avril.

On vous avait parlé de LUNe dans la dernière newsletter, donc vous savez déjà qu’il s’agit d’un syndicat créé par et pour les locataires de Namur (avec le soutien de propriétaires occupant·e·s), à l’initiative des habitant.e.s du quartier Saint-Nicolas avec le soutien d'associations locales. Il s’est créé en réponse à la crise du logement qui met en péril de nombreu.x.ses locataires en peine à trouver des logements décents à des prix accessibles. Leur objectif est de défendre ensemble les droits des locataires en interpellant directement les responsables sur des situations concrètes. C’est aussi et surtout l’idée de renforcer la solidarité locale et la résistance collective car le logement est bien une question politique !

Donc samedi dernier, c’était l’occasion pour les membres de LUNe de parler de leur cause, de dire comment le syndicat est né et comment il s’organise pour défendre le droit au logement à Namur.

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Dès 15h, iels ont déployé un stand d’info et d’inscriptions pour les futurs membres dans la rue Ponty (une rue qui a été piétonnisée grâce au groupe roulotte, un autre groupe d’action du quartier). Cela leur a permis de s’ouvrir à la ville et de s’agrandir en permettant à de nouveaux membres de les rejoindre. D’ailleurs, si vous aussi vous désirez soutenir le droit au logement à Namur, vous pouvez le faire en suivant leur page ici. De cette manière vous pourrez aussi suivre leurs nouvelles, leurs actions et, on l’espère, leurs victoires. Vous aurez même bientôt l’occasion de vous inscrire en ligne tant que membre (alli·é·e ou acti·f·ve).

Ensuite, en début d’après-midi, le film « Révolution urbaine » réalisé par des habitant·e·s du quartier a été projeté dans le local de quartier où se tiennent les réunions bimensuelles de LUNe. Le documentaire aborde les enjeux de gentrification du quartier.

Vers 16h Jean-Louis, un membre de LUNe a pris la parole, devant la presse pour présenter LUNe officiellement :

« Trop souvent nous nous sentons seuls face aux problèmes de logement : loyers trop élevés, logements en mauvais état, manque de respect ou de dialogue avec les propriétaires. Être ici, c’est dire que ça suffit. C’est un acte de solidarité et d’engagement ».

Un moment collectif émouvant et impactant pour les membres et les participant·e·s au lancement.

Avec le soutien du petit Kawa, un bar a été mis à disposition de l’événement en parallèle des activités afin de soutenir LUNe financièrement. En fin de journée, le Rassemblement Wallon du Droit à l’Habitat (RWDH) a pris part à l’événement en facilitant une assemblée populaire sur le droit au logement à Namur où une vingtaine de personnes (habitant·e·s, membres d’associations et de collectifs) ont pris place autour de la table.

Le lancement de LUNe s’est révélé être un joyeux succès. Rassemblant une cinquantaine de personnes dans une ambiance conviviale et engagée sous le soleil namurois pour réclamer une ville plus juste.

« On ne demande pas la lune, juste un logement décent et abordable pour tou·s·tes à Namur ».
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Source images : LUNe

L’accueil du bas à Magdala

Le livret "L'accueil du bas à Magdala" est le fruit d'une collaboration d'une année avec l'association lilloise, Magdala. L'accueil de jour à Magdala, c'est avant tout un espace géré par et pour les personnes en situation de grande précarité.

C'est à travers le récit collectif de Danièle, Juliet, Mathias et bien d'autres, que nous découvrons de quelle manière a été mis en place l'accueil de jour chez Magdala à la suite de l'arrivée du COVID qui a bouleversé toute l'organisation du centre.

En plus des témoignages, viennent s'ajouter les flamboyantes aquarelles de Kat Dems qui ont fait l'objet d'une exposition au centre d'accueil. L'illustratrice a travaillé à partir des récits des narrateur·ice·s afin de raconter l'histoire du centre de jour auto-géré.

