Célébrer

Depuis que les pratiques d’intelligence collective se diffusent, l’appel à « célébrer » se fait omniprésent. « Il faut célébrer », « la dernière étape, c’est bien sûr la célébration ! ». Cela sonne comme une évidence… pourtant, force est de constater que si nous connaissons parfaitement les codes et attentes de célébrer nos anniversaires, les fêtes de fin d’année, une union ou une naissance, pour ce qui est de célébrer un processus collectif, on se retrouve souvent démuni·e·s.

Au départ de cette exploration, nous avions pour intention de partir à la rencontre de pratiques de célébration, originales, créatives et surtout ancrées dans les diverses luttes menées par des collectifs et organisations comparses. Notre premier élan était de nourrir d’autres acteurs et actrices de terrain en les éveillant à la multitude des formes de célébrations possibles (une intention toujours présente !). Mais, très vite, au fil de nos échanges avec les collectifs qui nous ont guidé·e·s dans ce cheminement, nous nous sommes rendu compte que, bien plus qu’une question méthodologique, la démarche de célébrer était jalonnée de nombreux questionnements, limites, voire tensions.

Elle mérite donc d’abord une exploration de ces questions de SENS et portée politique.
Au travers des expériences, questionnements de collectifs ainsi qu’avec l’appui des analyses de plusieurs auteur·rice·s militantes, nous avons décortiqué ces enjeux, tenter de déconstruire certaines idées limitantes pour finalement les dépasser

La représentativité : illusion utile ou contre-argument… 

Illusion utile ou contre-argument massue pour disqualifier les assemblées citoyennes ?

En abordant la question de la représentativité, nous avons souhaité tordre le bras à une critique trop régulièrement adressée aux dispositifs de démocratie participative reposant sur la constitution de mini-publics, comme les assemblées ou panels citoyens. « Les assemblées citoyennes ne seraient pas suffisamment légitimes pour influencer la décision politique… notamment parce qu’elles ne seraient pas ‘représentatives’ ».
Préjuger de la légitimité d’une assemblée citoyenne à l’aune du critère de représentativité est à la fois irréaliste, injuste et peu pertinent.

Irréaliste car comme mis en lumière dans cette étude, il est tout à fait illusoire de vouloir reproduire une « mini-société » dans une assemblée restreinte. D’une part, parce qu’un tel exercice repose sur le pari que recourir à une sélection de personnes selon des critères démographiques et statistiques (donc mesurables) entrainera un panel d’attitudes politiques diversifiées. D’autre part, la manière d’envisager les catégories sociales (pauvres-riches, femmes-hommes, jeunes-vieux) est empreinte de biais et de préjugés. Ce n’est donc absolument pas une approche neutre à l’aune de laquelle il serait possible d’affirmer une réelle « représentativité ».

Tout au long de l’étude, nous questionnons les enjeux placés derrière cette question de la représentativité, nous dévoilons les biais et limites qui parcourent les modes de faire les plus courants pour composer les panels. Nous exposons notre positionnement d’assumer une non-représentativité, porteuse de plus d’inclusion et d’équilibre des pouvoirs au sein des assemblées. Car au final, les véritables enjeux quant à la légitimité des démarches de démocratie participative se jouent  surtout dans l’articulation réelle que l’on veut en faire avec le système de démocratie représentative… et donc la volonté – ou non – d’en faire un outil, qualitatif et investi, de gouvernance publique.

Se rencontrer autrement

Les qualités
dans les espaces Altoparlante

Des rencontres, nous en organisons beaucoup. Parfois, quand on en repart, on se dit « Ici, il s’est passé quelque chose ! ». Mais, en fait, qu’est-ce qui s’est passé ? Et qu’est ce qui était différent ?
Ce n’est pas toujours facile ou possible de l’exprimer avec des mots. Pourtant, on ressent cette profondeur, ce mouvement qui permet d’affirmer « Je ne suis plus tout à fait la ou le même ! », « Quelque chose a bougé en moi, autour de moi, entre nous, dans le monde... ».

A partir des expériences Altoparlante et Altofalante en Amérique Latine, nous avons eu envie de partager ce qui nous semble faire sens et être caractéristique de ces « autres manières » de nous rencontrer. C’est pour cela que nous parlons de qualités et c’est ce que nous partageons dans cette publication.

