Vers une Université Populaire d’Ici et d’Ailleurs

Avec une quinzaine de collectifs, Periferia a pris part aux...
Rencontres des précaires d’ici et d’ailleurs, des gens de la rue et autres gueuX de la ville en capacitations.

Lorsque nous subissons l’exclusion et la pauvreté, nous sommes stigmatisés comme «sans voix», «invisibles», «incapables». Nos initiatives sont passées sous silence voire déconsidérées. Nous manquons de moyens pour nous rencontrer, nous renforcer, diffuser nos savoirs. L’Université populaire de la capacitation est une aventure imaginée pour lutter contre ce constat.

Elle cherche à permettre la rencontre entre des groupes qui tentent de sortir de l’urgence et de changer les choses. Croiser des récits, des personnes et des parcours ; mettre en lumière la diversité des manières d’agir, de s’organiser et de créer selon les territoires et les histoires.

Rencontre à Grenoble les 20, 21 et 22 octobre 2021

Premier jour : On visite, on se rencontre, on se raconte

La matinée a permis de visiter deux lieux du quartier de la rencontre. Une manière d’entrer dans le sujet des capacités d’organisation collective à travers deux thématiques très différentes : celle de l’accès au vélo et celle de la vie d’un quartier populaire autour de l’occupation d’un lieu vacant et la création d’activités autogérées par les habitants.
L’après-midi en plénière s’est centrée sur la présentation de chaque groupe. Ce tour des initiatives a permis à chacun de se raconter, avec comme fil conducteur les «victoires» obtenues pendant la pandémie.

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Deuxième jour : Quelles sont nos questions, quels sont nos sujets?


Les discussions se sont orientées autour des questions, préoccupations ou sujets de recherche que chaque groupe aurait envie de poser sur «la table commune». Après une matinée de discussions en plénière, de petits ateliers se sont formés pour creuser certaines thématiques : comment peser sur le politique et l’institution ? comment réfléchir à la notion de travail ? que signifie la notion de territoire ? comment lutter contre la fatigue ou l’épuisement dans les collectifs lorsqu’on est soi-même en précarité ?
La journée s’est conclue autour d’un dessin collectif de ce que pourrait être une Université populaire, à partir des capacités et des savoirs que chacun pourrait y partager.

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Troisième jour : Temps public - restitution et suite


La dernière journée a permis de partager avec d’autres Grenoblois les discussions lors du débat public « Parlons-en : précaires, chercheurs populaires ? ». Le débat s’appuyait sur «ce que nous savons faire» : les capacités, les compétences développées par les groupes dans les différentes villes. Une exposition a été mise en place à partir des dessins, photos, mots, affiches élaborés tout au long des journées précédentes pour alimenter le débat.

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Les réussites...

L’enthousiasme tout au long de cette rencontre a été marquant. La mobilisation nous semble déjà être un critère d’évaluation positif : 10 groupes venus de loin ont suspendu leurs actions durant trois jours pour se retrouver à Grenoble, et sont repartis avec l’intuition que quelque chose s’était produit et, pour la plupart, l’envie de se retrouver par la suite.

La diversité des collectifs nous a permis d’aborder des questions très diverses. Le sujet, volontairement très large, s’est finalement rapidement décentré. En partant des capacités d’action des précaires en temps de crise sanitaire, nous avons au bout du compte abordé des questions à la fois plus transversales et plus concrètes :

  • Les moyens matériels et financiers
  • Le salariat et le bénévolat
  • Le lien au politique
  • Le travail social et ses limites
  • Comment se faire entendre ?
  • La place des précaires dans l’espace public
  • La création de bulles de pouvoir
  • La dignité des personnes hébergées
  • Les femmes dans la rue et les quartiers
  • Faut-il se fédérer et autour de quelles valeurs ?
  • Veut-on créer notre propre table ? Renverser celle des institutions ?
  • ...


De nombreux fils de sujets potentiels pour l’Université ont ainsi été tirés. Mais pour ce premier essai, l’une des réussites essentielles nous semble être la découverte par les uns et les autres de leur existence. Le point fort de ces rencontres aura été le «faire connaissance», le partage d’expériences qui se construisent partout sur différents territoires, et dont le récit apporte de la force et nourrit l’envie de continuer à agir.

Les enjeux et envies pour poursuivre l’aventure de l’université

Rassembler, restituer, diffuser les premières traces de ces rencontres

Nous avons pu produire de nombreux supports : film, dessins, photos, cartographies, émissions de radio. Nous voudrions réfléchir à une manière de les rendre disponibles et accessibles pour que chacun puisse les partager dans son lieu, à son groupe et sur son territoire ; mais aussi créer un support commun qui permettrait de diffuser ces recherches au-delà des personnes qui y ont contribué.

Inventer d’autres étapes en 2022 : se rendre visite, maintenir les liens, imaginer des temps thématiques...

A suivre ...

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