 

Source image : Periferia

Union des Locataires Sociaux (ULS) de Molenbeek – Nouveautés sur les mobilisations autour du droit au logement

La sortie du film documentaire « Alerte à Molenbeek », a été l’occasion pour l’Union des Locataires Sociaux (ULS) de visibiliser plus largement son combat tant au niveau de la Commune de Molenbeek, que de la Région de Bruxelles Capitale ainsi qu’en dehors de la Belgique !

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Source image : Periferia

« Alerte à Molenbeek » a été projeté pour la première fois le 17 septembre dernier à la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale de Molenbeek. Y ont été convié·es le bailleur social (Logement Molenbeekois), les travailleur·euses communaux, les associations du quartier ainsi que les habitant·es molenbeekois·es. Les échanges qui ont suivi la projection ont permis de confronter le Logement Molenbeekois à son inaction face aux problèmes de mal logement de ses locataires. Ce moment a également été une invitation à travailler main dans la main entre bailleur et locataires, pour imaginer des solutions concrètes adaptées aux besoins des locataires.

Ensuite, de manière à mobiliser davantage d’habitant·es pour rejoindre le combat, l’ULS a décidé de diffuser le film dans les différents sites de logement sociaux et auprès d’associations travaillant avec des locataires à Molenbeek et à Anderlecht. Les images du film suscitent des discussions enrichissantes avec les autres locataires vivant des situations identiques et nous confirment que la problématique du mal logement dépasse bien l’échelle de notre quartier. Les réactions aux images dénonciatrices du film réitèrent la nécessité d’agir ensemble et massivement dans le but de créer un rapport de force favorable aux locataires sociaux bruxellois·es.

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Source image : Periferia

Un autre moment marquant pour le groupe a été la projection-débat qui s’est tenue au cinéma Nova, à la mi-novembre, et qui a rassemblé environ 150 spectateur·ices. L’évènement a été co-organisé avec le Réseau Bruxellois du Droit à l’Habitat (RBDH) et la Fédération Bruxelloise Unie pour le Logement (FéBUL), avec qui nous avons aussi rédigé une carte blanche. Celle-ci a pour but d’attirer l’attention des politicien·nes de la région bruxelloise ; on y dresse un état des lieux de la situation du logement dans notre ville et on leur demande d’agir rapidement.

L’aventure de l’ULS se poursuit au-delà de la Belgique et amène le groupe à Lyon et à Lille. Ces deux échanges transfrontaliers ont été l’occasion d’aller à la rencontre d’autres collectifs d’habitant·es engagé·es (Collectif de Roubaix ou encore l’Atelier Populaire d’Urbanisme du Vieux-Lille) et de les soutenir dans leur combat pour le droit à la ville et au logement digne.

Ce sont des moments où l’on croise nos manières d’agir et de faire collectif ainsi que des opportunités pour tisser des liens de solidarité et de résistance.

Ce sont la preuve qu’on n’est pas seul·es.

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Source images : Periferia

Enfin, dans une volonté de continuer à s’organiser localement, l’ULS met en marche un moment de mobilisation avec d’autres unions de locataires sociaux. L’intention étant de formuler des revendications communes à apporter ensemble lors du Housing Action Day, le 6 avril prochain, à Bruxelles.

Première réunion d’un futur syndicat de locataires dans le quartier Saint-Nicolas à Namur

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Source image : Periferia

Le 18 décembre en soirée, Periferia a animé la première rencontre du futur syndicat de quartier Saint Nicolas ! Cette rencontre a rassemblé en toute convivialité une quinzaine de locataires du quartier Saint-Nicolas à Namur. L’intention : se retrouver autour de différentes problématiques quotidiennes liées au logement dans le quartier et trouver des pistes de solutions collectives.