Chercheuses et chercheurs populaires

Pour des savoirs impliqués

Periferia, depuis sa création, cherche à créer les conditions pour que les premier·e·s concerné·e·s puissent s’exprimer et être écouté·e·s, à avancer avec elles et eux sans parler à leur place, ni tirer des conclusions déconnectées de la réalité de terrain. Dans cette étude, il nous tient à coeur de démontrer qu’en se basant sur les savoirs dits chauds (expérience, vécu), il est possible de produire une matière tout aussi précieuse, et surtout via un angle propre, qu’une recherche académique plus traditionnelle (et des savoirs froids, associés à une posture distanciée).

Dans cette étude, nous avons comparé 5 expériences distinctes, tant en termes de méthode que de public, de durée et d’objectif, dans lesquelles les participant·es ont été au centre du processus, afin de tirer des fils méthodologiques sur ce qui constitue une recherche participative et impliquée. Notre but est ainsi de montrer la force et la diversité des projets, ainsi que la force transformatrice qu’ils ont eu pour les chercheur·euses populaires qui les ont portés, et l’inspiration qu’ils peuvent constituer pour la société dans son ensemble.

Pas sans nous ! Épisode #5 : Les finances publiques au regard de la participation citoyenne

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Les finances publiques : un frein à la participation citoyenne ?

Le cinquième épisode de notre série de podcast « Pas sans nous » concerne la question des finances publiques et la difficulté qu'elle peut apporter à l’intégration des collectif citoyens qui s’intéressent à l’exercice du pouvoir. Avec la participation et l'expérience de la liste citoyenne Kayoux, représentée par Valérie Depauw et Géraldine Pignon, ainsi que de Fanny Thirifays, de notre équipe.

Retrouvez la transcription ci-dessous.

Internet, un espace public comme les autres ?

S’intéresser à l’espace numérique pour mieux comprendre ses enjeux dans l’espace public

Periferia s’est toujours préoccupée de rendre ses activités un maximum accessible pour tous·tes, en veillant à ce que la parole des personnes les plus exclues soient écoutée. C’est en s’intéressant de plus près à l’espace numérique, ses différents aspects et son fonctionnement que nous avons tenté de comprendre de quelle façon ces mêmes personnes étaient à nouveau confrontées à des formes de domination et de discriminations.

En nous concentrant sur la question « Internet est-il vraiment accessible à tous·tes ? », nous avons voulu pousser l’analyse en comparant les deux espaces :

  • L’accessibilité numérique : qu’est-ce qui rend internet accessible, ou plutôt « inaccessible » pour certain·e·s ?
  • La gentrification d’internet : peut-on vraiment parler de gentrification numérique ? Qu’est-ce que ça signifie ?
  • Comment protéger nos droits numériques : est-ce possible de le faire dans l’espace public ?

Cet article nous pousse à réfléchir quant à l'incidence que peuvent avoir les enjeux de l'espace numérique sur l'espace public, notamment en matière d'accès pour les minorités (par exemple dans nos procédures administratives).

Références

  • Le Code du numérique, une publication rassemblant des lois fictives réalisées par le Comité Humain en rapport à l'utilisation du numérique. Cette publication peut aussi être accompagnée d'un outil d'animation afin de reproduire un Parlement Humain.
  • Le livre "L’État numérique et les droits humains", d'Élise Degrave, Académie Royale de Belgique collection L’académie en poche, 2024.
  • The gentrification of the internet : How to reclaim our digital freedom de Jessa Lingel.

Pour aller plus loin...

  • Le cahier du numérique, publication de Citoyenneté et Participation : pour réfléchir aux limites et à l’avenir du numérique.
  • Black box, série de podcasts réalisée par le journal britannique The Guardian, concernant l’utilisation abusive de l’IA dans différents services (en anglais).
  • Le livre "Le procès", de Franz Kafka.
    Technocratie : quand les techniciens sont au contrôle d’un pays, comment fait-on pour reprendre le contrôle lorsqu’on l’a toujours laissé à d’autres ?

« La lutte pour une utopie »

Nous vous présentons la publication « Luttopia, Montpellier : La lutte pour une utopie » réalisée en collaboration avec l’association Montpelliéraine Luttopia qui accompagne des personnes sans domicile et des personnes en situation de précarité depuis 2014.

