Cap Démocratie à Namur – Les gueux ont remis leurs doléances

L’un des combats pour favoriser l’implication des citoyen·ne·s dans les prises de décision du collectif Cap démocratie, que nous suivons depuis des années, est l’instauration d’une deuxième chambre consultative au Parlement Wallon, constituée de citoyen·ne·s tiré·e·s au sort.

En 2023, le collectif avait rassemblé des signatures dans le cadre de l’article 130bis. Celui-ci stipule que si les citoyens adressent une proposition soutenue par au moins 2000 personnes, le Parlement wallon est dans l'obligation de l'examiner.

Suite à cette demande, le Parlement wallon avait décidé de mettre en place une commission délibérative mixte de 30 citoyen·ne·s tirés au sort et 10 élus. Ces derniers avaient pris le temps d'étudier la question : il s'agissait d'une opportunité pour mettre en place une deuxième chambre. Quant à la commission délibérative mixte, qui s’était réunie 6 fois entre octobre 2023 et février 2024, elle avait remis un avis favorable, approuvé par tous les partis.

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Mais depuis, plus rien. La faute, partiellement, à un changement de la composition du Parlement wallon. Mais ce n’est pas une explication suffisante. La démocratie est un processus sur le temps long, et les initiatives citoyennes ne sauraient être mises de côté après cinq années passées.

Cap Démocratie ne s’est pas laissé abattre pour autant, et s’est saisi de l’article 127 qui permet d’interpeller le Parlement wallon à condition de rassembler 1000 nouvelles signatures. Une impression s'est fait sentir, celle de devoir faire une nouvelle demande pour obtenir l'attention des élu·e·s. On pourrait ainsi dire que le processus a donné le sentiment au collectif qu’iels étaient des gueux venus quémander l’attention de grands seigneurs.

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Source images : Periferia & Cap Démocratie

Ce mercredi 8 avril, c'est avec cette idée que Cap Démocratie est donc venu déposer les signatures requises pour l’interpellation du Parlement, mais pas n’importe comment : déguisé·e·s en gueux du Moyen-Âge afin de montrer qu’ils ne se soumettaient pas de bon coeur à toutes ces démarches nécessaires à un simple dialogue citoyens-élus !

La procession, qui a débuté Place d’Armes à Namur, a parcouru le chemin jusqu’au Parlement, agrémentée de discours, de chants et de l’intervention d’un bouffon acrobate, venu revigorer la flamme de la démocratie participative dans les coeurs de nos concitoyen·ne·s.

Cap Démocratie continue donc le combat et poursuit son projet de chambre consultative citoyenne !