Cette rencontre fait suite à une mobilisation de plusieurs semaines portée par Periferia en partenariat avec différent·e·s acteur·ice·s du secteur associatif et médical du quartier (la Maison Médicale des Arsouilles et l’asbl Coquelicot). Ainsi, sur l’impulsion de certain·e·s habitant·e·s faisant remonter de nombreux problèmes liés aux questions de logements et une envie d’agir, Periferia et ses partenaires sont allés toquer à la plupart des portes du quartier pour rassembler plus largement les personnes concernées. Cette démarche est notamment inspirée du community organizing, que d’autres groupes de locataires utilisent également, notamment à Charleroi. En tout, c’est à plus de 400 portes que nous avons frappé, pour une trentaine de réponses et une vingtaine de locataires intéressé·e·s !

Lors de cette première réunion, les locataires du quartier se sont rencontré·e·s ou retrouvé·e·s dans une ambiance chaleureuse. Iels ont pris conscience de leur liens de voisinage avec amusement puis ont échangé sur les différentes situations problématiques de logement. Le groupe s’est rendu compte de la nécessité de s’organiser pour résoudre ou améliorer ces situations de manière collective et solidaire.

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Source image : Periferia

Les problématiques principales qui ont émergées étaient notamment :

  • L’insalubrité et notamment une mauvaise isolation, des loyers trop cher, des propriétaires peu réacti·f·ve·s , et une gestion négligente des bailleurs sociaux, laissant les locataires dans des situations délétères.

Une chose était assez claire dans cette rencontre : le besoin de sortir de l’isolement et de l’impuissance dans ces expériences perçues comme individuelles et aller vers une force de réflexion et d’action collective capable, solidaire et résiliente. Les locataires veulent responsabiliser les propriétaires et rétablir un rapport de pouvoir égalitaire grâce au groupe.

Aussi, une prise de conscience s’amorce sur des problèmes plus structurels dans le quartier ; le manque de logement sociaux et leur gestion inadéquate, l’augmentation des loyers et les difficultés d’accès au logement pour les habitant·e·s les plus précarisé·e·s et vulnérables socialement, la disparition des commerces de proximités, etc. Le quartier semble de moins en moins adapté à certain·e·s de ses habitant·e·s qui en forment pourtant son identité.

Riche d’échanges, d’humour et de solidarité, la rencontre a éveillé un sentiment collectif d’encapacitation[1] sur ces enjeux. Le groupe a dégagé ses premiers objectifs pour s’organiser et a fixé une prochaine rencontre en janvier.

Le ton est donné dans le quartier populaire de Saint-Nicolas pour une justice sociale menée par et pour ses habitant·e·s.

 

[1] L’encapacitation est un processus par lequel une personne ou un groupe reprend du pouvoir par rapport à une situation où celui-ci est en défaveur dans le rapport de pouvoir en place. Cela participe à la résolution de rapports de dominations et vise à atteindre plus d’égalité dans les rapports sociaux, ici entre locataires et propriétaires.

n.f. Processus par lequel une personne ou une collectivité se libère d’un état de sujétion, acquiert la capacité d’user de la plénitude de ses droits, s’affranchit d’une dépendance d’ordre social, moral ou intellectuel.(date de la publication : 18/12/2005 - éd. commission générale de terminologie). https://langue-francaise.tv5monde.com/decouvrir/dictionnaire/e/encapacitation

 

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Source image : Periferia

Do Agora Yourself !

Agora.Brussels, c’est une histoire étonnante et audacieuse, une expérience qui a redonné une nouvelle tonalité à la démocratie en Région bruxelloise… et au-delà.

Pendant 5 ans, des citoyen·nes ont créé un mouvement et conçu une autre manière de mettre en œuvre leurs droits politiques : avec un élu, ils et elles ont permis que des propositions d’assemblées citoyennes soient débattues au sein du Parlement.

Un parcours incroyable qui s’est arrêté lors des dernières élections car il s’agissait bien d’une expérimentation pour montrer qu’une autre manière de faire politique était possible.