Ce livret retrace l’histoire des Utopias – de 001 en 2014 jusqu’à 004 aujourd’hui, en 2025. Il s’agit avant tout d’un travail d’écriture collective qui rassemble des témoignages, récits de vie, mais aussi des dessins et photos, portés par les personnes qui y ont participé de près comme de loin.

La publication est disponible gratuitement en version numérique via le bouton ci-contre.

Vous souhaitez recevoir le livre en version papier ?

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Evénement Désobéissance civile : mieux la comprendre et répondre vos questions

Une question qui revient régulièrement dans les collectifs est celle de la désobéissance civile et, plus largement, de l’action directe. Dans un contexte politique d’austérité assumée et d’autoritarisme grandissant, comment s’opposer en tant que citoyen·nes, collectifs ? Quelles sont les possibilités qu’offrent la désobéissance civile mais aussi ses risques et ses enjeux ?

Autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre au cours de cette soirée thématique, organisée par Periferia et Agir Pour la Paix, avec des invité·es de La Voix des Sans Papiers, Progress Lawyers et du Front Anti-Expulsion.

Cette soirée est ouverte à toute personne désireuse d’en apprendre plus sur le sujet, ainsi qu’aux collectifs qui font déjà ou envisagent des actions en/de désobéissance civile, et qui se posent des questions sur ce sujet. La soirée se terminera par une séance ouverte de questions-réponses.

L’entrée est gratuite et de la soupe est prévue pour vous rassasier en ces froides soirées de fin d’année !

En espérant vous y retrouver nombreux·ses et pour que la voix des citoyen·nes soit entendue et respectée. N’hésitez pas à en parler autour de vous !

Rendez-vous le mercredi 10 décembre, de 18h à 20h30 au DK, rue de Danemark 70B à Saint-Gilles.

Lundi 8 décembre 2025 : une après-midi de rencontres et de présentations

A vos agendas ! Le lundi 8 décembre prochain, Periferia vous invite à deux événements grands publics afin de vous présenter plusieurs de nos publications. Une après-midi qui sera riche en rencontres et en échanges.

Il s'agit de présentations gratuites et accessibles à toutes ! Cependant, veuillez nous prévenir notamment pour que ayons une idée des stocks à prévoir. Vous pouvez vous inscrire via des formulaires en ligne en cliquant sur les boutons ci-dessous :

De 13h à 15h

Nous commencerons avec la présentation de la recherche participative menée avec le mouvement citoyen Agora : « Do Agora Yourself » autour de leur expérimentation d’élaboration d’une autre démocratie. Cette présentation se fera en présence de Michaël Damman et François-Xavier Lefebvre, membres d'Agora Brussels.

« En 2018, le mouvement agora se constitue autour du pari fou de se présenter aux élections et de se servir de leur mandat parlementaire pour porter les recommandations de citoyen·nes  dans l’arène du Parlement bruxellois. Des recommandations élaborées au sein d’assemblées citoyennes tirées au sort, organisées, animées et sans cesse améliorées par les agori."
La publication "Do Agora Yourself" sera disponible sur place au prix de 25€. Si vous souhaitez réserver un ou plusieurs exemplaires, vous pouvez vous inscrire via le bouton à droite. >>

De 15h30 à 16h30

Ensuite, nous vous proposons une rencontre de partage et présentation autour de plusieurs de nos publications Education Permanente. Cela se fera sous formes d’ateliers et minis discussions libres (vous pouvez rester de 10 min à 1h30, c'est vous qui décidez 😉 ).

« Grâce à sa reconnaissance par le décret de l’Education Permanente, Periferia a l’opportunité de produire chaque année des analyses, études, recherches et/ou outils pédagogiques visant à inspirer, nourrir, renforcer les actions de terrain d’autres associations, collectifs citoyens et organismes publics. Vous l’aurez compris, ces productions cherchent avant tout à répondre aux enjeux, besoins et envies que vous rencontrez dans vos actions. 
Ce moment de partage vise à vous faire découvrir ces nombreuses ressources (quasi entièrement gratuites en ligne ou version imprimée**) mais aussi à entendre et échanger autour de vos envies, besoins d’outils, réponses, grilles d’analyses, etc.  "

Nous vous proposerons notamment deux Minis-ateliers d’appropriation de notre nouvel outil d'animation "Les questions qui ne laissent pas indifférent·e".