Si l’expérience s’est arrêtée, la démarche est toujours là et la publication que nous vous partageons en est le résultat. Arriver à raconter cette aventure d’un mouvement, d’assemblées citoyennes et de vie parlementaire a été une véritable recherche collective : recherche des bons mots et de la bonne structure, recherche aussi du sens précis de chaque étape.

Le résultat, c’est un document co-écrit, co-construit, dans lequel des dizaines de personnes se sont impliquées pour raconter, transmettre et donner envie à d’autres citoyen·nes de faire valoir leurs droits politiques.

Découvrez ici la publication et, si vous le souhaitez, la page https://www.agora.brussels/

Lisez l'article et découvrez les étapes méthodologiques qui ont amené à la construction de la publication.

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Vous pouvez commander la version papier de la publication Do Agora Yourself ! via notre formulaire en ligne. Veuillez nous renseigner vos informations personnelles telles que votre nom et si besoin, en cas de livraison, votre adresse.

À noter qu'il est aussi possible de commander un exemplaire de la publication en version néerlandaise (dans la limite des stocks disponibles).

La publication Agora est aussi disponible en néerlandais !

"Do Agora Yourself", een praktische gids om projecten in burgerparticipatie vooruit te helpen

De vzw Agora.Brussels is niet meer. Maar wie wil kan zich inspiratie opdoen om het gelopen traject. Ziehier daartoe:

"Do Agora Yourself", een praktische om projecten in burgerparticipatie vooruit te helpen.

Vertrekkend van het hart van deze beweging, volg een groep burgers die campagne voerden, een verkozene bekwamen, een burgerassemblée georganiseerde et de resulterende voorstellen van Brusselaars verdedigde in het Brussels parlement. Doorloop zes jaar van dit zowel op menselijk als démocratisch vlak gewaagde avontuur. Met de kritische blik van vzw Periferia et enkel Belgische academici. 

« Silence, on parle ! » 2024 : Écoutez les quelques réactions et retours sur cette journée

Nous avons recueilli six réactions sur la journée du Silence, on parle ! de Namur. Vous pouvez les écouter une à une en cliquant sur le bouton play.

La transcription de chaque témoignage est inscrite à droite du média

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Et vous comment avez-vous vécu cette journée du "Silence, on parle !" ?

Extrait 1 :

« J’ai trouvé ça émouvant. Ça m’a replongée dans les émotions que j’avais ce jour-là, parce que le public a été amené à s’exprimer. Ce sont des gens que l’on n’entend pas souvent et c’était justement le but. Et j’ai trouvé ça particulièrement émouvant que les gens viennent dire ce qu’ils ont dans les tripes sur la place publique. Je n’avais jamais vu ça en fait. Je n’avais jamais assisté à ça. Donc, j’avais limite les larmes aux yeux. Bon, je suis quelqu’un d’émotive. C’est facile de m’arracher des larmes. Mais là, ça m’a vraiment replongée dans les émotions que j’ai ressenties à ce moment-là. Je trouve que ça ouvre les yeux aussi, parce que l’on se dit que souvent, on est tous dans notre petite vie, avec nos petits problèmes, … et on prend rarement conscience des autres problèmes que d’autres personnes peuvent rencontrer. Et quand on se retrouve face à des gens qui sont porteurs de handicaps, qui ont vécu dans la rue, ou qui y vivent toujours, ça remet les choses en perspective. Et ça botte un peu le cul. »

Extrait 2 :

« On a terminé notre discussion avec une des phrases des Arsouilles. Je crois que ce que tu retraçais Nicole : ‘’C’est pas qu’on nous entend pas, c’est qu’on nous écoute pas ! ‘’ Quelque chose comme ça. Et que le Silence, on parle ! ça remettait ce truc-là dans le fait que c’est pas qu’on est sans voix, c’est juste qu’on nous écoute pas. Et j’aimais bien ton image : le Silence, on parle ! c’est ça aussi, c’est aussi dire qu’on a plein de manières de faire et de propositions que l’on rend visibles sur scène. Et ça a une portée politique un peu forte de dire ‘’Non seulement vous écouter pas nos colères mais en plus, vous ne voyez même pas les choses que l’on invente. ‘’ J’ai retenu ça et j’ai trouvé ça chouette. On a aussi parlé de ce côté diversité, de mélange, … Et on s’est rendu compte qu’on se souvenait même plus du thème global du Silence, on parle ! Si c’était les discriminations, mais en fait c’était pas important parce qu’il y a eu des saynètes, des paroles et des gens hyper divers qui se rejoignaient quand même autour d’un fil. Et puis, même si on se souvenait pas du bon mot, ça continuait de parler de justice, de dignité, … »

Extrait 3 :

« Et du coup, bah moi, je rejoins aussi le côté très touchant, très émouvant de revoir les images. Ça fait dresser les poils franchement de se replonger dedans. Parce que c’est vrai qu’il y a eu un été qui nous a séparé de l’événement. Et je salue aussi le courage de toutes ces personnes qui osent monter sur cette scène et qui préparent de manière appuyée cette intervention. C’est pas évident de mettre des mots sur tous ces vécus. Et qui nous permettent nous aussi d’avoir une certaine prise de conscience. Même si on se rend compte que ça existe, le fait d’avoir ces ‘’tripes’’ qui soient mises sur scène et qui soient partagées, ça fait un bien fou en fait de réaliser à quel point il y en a qui se battent comme des guerriers, au jour le jour. Franchement, quelle belle initiative de mettre ça sur la place publique. Et je trouve que ça devrait être plus souvent, que ce soit ‘’imposé’’ comme ça et que les gens puissent rejoindre l’événement, y participer et dans les témoignages qu’il y avait après chaque saynète. Les personnes qui partagent parce que ça leur fait écho, je trouve ça juste fou. Donc, oui, j’étais très heureuse d’y participer et surtout d’avoir accompagné le groupe du quartier, de voir leur fierté aussi d’avoir osé jusqu’au bout du processus parce que franchement, ça n’a pas été simple. De l’avoir fait, d’être passés en premier en plus sur la scène, c’est vraiment un sacré défi pour eux, et une sacré fierté d’avoir osé aller au bout, d’avoir réussi à mettre les mots, de ne pas avoir trop  bafouillé. Quand je vois les interventions du quartier dans la vidéo, je suis d’autant plus fière de ce qu’ils ont fait franchement. Merci à Periferia d’avoir permis ça. »

Extrait 4 :

« Ce qui finalement me manque dans la vidéo, parce que ça a été très fort, c’est les autres gens. Les gens qui ne sont pas montés sur scène. Et moi, j’ai ressenti énormément d’émotions aussi de la part d’autres personnes. Comme tu viens de le dire Vincent, il y en avait sur scène. J’ai été énormément touché par des personnes qui sont venues me trouver, une ou deux à la fin. Aussi des passants qui m’ont dit ‘’ Vous ne vous rendez pas compte de ce que vous avez provoqué chez moi. ’’ Notamment, une jeune fille qui disait ‘’Mes parents ont vécu à la rue, ou vivent à la rue et vous m’avez fait vivre quelque chose en donnant de la valeur à ça aussi.’’ Franchement, je me dis qu’on ne se rend pas compte de ce que l’on provoque avec une journée comme ça. Et ça m’a énormément touché, d’entendre des réactions finalement que je n’attendais pas du tout. »

Extrait 5 :

« Comme Cécilia disait, ce qui m’a le plus marqué c’est l’émotion que ça m’a procuré et surtout le fait que cette émotion pouvait s’exprimer publiquement. Alors, moi je l’ai pas exprimé publiquement, mais c’est clair qu’il y avait aussi beaucoup d’émotions sur la scène. Et je trouvais que c’était quelque chose d’important à partager sur lequel on est pas souvent en fait. »