Le but de cet outil ? Mieux se connaître soi-même et les autres !

En effet, nous avons souhaité créer un jeu qui permettait de se rencontrer, vraiment et autrement. Pour ce faire, le jeu est composé de 90 questions ainsi que de cartes consignes. Un petit outil parfait pour créer des animations par exemple lors d'ateliers et qui, vous verrez, vous permettra de casser les hiérarchies, et de faire sortir les participant·e·s du cadre habituel.

L'outil d'animation "Les Questions qui ne laissent pas indifférent·e" sera disponible sur place au prix de 15€. Si vous souhaitez réserver un ou plusieurs exemplaires, vous pouvez vous inscrire via le bouton à gauche. <<

Une année d’évaluations…

... une opportunité pour affirmer des étapes et pour en envisager de nouvelles.

Parlons du chemin parcouru ensemble et des prochaines étapes
Cette année, Periferia est impliquée dans plusieurs démarches d’évaluation : d’une part, les actions menées ces dernières années dans le cadre de l’éducation permanente ; et d’autre part, le programme Altoparlante avec ses actions et rencontres en Amérique Latine qui associent aussi des personnes et collectifs de Belgique, France, Allemagne.
Ces moments de bilan sont l’occasion de s’arrêter, de regarder le chemin parcouru, de mettre des mots sur certaines étapes, de souligner des moments-clés, d’identifier des changements plus profonds, d’identifier des graines de transformation soci(ét)ale.
Comme nous l’avions abordé dans plusieurs publications, prendre ce temps est essentiel pour envisager les suites, adopter de nouvelles postures, aborder de nouveaux sujets, tenter de répondre à des situations qui génèrent des blocages.
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Source image : Periferia

L’action associative se dessine en fonction des enjeux et contextes qui évoluent, elle doit donc aussi évoluer pour rester un pilier de défense des droits fondamentaux.
Alors, n’hésitez pas et partagez-nous vos remarques et suggestions.
Avec tous les matériaux collectés, nous formulerons début 2026 nos nouvelles lignes d’action pour l’avenir, non seulement en Belgique via un nouveau programme en éducation permanente, mais aussi dans de nouveaux liens avec l’Amérique Latine et pourquoi pas avec d’autres pays et continents.

Contribuez à ces réflexions en partageant vos retours sur nos actions et productions, ainsi que vos remarques et idées via contact@periferia.be

Si vous faites partie d’une organisation avec laquelle nous avons collaboré directement, vous pouvez aussi utiliser le formulaire suivant : 

Syndicat LUNe & Groupe d’Action Logement

Le syndicat LUNe[1] et le Groupe d’Action Logement[2] passent à l’action contre la revente d’un bâtiment de logements du CPAS dans le quartier Saint-Nicolas

[1] Le syndicat des Locataires Uni·e·s Namurois·e·s.

[2] Groupe d’Action Logement de la Concertation du Quartier Saint-Nicolas. La Concertation du quartier regroupe 27 associations et des habitants du quartier.

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Alors que le quartier Saint-Nicolas subit un processus de gentrification, marqué par une augmentation du prix des loyers, l’expulsion silencieuse de ses habitant·e·s les plus précaires et une transformation de son tissu social, le CPAS de Namur a pris la décision de revendre au plus offrant son bâtiment situé au n°8 de la rue Saint-Nicolas. Le syndicat LUNe et les associations locales se sont mobilisés pour réagir face à cette décision.

Ce bâtiment comprenant 7 appartements, un duplex et des bureaux au rez- de-chaussée accueillait des ménages à bas revenus et l’école des devoirs du quartier. Cet immeuble était un outil d’intégration sociale à Saint-Nicolas. La vente par le CPAS sur le marché privé met donc à mal sa mission sociale au profit d’une logique financière[1]. Ainsi, elle contribue à l’éviction d’habitant·e·s des plus fragilisé.es et contribue à la montée des loyers ainsi qu’à la disparition progressive des habitant·e·s d’un quartier populaire et solidaire...

C’est pourquoi le syndicat LUNe s’est joint à l’appel du Groupe d’Action Logement de la concertation de quartier pour soutenir leur demande d’un moratoire sur la vente du bâtiment et l’étude d’alternatives de rachat à finalité sociale. A la suite de l’appel du GA Logement, de nombreuses associations sociales namuroises se sont ralliées à l’action.

 

[1] Cette décision est encouragée par les logiques d’austérité du gouvernement qui pousse les institutions publiques à vendre leur patrimoine pour masquer un sous-financement global de leurs missions…ce qui fragilise également ces institutions publiques.

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L’action : un P’tit Kawa inhabituel

Sous la forme d’un P’tit Kawa[1] spécial, et face à la presse convoquée pour l’occasion, une cinquantaine d’habitant·e·s et allié·e·s à la lutte (dont une dizaine d’associations locales) se sont réuni·e·s devant le dit bâtiment,  afin de témoigner de leur désaccord face à cette décision.

Au total, une cinquantaine d’habitant·e·s et allié·e·s à la lutte (dont une dizaine d’associations locales) se sont retrouvé·e·s devant le bâtiment avec des pancartes colorées et une banderole, préparées par le soin du syndicat LUNe pour témoigner de leur profond désaccord avec cette décision du CPAS et de sa présidence. Sur une banderole on pouvait lire «  Le logement pour les gens, pas pour l’argent », slogan qui reflétait bien leur revendication.

Ils et elles se sont munies de pancartes sur lesquelles on pouvait lire des slogans tels que «  Le logement pour les gens, pas pour l’argent ».

Une logique que les organisations locales dénoncent d’autant plus qu’il s’agit d’un bâtiment appartenant au CPAS, dont la mission première est de garantir l’accès aux droits fondamentaux, dont le droit au logement.

[1] Le rendez-vous-café hebdomadaire organisé depuis 10 ans par des habitant·e·s du quartier pour faire lien et se transmettre les infos de la vie du quartier.

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Jean-Marie, habitant du quartier et membre du syndicat LUNe :

« J’ai l’impression que maintenant, avec le nouveau palais de justice, ils veulent rendre le quartier un peu plus riche et éliminer les gens les plus pauvres. Quand je vois le prix des loyers comme il augmente... Des personnes se retrouvent à la rue ou dans des maisons d’accueil parce qu’ils n’ont pas le choix. Je me sens sans droit par rapport au logement. Quitter le quartier Saint-Nicolas, ça va être dur. Un logement, ce n’est pas juste une pièce pour dormir, c’est un lieu, un quartier où on se sent exister. Ça fait un an que je suis inscrit au Foyer namurois, sans aucune nouvelle. Dans les grandes villes, on essaie de mettre les plus pauvres à l’extérieur. Il y a énormément de gens qui cherchent, et quand je visite un logement, on est plein sur le même. »

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Ce témoignage n’est pas un cas isolé : il reflète la précarité croissante dans un quartier qui devient inaccessible à ceux qui y ont toujours vécu. La vente du n°8 de la Rue Saint-Nicolas vient aggraver une situation déjà critique. Ce processus de gentrification a d’ailleurs été démontré par l’étude de redynamisation du quartier commanditée par l’ancienne majorité communale.

Un retour officiel qui ne satisfait pas

L’action a fait écho dans la presse et a touché les décideur·euse·s de cette vente. La réponse de la présidente du CPAS, dans l’interview de la presse, n’a pas rejoint les attentes des protestataires... La vente du bâtiment est justifiée pour permettre le financements d’autres projets à vocation sociale. En outre, la présidente a déclaré que les projets qui financent la grande précarité ne pouvaient pas être mis en péril pour financer des logements sociaux. Une réponse inaudible pour les habitant·e·s et associations, qui y ont répondu par communiqué de presse, refusant d’adhérer à un discours qui antagonise les personnes précarisées entre elles.. Ils et elles ont sollicité une rencontre avec le CPAS pour trouver une issue positive à ce dossier. Malheureusement, la proposition de rencontre a été refusée. La seule perspective offerte par la présidence est que des organismes/acheteurs à visée sociale intéressés par le bâtiment adressent une offre au CPAS.

La lutte continue

Malgré ces revers, la détermination du syndicat des Locataires Uni·e·s Namurois.es et des d’associations qui veillent à l’accès au logement pour tous·tes dans le quartier reste robuste. Ensemble, il et continue à dénoncer ces injustices et tente de trouver des solutions pour préserver le quartier et ses habitant·e·s.