Extrait 6 :

« Je pense que quand tu traverses plein de moments quand tu es en galère, tu passes ta vie à raconter ta vie mais au guichet, aux administrations où tu expliques ta situation. Ensuite, tu dois justifier tel aspect de ta vie à telle administration, ou telle autre personne, tu dois le dire à tes voisins, tes amis, … Tu passes ton temps à raconter ta vie mais tu choisis pas ni ce que tu racontes, ni comment tu le racontes, ni si tu le dis en criant ou en chuchotant, … Là, tu as le droit de te mettre en colère sur un Silence, on parle ! C’est toi qui choisis ce que tu dis. »

Pour revenir sur la page principale du Silence, on parle ! de Namur, cliquez sur l'image ci-dessous :

Projection du film : « Alerte à Molenbeek »

Periferia, la maison de quartier Bonnevie et l'association La Rue, vous invitent à la projection du film "Alerte à Molenbeek", le mardi 17 septembre, de 18 à 20h. Il s'agit d'un film réalisé par la réalisatrice Joana Salles avec la participation des locataires du logement social. Cette projection est gratuite et elle sera diffusée à la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale (4 rue Mommaerts, Molenbeek-Saint-Jean).

Le film retrace le parcours du groupe ULLS depuis sa création en 2022, qui se sont rassemblés pour questionner la gentrification en cours dans leur quartier mais aussi pour faire valoir leur droit à un logement digne.

Le programme de la soirée :

  • 18H-18H15 : Accueil
  • 18H15-18H30 : Présentation
  • 18H30- 19H : Projection du film
  • 19H - 20H : Moment convivial et discussions

Rencontre UniPopIA – La Fourchette accueillie par Terrain d’Entente 

Retour d’un weekend sur le thème de la précarité et de l’alimentation

Des collectifs et des personnes en galère investies dans des actions pour l’accès à l’alimentation se sont réunies le dernier week-end d’avril, à Saint Etienne, afin d’échanger sur leurs pratiques et partager leurs victoires et leurs difficultés.

Le collectif Terrain d’Entente est actif dans la ville de Saint Etienne et a accueilli les groupes venus de France, de Belgique et de Bolivie. Pendant le weekend, nous avons alterné entre des moments d’échange et de convivialité, notamment grâce aux repas délicieux et généreux cuisinés collectivement avec les bénévoles de la cantine solidaire de Terrain d’Entente !

C’est à partir d’expériences locales autour de quatre thématiques que nous avons questionné les liens entre alimentation et précarité :

  • La distribution alimentaire: à partir de l’expérience de Cœurs Résistants à Rennes, nous nous sommes interrogé·es sur les moyens pour démocratiser l’accès à l’alimentation et sortir des logiques de charité.
  • Les cuisines et cantines solidaires: ces expériences se développent en ville comme en campagne pour nourrir des personnes et des territoires mais à quelles difficultés font-elles face ? Qui cuisine et qui mange ? Des membres de la Cantine sociale et solidaire de Cavaillon ont nourrit ces réflexions.
  • Les liens à la terre: l’expérience de Coopsol à Saint Etienne nous a montré l’importance de reconnaître et soigner le travail de celles et ceux qui produisent des aliments de qualité et les mettent à disposition des publics précaires.
  • Les caisses de solidarité alimentaire: ce sont des initiatives locales conçues pour rendre accessibles des produits alimentaires de qualité aux personnes avec des revenus modestes tout en soutenant celles et ceux qui les produisent et les distribuent.

Sans chercher de réponses immédiates ou concrètes aux questions posées, le fait de se réunir permet aux collectifs de repartir avec de nouvelles énergies. Se retrouver est un moyen pour tisser des liens, s’inspirer d’autres manières de faire et d’être et ainsi d’imaginer des chemins pour avancer ensemble.