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Source images : Periferia

L’accueil du bas à Magdala

Le livret "L'accueil du bas à Magdala" est le fruit d'une collaboration d'une année avec l'association lilloise, Magdala. L'accueil de jour à Magdala, c'est avant tout un espace géré par et pour les personnes en situation de grande précarité.

C'est à travers le récit collectif de Danièle, Juliet, Mathias et bien d'autres, que nous découvrons de quelle manière a été mis en place l'accueil de jour chez Magdala à la suite de l'arrivée du COVID qui a bouleversé toute l'organisation du centre.

En plus des témoignages, viennent s'ajouter les flamboyantes aquarelles de Kat Dems qui ont fait l'objet d'une exposition au centre d'accueil. L'illustratrice a travaillé à partir des récits des narrateur·ice·s afin de raconter l'histoire du centre de jour auto-géré.

 

Source image : Periferia

Première réunion d’un futur syndicat de locataires dans le quartier Saint-Nicolas à Namur

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Source image : Periferia

Le 18 décembre en soirée, Periferia a animé la première rencontre du futur syndicat de quartier Saint Nicolas ! Cette rencontre a rassemblé en toute convivialité une quinzaine de locataires du quartier Saint-Nicolas à Namur. L’intention : se retrouver autour de différentes problématiques quotidiennes liées au logement dans le quartier et trouver des pistes de solutions collectives.

Cette rencontre fait suite à une mobilisation de plusieurs semaines portée par Periferia en partenariat avec différent·e·s acteur·ice·s du secteur associatif et médical du quartier (la Maison Médicale des Arsouilles et l’asbl Coquelicot). Ainsi, sur l’impulsion de certain·e·s habitant·e·s faisant remonter de nombreux problèmes liés aux questions de logements et une envie d’agir, Periferia et ses partenaires sont allés toquer à la plupart des portes du quartier pour rassembler plus largement les personnes concernées. Cette démarche est notamment inspirée du community organizing, que d’autres groupes de locataires utilisent également, notamment à Charleroi. En tout, c’est à plus de 400 portes que nous avons frappé, pour une trentaine de réponses et une vingtaine de locataires intéressé·e·s !

Lors de cette première réunion, les locataires du quartier se sont rencontré·e·s ou retrouvé·e·s dans une ambiance chaleureuse. Iels ont pris conscience de leur liens de voisinage avec amusement puis ont échangé sur les différentes situations problématiques de logement. Le groupe s’est rendu compte de la nécessité de s’organiser pour résoudre ou améliorer ces situations de manière collective et solidaire.

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Source image : Periferia

Les problématiques principales qui ont émergées étaient notamment :

  • L’insalubrité et notamment une mauvaise isolation, des loyers trop cher, des propriétaires peu réacti·f·ve·s , et une gestion négligente des bailleurs sociaux, laissant les locataires dans des situations délétères.

Une chose était assez claire dans cette rencontre : le besoin de sortir de l’isolement et de l’impuissance dans ces expériences perçues comme individuelles et aller vers une force de réflexion et d’action collective capable, solidaire et résiliente. Les locataires veulent responsabiliser les propriétaires et rétablir un rapport de pouvoir égalitaire grâce au groupe.

Aussi, une prise de conscience s’amorce sur des problèmes plus structurels dans le quartier ; le manque de logement sociaux et leur gestion inadéquate, l’augmentation des loyers et les difficultés d’accès au logement pour les habitant·e·s les plus précarisé·e·s et vulnérables socialement, la disparition des commerces de proximités, etc. Le quartier semble de moins en moins adapté à certain·e·s de ses habitant·e·s qui en forment pourtant son identité.

Riche d’échanges, d’humour et de solidarité, la rencontre a éveillé un sentiment collectif d’encapacitation[1] sur ces enjeux. Le groupe a dégagé ses premiers objectifs pour s’organiser et a fixé une prochaine rencontre en janvier.

Le ton est donné dans le quartier populaire de Saint-Nicolas pour une justice sociale menée par et pour ses habitant·e·s.

 

[1] L’encapacitation est un processus par lequel une personne ou un groupe reprend du pouvoir par rapport à une situation où celui-ci est en défaveur dans le rapport de pouvoir en place. Cela participe à la résolution de rapports de dominations et vise à atteindre plus d’égalité dans les rapports sociaux, ici entre locataires et propriétaires.

n.f. Processus par lequel une personne ou une collectivité se libère d’un état de sujétion, acquiert la capacité d’user de la plénitude de ses droits, s’affranchit d’une dépendance d’ordre social, moral ou intellectuel.(date de la publication : 18/12/2005 - éd. commission générale de terminologie). https://langue-francaise.tv5monde.com/decouvrir/dictionnaire/e/encapacitation

 

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Source image : Periferia

« Faire la ville par et pour tou·te·s ses habitant·e·s » : réflexion sur trois approches de l’inclusivité

En octobre 2024, Periferia a accueilli Armance Flichy, une ingénieure urbaniste au sein de son équipe. Une collègue, à la fois technicienne de la Fabrique de la Ville  et « chevaleresse » du droit pour toustes et toutes d’y contribuer (droit à la Ville). Sa présence dans l’équipe a nourri des débats intéressants autour du terme trop usité d’ « inclusivité ».

A travers cet article, nous présentons les connaissances partagées avec Armance sur ces enjeux d’inclusivité, en mettant notamment en lumière trois approches aux pratiques et logiques bien différentes qu’il nous semblerait intéressantes d’intégrer davantage dans nos cadres d’analyse.

Le bon mot

Trouver le bon mot pour désigner des personnes…dilemme !

Chez Periferia, nous avons à cœur de questionner le sens de nos pratiques et postures. Nous tentons constamment d’être les plus justes, non excluants et ouvert·es afin que chacun·e se sente légitimes dans les espaces que nous créons ou animons.  Nous replaçons constamment nos actions dans une visée d’affirmation des droits de chacun et chacune.

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Paradoxalement, cela nous amène souvent à utiliser le terme de « citoyen·ne·s »  lorsque nous parlons de ces espaces ou dynamiques : participation citoyenne, droits citoyens, budget citoyen... Un terme pourtant aussi porteur d’exclusion. Nous avons eu envie de nous questionner sur ce terme et les alternatives existantes afin, peut-être, de mieux identifier LE bon mot…à chaque situation.

Vos retours nous intéressent !

Do Agora Yourself !

Agora.Brussels, c’est une histoire étonnante et audacieuse, une expérience qui a redonné une nouvelle tonalité à la démocratie en Région bruxelloise… et au-delà.

Pendant 5 ans, des citoyen·nes ont créé un mouvement et conçu une autre manière de mettre en œuvre leurs droits politiques : avec un élu, ils et elles ont permis que des propositions d’assemblées citoyennes soient débattues au sein du Parlement.

Un parcours incroyable qui s’est arrêté lors des dernières élections car il s’agissait bien d’une expérimentation pour montrer qu’une autre manière de faire politique était possible.

Si l’expérience s’est arrêtée, la démarche est toujours là et la publication que nous vous partageons en est le résultat. Arriver à raconter cette aventure d’un mouvement, d’assemblées citoyennes et de vie parlementaire a été une véritable recherche collective : recherche des bons mots et de la bonne structure, recherche aussi du sens précis de chaque étape.

Le résultat, c’est un document co-écrit, co-construit, dans lequel des dizaines de personnes se sont impliquées pour raconter, transmettre et donner envie à d’autres citoyen·nes de faire valoir leurs droits politiques.

Découvrez ici la publication et, si vous le souhaitez, la page https://www.agora.brussels/

Lisez l'article et découvrez les étapes méthodologiques qui ont amené à la construction de la publication.

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Vous souhaitez commander la publication papier au prix de 25€ ?

Vous pouvez commander la version papier de la publication Do Agora Yourself ! via notre formulaire en ligne. Veuillez nous renseigner vos informations personnelles telles que votre nom et si besoin, en cas de livraison, votre adresse.

À noter qu'il est aussi possible de commander un exemplaire de la publication en version néerlandaise (dans la limite des stocks disponibles).

La publication Agora est aussi disponible en néerlandais !

"Do Agora Yourself", een praktische gids om projecten in burgerparticipatie vooruit te helpen

De vzw Agora.Brussels is niet meer. Maar wie wil kan zich inspiratie opdoen om het gelopen traject. Ziehier daartoe:

"Do Agora Yourself", een praktische om projecten in burgerparticipatie vooruit te helpen.