Pour continuer à croiser nos regards et nos récits, les groupes souhaitent poursuivre les échanges via de plus petites rencontres. De cette manière nos collectifs se renforcent.

« Et si on passait de la charité au droit ?

Qu’il n’y ait plus « celui qui donne » et « celui qui reçoit »

Que le droit à une alimentation digne et choisie

Devienne une clé pour passer de la survie à la vie »

 

Extrait de la saynette réalisée par le groupe La Fourchette sur la violence alimentaire.

Encuentro Altoparlante « Alimentación » en Bruselas

Une rencontre "Altoparlante" à Bruxelles... c'était fin mai avec des personnes d'Amérique Latine et d'Allemagne... nous sommes allé·es dans les quartiers de Molenbeek et Stephenson (Shaerbeek) pour vivre ensemble des moments autour de repas partagés... une manière de nous rencontrer "en faisant ensemble" et d'échanger autour de nos parcours/efforts de transformation.

Ci-dessous, une présentation en espagnol par Angela de Cosecha Colectiva (Bolivie) qui nous accompagne pendant quelques mois et une trace illustrée en allemand de Anna de Misereor (Allemagne).

Altoparlante siempre está provocando encuentros poco probables, esta vez nos encontramos en Bruselas. En el grupo estuvieron personas de Bruselas y Namur (Bélgica); Aachen, Colonia y Rottweil (Alemania); y también de La Paz (Bolivia) y Lima (Perú).

La intención del encuentro fue compartir algunas reflexiones e intercambiar sobre nuestras maneras de trabajar en nuestros barrios y ciudades. Elegimos el tema de alimentación como hilo conductor, para descubrir qué es lo que nos nutre colectivamente y quizás, escribir algunas “recetas” que se puedan compartir con otras personas.

Organizamos visitas en dos barrios de Bruselas donde Periferia trabaja junto a las personas, asociaciones y colectivos locales: Molenbeek y Scharbeek. Invitamos a algunos grupos a unirse a nuestro intercambio, donde visitamos jardines comunales, espacios colectivos, cocinas, talleres e incluso, algunos hogares que nos abrieron sus puertas.

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En los jardines se mostraban las plantas de la temporada: verduras, frutas y hierbas aromáticas y medicinales. Algunas personas conocían los secretos de la naturaleza y los compartieron con las y los demás.

Tuvimos la oportunidad de cocinar junto a dos grupos de mujeres, con música y conversaciones en todos los idiomas. Las personas en la cocina se organizan naturalmente, aun si no hablan la misma lengua, porque tienen la intención de escuchar y compartir.

El barrio de Molenbeek también participa en acciones con otros barrios, como es el Zinekke Parade, un carnaval que sucede en Bruselas cada dos años donde se usa el espacio público de una manera muy libre para llenarlo de sonidos y colores. Visitamos un taller de creación de disfraces y carrozas para el evento. Casualmente, el tema que escogieron fue “el placer de comer”, por eso nos sentimos muy identificadas.

En los momentos de reflexión del grupo, hicimos el intento de identificar las “cualidades” que hacen que un encuentro (o un barrio) sea profundo y auténtico y que pueda incluir y nutrir a las personas:

Escuchar las historias de otras personas

Dar tiempo a cada paso

Curiosidad

Apertura

Predisposición

Confianza

Atreverse a experimentar

Generar espacios de descarga

Equilibrar las energías

Hablar otros idiomas

Hacer las cosas con amor

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CARNET DE VOYAGE

Et voici les étapes de la rencontre, retracées et illustrées par Anna (en allemand).

Un parcours de photos qui montrent chaque moment de préparation, de rencontres, de découvertes... pour des quartiers inclusifs et nourriciers.

 

Pour accéder au document, cliquer ici ou sur l'image.