Vertrekkend van het hart van deze beweging, volg een groep burgers die campagne voerden, een verkozene bekwamen, een burgerassemblée georganiseerde et de resulterende voorstellen van Brusselaars verdedigde in het Brussels parlement. Doorloop zes jaar van dit zowel op menselijk als démocratisch vlak gewaagde avontuur. Met de kritische blik van vzw Periferia et enkel Belgische academici. 

Pas sans nous ! Épisode #4 : Participation dans les quartiers

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S’il y a toujours eu des habitant·es qui ont tenté de faire entendre leurs voix et d’influencer leur vie de quartier, l’arrivée de processus participatifs venus des élu·es en Belgique remontent à peu près aux années 90.

Quelles-sont les limites de ces dispositifs de participation  pour penser une meilleure distribution des pouvoirs ? Quel lien entre élu·es et non-élu·es est souhaitable selon nous ? Pourquoi penser la participation au niveau d’un quartier ? Quel potentiel politique y a-t-il dans les collectifs ou comité de quartier ?

Retrouvez la transcription ci-dessous.

Jeu de cartes « Les questions qui ne laissent pas indifférent·e »

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Nous vous présentons notre nouvel outil d'animation "Les questions qui ne laissent pas indifférent·e". Le but de cet outil ? Mieux se connaître soi-même et les autres !

En effet, nous avons souhaité créer un jeu qui permettait de se rencontrer, vraiment et autrement. Pour ce faire, le jeu est composé de 90 questions ainsi que de cartes consignes. Un petit outil parfait pour créer des animations par exemple lors d'ateliers et qui, vous verrez, vous permettra de casser les hiérarchies, et de faire sortir les participant·e·s du cadre habituel.

À noter que les consignes sont proposées à titre d'exemples, et que vous pouvez tout à fait choisir de ne pas les suivre du tout !
Ou d'en rajouter/créer d'autres, c'est comme voulez...

Pour recevoir l'outil d'animation, envoyez-nous un mail à l'adresse contact@periferia.be.

Nous proposons un prix de 15€ (prix coûtant) pour l'outil. Néanmoins, n'hésitez pas à nous dire si ce prix est trop élevé pour vous et nous pouvons adapter le tarif.

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Le jeu de cartes d'animation comprend :

  • 109 cartes constituées de cartes : "Questions", "Comment ?", "Avec qui ?", et "Temps".
  • Un mode d'emploi à déplier
  • Un sachet avec cordons pour contenir les cartes

Mais d'où nous vient cette idée ?

Retrouvez la page d'instructions ci-dessous pour en apprendre un peu plus sur l'histoire de ce petit jeu de cartes.

Pas sans nous ! Épisode #3 : Capacitation citoyenne

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Cet épisode raconte la démarche « Capacitation Citoyenne », qui existe quasiment depuis l’existence de Periferia. En revenant sur des moments marquants de cette histoire, on explore les questions suivantes :

Quels groupes laissent des traces de leurs combats ? A quoi ça sert de se raconter ?

Comment, en tant que subalternes, issues de groupes minorisés, peut-on faire exister nos histoires, et les transmettre à d’autres ? Et enfin, comment se rencontrer, tisser des liens entre groupes minorisés ?

Retrouvez la transcription ci-dessous.

Projection du film : « Alerte à Molenbeek »

Periferia, la maison de quartier Bonnevie et l'association La Rue, vous invitent à la projection du film "Alerte à Molenbeek", le mardi 17 septembre, de 18 à 20h. Il s'agit d'un film réalisé par la réalisatrice Joana Salles avec la participation des locataires du logement social. Cette projection est gratuite et elle sera diffusée à la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale (4 rue Mommaerts, Molenbeek-Saint-Jean).

Le film retrace le parcours du groupe ULLS depuis sa création en 2022, qui se sont rassemblés pour questionner la gentrification en cours dans leur quartier mais aussi pour faire valoir leur droit à un logement digne.

Le programme de la soirée :

  • 18H-18H15 : Accueil
  • 18H15-18H30 : Présentation
  • 18H30- 19H : Projection du film
  • 19H - 20H : Moment convivial et discussions